Marlène Tognifode, étudiante béninoise, en master PUN

Publiée le 27 mars 2018

Marlène Tognifode, étudiante béninoise a réalisé son master 1 PANIST et son master 2 PUN (publication numérique) à l'Enssib. Vacataire au bureau des relations internationales elle s'est occupée du fil d'actualités et de "parole à l’international" publiées sur le site de l’Enssib. Cette expérience lui a permis de s’enrichir de découvertes et aventures de plusieurs étudiants, personnels de l’Enssib ou enseignants ayant fait un séjour à l’étranger dans le cadre de stages, de séminaires ou de colloques internationaux, de semestre à l’étranger. Cette vacation lui a également permis de se créer un réseau professionnel et de se forger en apprenant des autres. Elle revient aujourd'hui sur son parcours universitaire à l'Enssib.

 

Pouvez vous vous présenter, ainsi que votre parcours ? Pouvez vous nous expliquer les raisons de votre inscription à l'Enssib et dans les masters suivis ?

“L’éducation est l’arme la plus puissante qui puisse changer le monde”. Cette citation de Nelson Mandela pourrait être un début de présentation de ma personne parce qu’elle m’a inspiré tout au long de mon parcours.

Je suis Marlène Tognifodé, béninoise passionnée d’éducation (vous l’aurez compris), de numérique et d’entreprenariat. Je suis en master Publication numérique et en stage professionnel à @EducTice, équipe pluridisciplinaire de l’institut français de l’éducation de l’ENS de Lyon. Membre de la 1ere cohort AfLIA (African Library and information, associations and Institutions) soutenu par l’IFLA, j’y fais une expérience particulière de formation en ligne destinée aux bibliothécaires de pays d’Afrique sur l’innovation et le management en bibliothèque. Nous travaillons sur les objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU à l’horizon 2030 pour réaliser des plan Advocacy en direction des bibliothèques d’Afrique.

Après une licence en sciences de l’information et des bibliothèques et une expérience de trois ans dans une bibliothèque scolaire et universitaire au Bénin en tant qu’animatrice et chargée de communication, j’ai eu le désir de continuer mes études pour élargir mes horizons. De par mes recherches et ma veille personnelle, j’ai découvert que le numérique occupait de plus en plus une place importante dans les métiers de l’information et de la documentation. Je me suis inscrite à l’Enssib parce que les masters répondaient bien à mes attentes. Mon ambition était de comprendre les enjeux relatifs au numérique et aux sciences de l’information en aiguisant ma curiosité par rapport au numérique éducatif qui est mon coup de coeur.

En quoi les sciences de l’information peuvent aider au renforcement du potentiel des acteurs de l’éducation ? Je me suis posée cette question lors de la préparation d’un concours international Osez innover sur l’entrepreneuriat social auquel je participais en 2015 au Bénin. J’ai d’ailleurs fait mon projet sur cette thématique. Cette expérience est l’élément principal de ma motivation. Le choix du master Publication numérique n’a pas été automatique. Après le master 1, il a été désigné comme celui qui me convenait le mieux. J’y prend du plaisir.

 

Pouvez-vous nous parler d'un ou de plusieurs cours qui vous a/ont marqué ? Pourquoi ?

J’ai particulièrement été marqué en master 1 par le cours de gestion de projet et d’épistémologie de l’information. Ce sont des cours que je n’avais encore jamais eus. En gestion de projet, j’ai développé des compétences de travail collaboratif, de communication et ai appris les processus qu’implique une gestion de projet, les outils à avoir, les attitudes à adopter et comment gérer les éventuelles crises ou les prévenir.

Avec le cours d’épistémologie de l’information, j’ai été initié à un langage de programmation XML qui a été une base solide dans mon master Publication numérique où de nouveau, j’ai appris à créer des ebooks, à m’ouvrir aux actualités nationales et surtout internationales et développer au quotidien ma veille informationnelle. Je voudrais ici remercier tous les étudiants, professeurs ou autres personnes que j’ai côtoyés et de qui j’ai beaucoup appris durant ces deux années.

 

Avez-vous été étonnée par des pratiques ou perspectives professionnelles et/ou académiques différentes des habitudes de votre pays ?

J’ai été heureuse de découvrir et d’apprendre de nouvelles pratiques académiques en France. Je dirai que la différence se situe par rapport à l’avancée technologique et à la culture occidentale qui n’est pas pareille au Bénin : les plateformes de cours en ligne, la manière de dispenser les cours, l’aisance en salle et le contact direct qu’il peut y avoir entre l’enseignant et l’étudiant. Je pense que c’est intéressant d’avoir de bonnes conditions réunies pour travailler et réussir ses études. La difficulté que j’ai eu en première année de master et que je n’aurais peut-être pas eu au Bénin a été la faible communication avec mes amis étudiants. Difficulté que j’ai quand même réussi à surmonter avec le temps en suscitant l’intérêt de l’un ou de l’autre. Je pense que ça pourrait aussi être la grande question d’adaptation à un pays. Je dois dire maintenant que je me suis fait de bons amis.

Sur le plan professionnel, j’aime bien le mode de fonctionnement des bibliothèques en France, principalement de la bibliothèque de l’Enssib où j’ai eu la chance de travailler en tant que vacataire. Les métiers sont multiples et variés au coeur d’une même bibliothèque avec des animations, événements, gratuité à l’information et les collections numériques qui se développent. Les personnes en situation de handicap ont aussi le droit d’accéder à l’information et à des services documentaires spécialisés.

 

Parmi les bibliothèques visitées ou centre de documentation (en France), pouvez-vous nous raconter une chose que vous avez trouvée particulièrement surprenante, innovante ou enthousiasmante ?

J’ai eu la chance de visiter plusieurs bibliothèques parmi lesquelles la bibliothèque municipale de la Part-dieu et la bibliothèque Chevreul de Lyon. J’ai été impressionnée par la diversité des collections, le nombre de places assises, les dispositions prises pour assurer le confort de l’usager. La possibilité de modifier l’espace de la bibliothèque pour l’adapter aux besoins de l’usager, le coin journal, les carrels, le matériel informatique mis à disposition permettent à chacun de trouver son petit bonheur.

Cela me rappelle un travail de groupe effectué en master 1 sur l’architecture des learning center, ces genres de bibliothèques qui répondent parfaitement aux détails donnés plus haut et qui sont en pleine expansion en France.

 

Au final, que vous aura apporté l'Enssib et votre séjour en France ?

Au terme de ces deux années, je pourrais dire que j’ai grandi intellectuellement, moralement et humainement. Je me suis adaptée à un nouveau pays, à de nouvelles pratiques enseignantes avec l’objectif de réaliser mon rêve de travailler dans le numérique éducatif pour apporter aux enseignants, parents et élèves les ressources et outils dont ils ont besoin pour réussir. Cette étape du stage à EducTice me permet déjà de saisir ces thématiques et de faire mes premiers pas dans le monde professionnel en France. J’ai aussi été touchée du soutien du bureau des stages et de l’insertion professionnelle de l’Enssib pour l’accompagnement et les ressources mises à notre disposition en vue de la recherche de stage.

Ma deuxième année en France aura été la plus épanouissante et florissante d’amitié et de projets. Je crois sortir heureuse et satisfaite de cette expérience qui continue encore.

Catégorie de l'actualité : Parole à l'international