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De prime abord, on pourrait considérer que tout oppose la sphère rituelle et les nouveaux univers numériques, et qu’il y a là deux mondes inconciliables. D’un côté, les traditions, le formalisme et l’ordre institué, l’architecture symbolique et la théâtralité tous inhérents à la ritualité ; de l’autre, une nébuleuse technologique « hyper-moderne » et en perpétuelle évolution, synonyme de mobilité et de nomadisme, sur fond de connectivité accrue. De même, on discerne sans peine deux temporalités aux antipodes, avec d’une part celle lente et cérémonieuse des rites, et de l’autre l’instantanéité caractérisant les univers numériques.
Mais à y bien regarder, il y a entre la ritualité et les Technologies Numériques d’Information et de Communication de nombreux points de convergence, d’évidentes passerelles, et des « hybridations », aussi, qui permettent de voir émerger des pratiques sociales nouvelles. L’actuelle « Twittisation » que subit la cérémonialité politique nous semble révélatrice de ceci.
Une culture numérique a émergé dans les réseaux numériques, avec ses langages, ses codes et ses rythmes, qui pourraient être considérés comme rituels. De même, les réseaux sociaux et les sites de rencontres produisent des relations qui se fondent sur une résille de nouveaux rites, moins incidents qu’ils n’y paraissent. D’aveu d’Internautes, la violence des relations numérisées, quand elle s’exprime, provient précisément de l’absence de rites. Et quand « la greffe prend », selon les témoignages, c’est que la relation se ritualise, et exporte vers le Net des rites de la vraie vie.
La ritualité, comme principe, et les rites, comme expressions concrètes de la pensée symbolique, constituent l’un des objets de prédilection de l’anthropologie. Georges Balandier, dans Le Grand Système proposait dès 2001 « d’investir les univers virtuels avec les méthodes et les concepts de l’anthropologie », précisément ce à quoi souhaite inviter le thème de ce numéro des Cahiers du numérique.
Lire les phénomènes et les tendances numériques, analyser les relations émergeant du Net avec un cadre théorique et une grille d’analyse anthropologique (ou socio-anthropologique), mettre au jour la dimension symbolique des phénomènes communautaires « en ligne », percevoir la ritualisation des mises en scène de soi online, telles sont les attentes auxquelles les auteurs des articles originaux proposés dans le cadre de ce numéro devront répondre.
Les dimensions tour à tour « macro » et « micro » des thèmes traités, ainsi que des lectures d’inspiration psychologique ou psychanalytique pourront être abordées sans restriction, dans une perspective et selon un mode de problématisation communicationnels dans l’esprit.
Axes de propositions possibles
Modalités de soumission
Les soumissions sont à envoyer à Pascal Lardellier : pascal.lardellier@u‐bourgogne.fr et doivent respecter la feuille de style de la revue disponible sur le serveur http://lcn.revuesonline.com (ou sur demande à : lcn@lavoisier.fr)
Les articles font entre 20 à 25 pages. Ils sont acceptés en français
Les soumissions peuvent être envoyées sous forme de fichiers PDF
Les versions finales seront acceptées au format word
Calendrier
Date limite de remise des articles : 30/06/2013
Réponse définitive aux auteurs : 15/09/2013
Remise de la version finale : 15/11/2013
Remise à l’éditeur : 15/12/2013
Parution du numéro spécial : début 2014
Comité de lecture
Philippe Breton, Université de Strasbourg
Antonio Casilli, EHESS, Telecom Paris-Tech
Julie Denouël, Université de Montpellier 3
Thierry Goguel d’Allongans, Université de Strasbourg
Denis Jeffrey, Université de Laval (Canada)
David Le Breton, Université de Strasbourg
Adrian Mihalache, Ecole polytechnique de Bucarest (Roumanie)
Madeleine Pastinelli, Université de Laval (Canada)
Jacques Perriault, Université de Paris 10
Michael Stora, psychanalyste