Ce document fait partie d'un ensemble de rapports demandés par le Secrétariat d'état aux universités à l'A.B.F., afin de préparer une réforme cohérente et approfondie des bibliothèques en France. Cette réforme doit transformer l'organisation interne et externe des bibliothèques, et leur fournir les moyens financiers suffisants sans lesquels toute réorganisation est vaine.
Elle a pour but de mieux coordonner les bibliothèques entre elles, de les ouvrir plus largement, de les rendre plus efficaces et plus actives, de mieux les intégrer dans la société, et par conséquent, de changer leur image dans l'esprit du public.
Ces rapports concernent :
Le rapport sur la formation professionnelle comprend deux parties :
Ces propositions résultent de larges discussions au sein des groupes régionaux puis de l'Assemblée plénière de l'A.B.F., ce qui leur donne le poids du consensus de tous les professionnels des bibliothèques.
Les annexes fournissent des explications et formulent des propositions plus détaillées auxquelles il est nécessaire de se reporter.
1.1. Le travail dans les bibliothèques a une spécificité et une technicité propres. A tous les échelons et dans toutes les structures, les professionnels doivent recevoir une formation technique appropriée.
1.2. La distinction actuelle entre bibliothèques et centres de documentation n'est pas significative. Il n'y a qu'une profession : celle de techniciens de l'information.
1.3. Pour préparer à cette profession, la formation doit être unique, coordonnée, et continue.Le « tronc commun » proposé par la « Commission permanente interassociation » est une première approche de cette formation unique. Il est souhaitable d'aller plus loin pour mieux fusionner les formations donc les professions.
1.4. L'Association des bibliothécaires français demande que soient entreprises les actions suivantes :
2.1. Formation des bibliothécaires et sous-bibliothécaires.
2.1.1. Etant donné le programme très voisin du C.A.F.B. et du concours de sous-biblio-thécaires, la préparation de ces examens est le plus souvent unique mais les épreuves sont distinctes.Il est demandé de rapprocher les deux calendriers d'épreuves en repoussant au début juillet la seconde partie du C.A.F.B., et en groupant début mars les écrits des deux examens.
2.1.2. Dans l'intérêt des candidats comme des examinateurs, il est demandé que deux épreuves écrites soient communes : le catalogage, la bibliothéconomie.
2.1.3. Il est demandé une révision du programme du concours de sous-bibliothécaires en ce qui concerne la bibliographie et la catalographie.
2.1.4. Il est demandé qu'un diplôme professionnel (tel que le C.A.F.B. dont la possession est recommandée par les circulaires en vigueur) soit pris en compte dans le barème d'appréciation pour le classement des candidatures aux postes de bibliothécaires documentalistes des CDI.
2.2. Formations des conservateurs.
2.2.1. Pour l'entrée à l'Ecole nationale supérieure des bibliothécaires, il est demandé que soit rajouté à la licence un examen professionnel de base tel que l'admissibilité au C.A.F.B., le D.U.T., la 1re année de I'I.N.T.D. ou de l'Ecole des Bibliothécaires documentalistes, etc...
2.2.2. Pour favoriser la liaison entre les Universités et les organismes de formation professionnelle, afin d'harmoniser les réalisations en cours, il est demandé que des représentants de ces organismes fassent partie des comités consultatifs compétents (C.C.U.).
2.3. Formation élémentaire et promotion professionnelle.
2.3.1. Il est demandé que toute promotion interne soit assortie d'une formation professionnelle et d'une mise à niveau des connaissances générales.
2.3.2. Afin d'éviter la multiplication des filières de formation il est demandé que les organismes dont elles dépendent (A.B.F., D.B.L.P., C.F.P.C.) s'entendent pour organiser une formation commune assurée par des professionnels.
2.3.3. Cette formation commune doit déboucher sur la création d'un C.A.P. d'employé de bibliothèque.
2.4. Formation continue.
2.4.1. « Il est demandé que l'ABF soit reconnue officiellement comme un des organismes de formation permanente. En effet, par ses journées d'études et ses publications, elle poursuit cette tâche depuis des années et touche tous les types de bibliothèques, publiques ou privées.Mais elle ne sera plus en mesure d'assurer pleinement ce rôle si elle n'obtient pas du Ministère, avec la reconnaissance officielle, l'aide nécessaire. »
3.1. Formation des bibliothécaires et sous-bibliothécaires.
3.1.1. Il est demandé la création de Centres régionaux de formation de bibliothécaires dotés d'un statut administratif, de moyens financiers suffisants et de personnels qualifiés et permanents.Les centres actuels, fondés sur le bénévolat, ferment les uns après les autres, supprimant dans certaines régions toute formation professionnelle. D'autre part, cette formation ne peut être assurée à I échelon national. Seule la région fournit un cadre adapté.La vocation de ces centres régionaux serait double : formation professionnelle initiale ; formation professionnelle continue.
3.1.2. Cette création permettrait, d'autre part, de remodeler en fonction des besoins de la profession, l'organisation générale de l'enseignement et d'harmoniser la formation des professionnels de l'information (bibliothécaires ou documentalistes de l'Etat, des collectivités locales, du secteur privé, des CDI, etc.).
3.2. Formation des conservateurs.
3.2.1. Pour que l'E.N.S.B. puisse assurer sa mission, il est demandé que la durée des études soit portée à deux ans.
3.2.2. Il est demandé aussi que des postes d'enseignants plus nombreux soient créés.
3.2.3. Ces enseignants doivent jouir d'un statut particulier leur permettant d'approfondir leur spécialité, d'élaborer le matériel pédagogique et de garder le contact avec la pratique du métier. Détachement pour quelques années, année sabbatique, échange de postes, décharges horaires, création de bibliothèques d'application sont les solutions proposées.
3.2.4. Le développement de la littérature professionnelle doit être favorisé par l'attribution de subventions, de bourses ou de contrats à des professionnels ou des associations professionnelles.
3.2.5. L'ENSB doit assurer par des stages la formation des enseignants des « Centres régionaux ».
3.3. Formation continue et recyclage.
3.3.1. Toute la formation professionnelle continue relève d'une action immédiate, car il n'existe rien.Il est demandé que soit enfin organisée la formation continue des personnels des bibliothèques dans toutes les structures et à tous les niveaux.
3.3.2. Par l'A.B.F., lorsque lui sera reconnu le statut officiel d'organisme de formation permanente.
3.3.3. Par les « Centres régionaux de formation de bibliothécaires ».
3.3.4. Par la Direction des bibliothèques et de la lecture publique au sein de laquelle doit être créé un Bureau spécialisé de la formation permanente.
3.3.5. La formation continue doit prendre la forme de stages et de séminaires au niveau national ou régional (cf. annexe).
3.3.6. Des dossiers techniques et la traduction de la littérature professionnelle étrangère doivent être entrepris.
3.3.7. Des équipes de spécialistes doivent pouvoir organiser des actions ponctuelles à la demande.
3.3.8. Les organismes pré-cités doivent recevoir des subventions correspondant à des programmes précis de formation continue.
Saint-Martin-d'Hères.Le 23 juin 1975.
Nous demandons d'une manière générale pour tous qu'une véritable spécificité de la profession soit reconnue en tant que telle, car dans toutes les qualifications, la Commission a constaté que les services publics ont une fâcheuse tendance à apprécier les niveaux des postes par rapport à d'autres fonctions administratives.
La Commission a constaté d'autre part qu'il faut une nouvelle définition de tous les postes à tous les niveaux : les définitions statutaires actuelles ne correspondent plus au travail réellement effectué.
Comme les autres citoyens, le personnel des bibliothèques a droit à la formation professionnelle et permanente en vue d'une promotion.
La Commission a examiné tous les emplois de bibliothèque.
L'emploi de gardien de bibliothèque tend à être supprimé vu son statut qui correspond à une qualification trop basse ; les postes essentiels de base sont donc les magasiniers pour les bibliothèques d'Etat et les surveillants et employés pour les bibliothèques municipales
La Commission a entendu avec stupeur l'énumération des tâches variées effectuées par les magasiniers : bricolage en tout genre, ménage, rangement, opérations de prêt, contact avec les lecteurs, réparations, multigraphie, conduite de bibliobus, sécurité. La Commission constate qu'il faut prévoir pour des fonctions différenciées des emplois techniques spécifiques relieur, conducteur, offset... La diversité de ces emplois demande une diversité de formation ; celle-ci est, jusqu'à présent, assurée grâce à la bonne volonté de certains conservateurs. Une formation professionnelle doit donc être mise en place, parallèle à celle qui est prévue pour le personnel communal, pour les concours internes. Pour les concours externes, certains de ces emplois pourraient faire l'objet d'un C.A.P. préparé dans les différents cadres existants. La conjoncture actuelle fait apparaître de graves anomalies qui faussent la promotion interne et le recrutement normal : 5 magasiniers sont titulaires d'une licence dans telle bibliothèque, 257 candidats se présentent pour un seul poste dans telle autre.
Ne pouvant malheureusement rien à cet état de fait, nous nous en sommes tenus à une réflexion sur la définition des postes, et sur la formation professionnelle nécessaire.
La Commission tout en proposant de sauvegarder les indices promotionnels de ce personnel ne peut accepter l'application du décret de mars 1975 permettant à un chef-magasinier ayant 10 ans d'ancienneté de devenir sous-bibliothécaire sans concours, sans examen, sans formation. Pour ceux qui peuvent assumer ces postes, une formation est indispensable. Un principalat de grade à l'indice des sous-bibliothécaires, sauvegarderait tout à la fois la promotion de ce personnel, son environnement de travail et l'indispensable qualification du sous-bibliothécaire et éviterait des conflits inutiles. Que ce soit concours interne, ou concours externe, la Commission demande que les professionnels travaillant directement avec ce personnel, donc aptes à en connaître les fonctions, soient associés à la correction de ces concours et demande qu'on réadapte les programmes.
Les tâches de l'employé de bibliothèque ne correspondent plus à la définition officielle, notamment en ce qui concerne ses relations avec le public. Il convient donc tout à la fois de faire reconnaître toutes les tâches liées à cette fonction dans la réalité, sa spécificité, et obtenir la revalorisation de ce poste.
Une préparation est donc nécessaire, que ce soit pour le magasinier ou l'employé qui ont sensiblement les mêmes tâches. Il convient d'obtenir une mise à niveau des connaissances générales au niveau du B.E.P.C, de classification, de bibliographie et de maniement des instruments de reproduction. Du point de vue technique, des notions de dactylographie, de catalogage, de psycho-sociologie, ainsi que la connaissance des systèmes de prêt.
D'un point de vue externe, cette formation qui correspond à un métier pourrait faire l'objet de la création d'un C.A.P. d'employé de bibliothèque.
Du point de vue interne, le Centre de formation du personnel communal (C.F.P.C.) doit prendre en charge la responsabilité de cette formation et pour la partie technique, devra s'assurer la collaboration de professionnels dégagés pour cette charge.
Le manque de manuels se fait cruellement sentir. Le manuel de l'A.B.F., bien qu'imparfait, a été jusqu'à ce jour le seul document imprimé à la disposition de ce personnel. Il convient de le retravailler dans ce sens et de le proposer aux structures de formation publiques ou privées.
La Commission salue comme un espoir les quelques expériences en cours, notamment à Toulouse. De la même manière, les structures d'Etat pour le personnel des B.U. doivent être mises en place.
Pour la préparation des employés et des chefs-magasiniers au concours de sous-bibliothécaire, il faut prévoir une formation générale et une formation technique.
? Formation générale : mise à niveau des connaissances au niveau du bac avec une pédagogie adaptée à un personnel adulte. Le programme doit différer de celui qui est prévu pour le personnel administratif communal : il faut insister sur l'histoire de la littérature, des civilisations et des sciences, l'histoire, les arts, la philosophie, la psychologie, l'urbanisme, l'économie. Une préparation spécifique doit être prévue pour ceux qui exerceront dans une section enfantine
? Formation technique : elle correspond à celle du C.A.F.B. et pourrait être l'objet de protocole d'accord avec l'E.N.S.B. et avec le C.F.P.C. pour les communaux. Le concours doit se faire au niveau départemental ou régional avec un jury où les professionnels auront toute leur part tant dans l'élaboration des sujets que dans la correction du concours. Les candidats seront donc recrutés sur liste d'aptitude.
La commission demande la suppression du bénévolat par la création de nombreux postes dans les B.C.P., ainsi que dans les bibliothèques des hôpitaux, services publics, où les bibliothécaires devraient avoir une formation comprenant une étude du milieu hospitalier. Il faudrait en outre, qu'une structure officielle prenne en charge la formation des bibliothécaires d'entreprises.
Pour le personnel de l'Etat, comme pour le personnel municipal, la Commission constate qu'il n'y a aucune possibilité de promotion réelle des sous-bibliothécaires vers des postes de bibliothécaires de 2e catégorie, ces postes ayant disparu dans les B.M. classées. La Commission a reconnu la nécessité de rétablir ce niveau de promotion interne.
La nouvelle possibilité donnée aux sous-bibliothécaires d'Etat de passer au choix conservateur pour quelques-uns pose les mêmes problèmes que celui des magasiniers à sous-bibliothécaires. La Commission se demande si la responsabilité du poste pourra être assurée sans formation professionnelle suffisante.
Pour la formation des bibliothécaires municipaux, comme des bibliothécaires d'Etat - postes à créer en particulier dans les B.U. - il faudrait prévoir une partie générale (mise à niveau par un système d'U.V. très diversifié) et une partie technique (notamment gestion du personnel, administration, programmation des équipements). Cette formation aiderait grandement à la préparation du concours d'entrée à l'E.N.S.B.
En conclusion, le droit à la promotion professionnelle à tous les niveaux de la profession implique de donner une dimension nouvelle à la formation des formateurs nécessaire depuis celle de magasinier, jusqu'à celle de bibliothécaire.
Il faut en finir avec l'abus de l'utilisation des conservateurs et bibliothécaires, corvéables à merci, qui jusqu'alors assurent seuls la formation et le plus souvent les examens. Un grand nombre de professionnels doit être en partie déchargé pour assurer ces nouvelles tâches d'enseignants et de manuels à créer et un corps spécialisé de formateurs permettrait d'encadrer les Centres régionaux.
Les conclusions présentées ici ont été émises dans la discussion sur le rapport préalable auquel il convient de se rapporter.
Cet enseignement moyen tourne autour du C.A.F.B. et des diplômes analogues. Ne faudrait-il pas chercher à redéfinir la finalité du C.A.F.B. ? Il y a quelques années, un travail important a déjà été réalisé sous la direction de l'Inspecteur général Caillet, ce travail ne semble pas avoir été utilisé jusqu'à présent.
Au terme d'un large échange de vues, la Commission s'est accordée pour reconnaître l'appropriation du C.A.F.B. aux différents postes tenus par ses titulaires, aussi bien pour la lecture publique que dans les bibliothèques spécialisées, tant publiques que privées.
Il faut rappeler que la réforme de 1974 n'oblige plus les candidats au C.A.F.B. à se préparer dans les centres régionaux ; par conséquent, toute liberté est laissée à des filières voisines (I.U.T., Universités) pour organiser un enseignement préparatoire.
L'essentiel est que la sanction reste sous le contrôle des bibliothécaires professionnels et que le C.A.F.B. garde pour les employeurs la valeur sûre qu'il a acquis.
Le rapport préalable a présenté les différentes structures de formation moyenne et les débats ont précisé la situation des différents I.U.T. ayant un département carrières de l'information. Les relations avec les bibliothécaires sont plus étroites lorsque le département comporte une option métiers du livre qui prépare essentiellement des bibliothécaires.
Des accords locaux ont permis, dans certains cas exceptionnels, une coordination parfaite, où le centre régional prépare au C.A.F.B. et au concours de sous-bibliothécaire dans le cadre de l'I.U.T.
Les D.U.T. sont encore trop récents pour être appréciés à leur valeur, mais il faut constater que, dans l'état actuel, le D.U.T. n'est pas utilisable sans le C.A.F.B. en plus pour obtenir un emploi de bibliothécaire.
Des tendances opposées se sont fait jour, la majorité souhaitant le maintien de centres régionaux, dans leur nombre actuel, d'aucuns envisageant une intégration au sein de l'Université, avec des modalités (Unités de valeur?) restant à préciser, ou des I.U.T. Mais il faut noter que le conseil national des I.U.T. n'envisage pas de créer de nouveaux départements carrières de l'information, option métiers du livre.
Le rapport préalable a présenté les différentes structures de formation moyenne et les débats ont précisé la situation des différents I.U.T. ayant un département carrières de l'information. Les relations avec les bibliothécaires sont plus étroites lorsque le département comporte une option métiers du livre qui prépare essentiellement des bibliothécaires.
Des accords locaux ont permis, dans certains cas exceptionnels, une coordination parfaite, où le centre régional prépare au C.A.F.B. et au concours de sous-bibliothécaire dans le cadre de l'I.U.T.
Les D.U.T. sont encore trop récents pour être appréciés à leur valeur, mais il faut constater que, dans l'état actuel, le D.U.T. n'est pas utilisable sans le C.A.F.B. en plus pour obtenir un emploi de bibliothécaire
Des tendances opposées se sont fait jour, la majorité souhaitant le maintien de centres régionaux, dans leur nombre actuel, d'aucuns envisageant une intégration au sein de l'Université, avec des modalités (Unités de valeur?) restant à préciser, ou des I.U.T. Mais il faut noter que le conseil national des I.U.T. n'envisage pas de créer de nouveaux départements carrières de l'information, option métiers du livre.
La masse des candidats s'accroît d'année en année, en dépit des difficultés des débouchés et malgré l'absence pratique de toute publicité sur le C.A.F.B.
Eu égard aux immenses besoins de développement des bibliothèques et des centres de documentation, toute idée de sélection à la base devrait être bannie.
Mais le manque de moyens (en personne ) des centres qui a amené la fermeture de certains (Marseille, Nantes, Nice, Perpignan, Reims) incite les autres à adopter des pratiques dissuasives. Ces pratiques vont d'un stage d'information en bibliothèque, préalable et volontaire, pour éprouver les dispositions des candidats (solution possible dans les centres recevant peu de candidats) jusqu'aux entretiens des candidats avec un ou plusieurs bibliothécaires ; il est inutile de laisser suivre la préparation par des candidats ne présentant d'emblée aucune disposition réfléchie pour la carrière de bibliothécaire.
Le centre de Paris met au point une épreuve écrite consistant à résumer un texte et à répondre à des questions sur ce texte, épreuve suivie d'un entretien avec un jury.
Il ne peut être question en tout cas de ne retenir des inscriptions que d'après leur ordre de présentation, non plus que d'ériger en principe une sélection géographique résultant de l'éloignement de certains candidats, sélection naturelle qu'accentuerait la réduction de nombre des centres provinciaux.
En tout état de cause, priorité doit être laissée aux redoublants et surtout aux candidats de la promotion interne, que la commission consultative de septembre autorise à préparer le C.A.F.B.
Il conviendrait, dès à présent, de distribuer à tous les candidats à la préparation une note attirant sérieusement leur attention sur une scolarité astreignante, des débouchés difficiles, et la situation médiocre qu'ils obtiendront le plus souvent.
Il semble que la situation soit relativement meilleure dans la région parisienne qu'en province, en particulier pour ce qui est des bibliothécaires spécialisés.
Dans l'état actuel des textes sur le recrutement des bibliothécaires documentalistes de Centres de documentation et d'information, ces postes ne constituent pas un débouché automatique pour les diplômés du C.A.F.B. titulaires d'une licence. En attendant le statut des documentalistes-bibliothécaires de C.D.I. où le C.A.F.B. serait exigé, la Commission demande que le diplôme professionnel (tel que le C.A.F.B.) soit pris en compte dans le barème d'appréciation pour le classement des candidatures à des postes de documentalistes-bibliothécaires.
D'une manière générale, il convient tout particulièrement de faire largement connaître l'existence et la valeur des diplômes professionnels tels que le C.A.F.B. aux responsables d'organismes publics et privés gérant des bibliothèques ou des services de documentation. Tous ceux qui ont déjà fait appel à des titulaires du C.A.F.B. en sont satisfaits. L'A.B.F. doit s'employer à cette information tant à l'échelon national auprès des syndicats et des organismes professionnels et culturels, qu'à l'échelon régional auprès des comités d'entreprises et autres. Cette information pourrait prendre la forme d'articles dans certains périodiques techniques et administratifs, par exemple.
Il convient tout d'abord de rappeler que la préparation au C.A.F.B. n'a pas à donner aux candidats une culture générale qui doit être acquise au préalable, et constamment enrichie. Etant donné que les enseignements sont déjà le plus souvent communs à la préparation du C.A.F.B. et du concours de sous-bibliothécaire, et afin de réadapter le concours aux tâches réelles dévolues aux sous-bibliothécaires, il conviendrait de modifier ainsi son programme dans la réforme qui est en projet : ajouter le catalogage matières et l'indexation Dewey et C.D.U., et, en matière de bibliographie, les périodiques et les catalogues collectifs.
En ce qui concerne le C.A.F.B. dont la réforme de 1974 a pu paraître hâtive à certains, il convient de voir à l'épreuve de quelques années quelles retouches pourraient y être apportées. Dans la formation professionnelle comme ailleurs, l'enseignement ne peut s'essouffler à s'adapter à des réformes incessantes surtout si l'on développe la publication de cours et d'exercices multicopiés, que réclament tous les centres.
Etant donné la similitude des épreuves de catalogage et de bibliothéconomie dont le programme est très voisin, il est plus que souhaitable, de l'avis général, dans l'intérêt des candidats, des enseignants et des examinateurs, de trouver une formule d'épreuve unique pour chacune de ces matières. On pourrait, par exemple, décider que les notes obtenues aux épreuves de catalogage et de bibliothéconomie du concours seraient retenues pour déclarer l'admissibilité au C.A.F.B., celui-ci comportant d'autre part (comme le concours) les épreuves sur les matières qui lui sont propres. Cette épreuve unique ne peut concerner la bibliographie qui doit rester matière d'oral du concours de sous-bibliothécaires.
Il serait enfin souhaitable de repousser encore d'un mois (début juillet) les épreuves d'admission au C.A.F.B., si la Direction des bibliothèques en prend la charge, ce qui faciliterait l'organisation des stages d'admission.
Au cours de la discussion, il est apparu que d'aucuns étaient partisans d'étendre sur deux années scolaires la préparation au C.A.F.B. Tous déplorent en tous cas que les candidats au C.A.F.B. ne jouissent pas du statut d'étudiant, en même temps qu'ils jugent la préparation trop rapide.
Il serait donc nécessaire d'assurer à cet effet un minimum de seize heures de cours hebdomadaires.
La discussion n'a pu aborder tous les développements qu'appelait ce chapitre, lequel devait aussi être traité par la Commission l (formation supérieure).
En dépit des difficultés pour assurer l'encadrement de la préparation, les bibliothécaires estiment qu'ils doivent conserver la tâche de la formation professionnelle. Il conviendrait que les élèves de l'E.N.S.B. soient bien convaincus que les tâches pédagogiques font partie des tâches professionnelles.
Si tous les conservateurs ne peuvent obligatoirement être chargés d'un enseignement, la plus grande partie d'entre eux se révèle capable d'enseigner les matières qu'ils possèdent et il est absolument nécessaire d'associer à l'enseignement des centres, l'ensemble des bibliothécaires en fonction dans la région.
La création à l'E.N.S.B. des conservateurs devant être affectés à des centres régionaux soulagera le travail d'organisation de l'enseignement, elle n'est pas destinée à décharger de tous les enseignements les conservateurs locaux qui l'assurent.
Le besoin des stages d'information sur des points précis, n'en est pas moins profondément ressenti. Au niveau des options notamment, bibliothèques pour la jeunesse, par exemple, il est des matières nouvelles dont l'enseignement ne peut s'improviser.
D'une manière générale, il est souhaité que soient réunis périodiquement les enseignants d'une matière donnée pour recevoir et échanger des conseils de pédagogie pratique. Une plus large place devrait être faite dans le Bulletin des bibliothèques de France à ces questions pédagogiques pour aider l'action des centres.
Désirant maintenir et améliorer la valeur du C.A.F.B. qui tient une place essentielle dans les structures de la formation moyenne des bibliothécaires, la Commission estime que les efforts concertés à cet effet par le corps des conservateurs de bibliothèques doivent être mieux partagés, mieux reconnus, mieux soutenus.
Les propositions précises qu'elle a dégagées impliquent une augmentation des moyens résultant essentiellement de plus grandes possibilités budgétaires à obtenir par la Direction des bibliothèques et de la lecture publique.
La Commission sur la formation professionnelle supérieure a étudié dans ces deux séances de travail la structure et les moyens souhaitables pour assurer une formation plus adaptée aux besoins actuels des métiers de l'information.
Le traitement de cette information, sa mise à la disposition du public, la gestion d'établissements (bibliothèques et centres de documentation) où s'effectue la relation entre le lecteur et le document, requièrent actuellement l'apprentissage, l'assimilation et la maîtrise de techniques variées.
Cette formation s'adresse essentiellement à des étudiants ayant déjà acquis, au cours d'études universitaires, la maturité propre à la connaissance du livre et du document sous tous leurs aspects et à l'approfondissement des techniques permettant l'exploitation et la mise en valeur de l'information. II va de soi que le personnel issu de la promotion interne et de la promotion sociale devra, à tout moment, avoir accès à cette filière supérieure.
Avant le déroulement du cycle supérieur d'études professionnelles, il est apparu comme indispensable d'instituer une phase probatoire qui aurait un double but : a) déceler les aptitudes et les motivations ; b) fournir des connaissances professionnelles de base.
Les qualités essentielles qu'il conviendrait d'apprécier chez un futur professionnel de l'information appelé à réunir des documents et à les procurer ensuite aux lecteurs, sont la curiosité d'esprit et le sens de la communication ; elles permettent en particulier l'adaptation aux différents postes qu'un bibliothécaire ou documentaliste peut occuper au cours de sa carrière. Pour que ces aptitudes puissent se concrétiser, un début de pratique et un minimum de connaissances professionnelles sont nécessaires.
Cet enseignement préparatoire pourrait être du ressort des filières de formation moyenne (centres régionaux dépendant de la D.B.L.P. et de l'E.N.S.B. et I.U.T.) et des enseignements universitaires débouchant sur des U.V. de documentation, bibliographie... Un examen (C.A.F.B.) ou un concours permettraient ensuite l'accès à la formation supérieure.
L'enseignement professionnel approfondi s'organiserait autour du « tronc commun » de connaissances issu des travaux de la Commission permanente inter-associations. A ce « tronc commun » il conviendrait d'ajouter : des enseignements complémentaires comme l'étude de langues vivantes (notamment l'anglais, langue de communication indispensable) et de techniques de gestion, et des enseignements optionnels pour couvrir les aspects spécifiques des différentes catégories de bibliothèques et centres de documentation.
La durée des études (tronc commun + enseignements complémentaires et à option + stages à plusieurs niveaux) doit être de 2 ans.
Cet enseignement pour avoir la qualité et l'équilibre souhaités doit être assuré à la fois par des professionnels et par des membres de l'enseignement supérieur ou d'autres spécialistes.
En ce qui concerne les professionnels, il faut leur accorder un statut particulier leur permettant d'approfondir leur spécialité, d'élaborer le matériel pédagogique et de garder le contact avec la pratique du métier. Détachement pour quelques années, année sabbatique, échange de postes, décharges horaires, création de diverses bibliothèques d'application sont les solutions proposées.
Pour le matériel pédagogique, l'édition de fascicules de cours, la traduction d'ouvrages étrangers fondamentaux, l'élaboration d'une documentation audio-visuelle sont unanimement souhaitées tant en France que dans les autres pays francophones.
La participation des membres de l'enseignement supérieur permettrait la liaison indispensable entre toute école professionnelle et la recherche.
Cette liaison peut revêtir diverses formes tant au niveau de l'initiation (U.V. dans le cadre des licences et maîtrises) que dans la spécialisation (D.E.E.S., 3e cycle). Aussi est-il indispensable aue des contacts suivis aient lieu (C.N.E.S.E.R., C.C.U., d'une part; D.B.L.P., E.N.S.B., associations professionnelles, d'autres part) pour harmoniser les réalisations en cours.
Cette coordination des efforts permettraient l'élaboration de ce dont nous manquons à l'heure actuelle - des enseignants formés à la pédagogie professionnelle, une littérature professionnelle, une recherche appliquée - tout en gardant à chacun sa spécialité.
La Commission de la Formation continue et du recyclage souhaite en matière de formation permanente, la création et le perfectionnement des deux voies parallèles et complémentaires, l'une par la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, l'autre par l'A.B.F.
L'A.B.F. est une association professionnelle toute désignée pour être un agent de la formation permanente car elle la pratique depuis des années, et elle touche toutes les bibliothèques, publiques et privées. C'est un rôle qui lui est normalement dévolu et qu'elle n'est plus en mesure d'assurer pleinement. C'est pourquoi la Commission souhaite que l'Etat soutienne son action par une politique de subvention permettant d'avoir un personnel permanent donc efficace.
La Commission souhaite plus précisément que soit confiée aux groupes régionaux de l'A.B.F., la tenue d'un inventaire permanent des actions de formation continue existant au niveau régional et pouvant intéresser le personnel des bibliothèques. Ces groupes se chargent de la diffusion locale de cette formation et de sa transmission au niveau national.
La Commission souhaite la création au secrétariat national de l'A.B.F. d'un bureau permanent chargé de centraliser et de redistribuer très rapidement cette information avant qu'elle ne soit périmée, sous forme de circulaires.
Elle juge utile la création dans le bulletin d'une chronique de la formation permanente. Elle souhaite que l'A.B.F., grâce à une subvention de l'Etat, soit en mesure de développer la tenue des journées d étude régionale, avec l'aide de spécialistes et organiser des voyages à l'étranger.
Les membres de l'A.B.F. pourraient enfin être encouragés à constituer des dossiers techniques en attendant qu'une structure spécialisée soit mise en place sans tarder au niveau de la D.B.L.P.
En ce qui concerne la politique de formation permanente au niveau du Secrétariat d'état aux universités, la Commission fait observer que la formation permanente est destinée à rendre le personnel plus efficace : c'est donc une économie. D'autre part, elle remarque que les bibliothécaires affectés à des postes pour lesquels ils ne sont pas formés, restent non-opérationnels pendant un an au moins, et, qu'un recyclage dès leur nomination coûterait infiniment moins cher à la collectivité.
La Commission appuie très fortement les voeux de création exprimés par ailleurs, sous l'égide de l'E.N.S.B., de centres régionaux de formation professionnelle, car elle y voit le meilleur support pour la formation permanente au niveau régional. Cette vocation à la formation permanente doit être affirmée par rapport à toutes les catégories de bibliothèques publiques et privées.
Ces centres devraient être dotés de la plus large autonomie possible de façon à pouvoir passer des contrats et conventions avec les entreprises et collectivités locales pour l'organisation de sessions de formation et de recyclage, de façon à répondre exactement aux demandes exprimées à tous les niveaux.
Ces centres devraient être dotés d'un personnel permanent et pourraient d'autre part, faire appel à des professionnels des bibliothèques. Le temps consacré par eux à cette tâche serait compensé dans les services où ils travaillent par la présence d'un personnel complémentaire.
Les autres devront d'autre part avoir la possibilité de faire appel à des spécialistes de tous ordres ; les centres auront l'initiative en matière d'accord de formation régionale, et recevront les demandes du personnel des bibliothèques désireux d'exercer son droit au recyclage.
Ces centres seront reliés au plan national avec un bureau spécialisé de la formation permanente à la D.B.L.P. Ce bureau serait formé d'une équipe qui assurerait :
La Commission souhaite qu'un éventail le plus large possible en toutes matières soit offert. Néanmoins, après avoir entendu des membres des différents groupes régionaux, elle signale les besoins prioritaires qui se sont dégagés :
La réalisation de ce programme de formation permanente est pous tous de la plus grande urgence devant l'évolution actuelle du monde de la documentation.
Des moyens en crédits et en personnel doivent être débloqués rapidement si nous ne voulons pas voir augmenter le retard déjà considérable de la France dans ce domaine.
En liaison avec le Congrès de Montpellier consacré à la Formation professionnelle, nous publions ci-dessous le compte rendu de la visite de Mme Gascuel et de Mlle de Navacelle au Directeur du Centre de formation du personnel communal (C.F.P.C.).
Le 28 avril dernier, nous avons été reçues, Mlle de Navacelle et moi-même, en tant que représentantes de l'A.B.F., par M. Poutout, Directeur du C.F.P.C. Nous souhaitions savoir quelles étaient les intentions du Centre concernant le personnel des bibliothèques, et bien qu'il n'y ait pas encore, en ce domaine, de projets bien précis, un certain nombre d'indications ont pu nous être fournies.
Un comité des études composé de membres du C.A., étudie les projets de formation. Par ailleurs, des directions régionales peuvent prendre des initiatives propres à leur région (c'est ainsi que dans certains départements il y a eu des sessions de formation d'employés de bibliothèque],
On dénombre 187 emplois municipaux différents, ce qui explique que les mesures concernant le personnel spécialisé (donc celui des bibliothèques) n'aient été considérés comme prioritaires).
Dans toutes les formations, en insiste sur la vocation communale du personnel, c'est-à-dire qu'on s'efforce de les sensibiliser aux réalités communales.
Deux orientations : promotion, donc préparation au concours ; formation après recrutement.
? Pour les employés : L'examen se situant au niveau du B.E.P.C., il est prévu une année préparatoire en commun avec d'autres catégories de personnel (cette année devant aussi permettre une meilleure perception des réalités communales et éventuellement la réorientation des candidats).
? Pour les sous-bibliothécaires (cadre B) : Le C.F.P.C. prévoit des formations dont il garderait l'initiative avec appel à des enseignants pris parmi les bibliothécaires.
? Pour les bibliothécaires : Des contrats pourraient être passés avec les centres de préparation au C.A.F.B.
? Pour le recyclage : Il n'y a pas de projets actuellement particuliers aux bibliothèques, mais les bibliothécaires pourraient dans certains cas participer à des sessions de recyclage communs à plusieurs catégories de personnel.
Lyon, le 15 juillet 1975
Mesdames,
Messieurs les Bibliothécaires,
Le Congrès de votre Association a soulevé les problèmes de la formation du personnel des bibliothèques. Nous avons décidé, au nom d'un certain nombre de candidats du Centre de Lyon, option Bibliothèques publiques, de vous soumettre quelques éléments d'information et critiques sur la préparation au C.A.F.B., donnée cette année 1974-1975 à Lyon.
A la différence de la préparation, sérieuse et documentée, des épreuves d'admissibilité, la préparation à l'oral, réalisée dans des temps déjà trop courts, a été malaisée :
S'est posé tout d'abord le problème de la centralisation de la documentation et de l'information nécessaires manuels, ouvrages au programme, monographies de l'édition française... Aucun local de travail n'était prévu à cet effet ; or, certains candidats venaient à Lyon pour les heures de cours uniquement. Il aurait été souhaitable de recevoir individuellement les instructions relatives à cette préparation, à défaut d'un dossier complet aisé à consulter par tous.
Les travaux pratiques se sont révélés très insuffisants, parfois même inexistants, pour la bibliothéconomie et la technique d'analyse de livres par exemple.
Les stages n'ont pas, dans la plupart des cas, permis de voir réellement et assez longuement, les aspects pratiques de la gestion et de l'organisation d'une bibliothèque de moyenne importance.
Malgré un cours très documenté sur l'édition française, combien de candidats pouvaient se déclarer finalement prêts à « prendre un recul et juger de l'évolution de la production éditoriale contemporaine et de la qualité de la critique », comme le proposait le groupe de bibliothécaires animés par Mme Gascuel ?
Nous ne faisons qu'évoquer ici certains aspects matériels qui se sont posés à nous lors de cette préparation, en ayant conscience de ne pas aborder les aspects, non moins importants, plus fondamentaux de la formation, son contenu, sa durée, ses objectifs.
Mais nous souhaitons que cette information soit l'occasion d'un dialogue, d'un échange de vues entre les candidats et bibliothécaires des différentes villes, par la voix de votre bulletin, ce dont nous vous remercions par avance
Un groupe de candidats au C.A.F.B.
Comme les candidats de Lyon, nous souhaitons que cette lettre publiée dans le Bulletin soit le point de départ d'un échange de vues entre les membres de l'ABF et les candidats.