La déshérence du livre en Afrique du Sud

Par Christelle DI PIETRO, le 02 Janvier 2012

La dernière libraire "indépendante" d'Afrique du Sud  - elle appartient depuis son ouverture à Media24, le plus grand groupe de presse du pays - vient d'annoncer sa prochaine fermeture. Ouverte en 2000 près des principales universités de Johannesburg, elle n'a jamais été rentable et aucun racheteur n'a été trouvé. Dans ce pays de 50 millions d’habitants, seul un pour cent de la population achète des livres autres que la Bible ou des ouvrages scolaires. Aux prix prohibitifs (11 euros pour un livre de poche pour un salaire moyen de 800 euros) s'ajoute un grave problème d'illettrisme, hérité de l'apartheid. La médiocrité du système éducatif actuel est aussi mise en cause. Quant aux Blancs, leur lecture favorite demeure la Bible.
« La plupart des titres ne se vendent qu'à un millier d'exemplaires. Les éditeurs font des petits tirages, cela fait monter les prix », observe Beth Le Roux à l'université de Pretoria. Cette dernière cite aussi la TVA à 14% et le coût du transport pour les produits importés. « Pour faire partie des best-sellers, il ne faut vendre que quelques milliers d'exemplaires ici. Trois mille semble déjà formidable ».
Seules quelques succursales de la chaîne Exclusive Books subsistent encore dans les grandes villes.

Lire la suite :La seule vraie librairie d’Afrique du Sud ferme ses portes, La Tribune de Genève, 27 décembre 2011.


Boekehuis: The final chapter  / MGOnline - 12 décembre 2011

Pour aller plus loin :

  • Où va le livre en Afrique ? [critique], Claudine Belayche, Bulletin des Bibliothèques de France, 6 : Liberté de l'information, enssib 2004.

Tags : Afrique, Librairies, Librairies indépendantes, Afrique du Sud

Liens réseaux sociaux

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question permet de s'assurer que vous êtes un utilisateur humain et non un logiciel automatisé de pollupostage (spam).
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.