Partothèque

    Date de la question: 
    07 juillet 2017
    Date de la réponse: 
    10 juillet 2017

Question: 

Bonjour,

je suis à la coordination d'un réseau de médiathèques en milieu rural et nous allons mettre en place une partothèque. Je n'arrive pas à trouver une méthode de cotation simple ( même pas du tout de méthode d'ailleurs) pour les partitions. Auriez-vous des pistes à me proposer : sites, médiathèques pratiquand le pret de partitions etc...

Vous remerciant d'avance,

belle journée

Réponse: 

Coordinatrice d'un réseau de médiathèques en milieu rural, vous souhaitez mettre en place une partothèque et vous êtes à la recherche d'une méthode de cotation simple pour classer des partitions.

Tout d'abord, il convient de rappeler qu'en ce qui concerne le classement physique des documents, il n'existe pas de classement absolu : les choix opérés dépendent de la nature du projet documentaire : public visé, utilisation prévue, nature des collections.

Dans le manuel Mettre en œuvre un plan de classement, Bertrand Calenge décrit ainsi les principaux motifs d'insatisfaction liés au classement physique des documents :

- "dispersion d’un sujet pourtant recherché par les publics comme unique : l’œuvre de Victor Hugo éclatée entre dessins, poèmes, romans, écrits politiques… ;
- impossibilité à représenter une discipline émergente avant que son expression classificatoire ne soit validée ;
- ignorance des problématiques interdisciplinaires pourtant source d’une importante production documentaire ;
- multiplication de documents sous des cotes complexes du fait du caractère nécessairement partial de la classification universelle utilisée…"

Pages 66-67, Bertrand Calenge décrit le classement par centre d’intérêt, qui consiste à "tenir compte ponctuellement d’une distorsion excessive entre les besoins d’un public majoritaire et les contraintes d’une classification encyclopédique" ; il formule un certain nombre de mises en garde concernant l’adoption de cotes de regroupement :

- "le public susceptible de gagner à ce regroupement doit toujours être suffisamment important et demandeur ;
- le sujet doit être suffisamment durable - autant qu'on puisse en juger - pour justifier un tel aménagement ;
- la masse documentaire concernée doit être suffisamment importante et bénéficier d’une actualisation prévisionnelle régulière ;
- enfin, point essentiel, la discrimination dans les classements doit paraître évidente pour les gestionnaires de collection comme pour les publics..."
Source : Mettre en œuvre un plan de classement, sous la direction de Bertrand Calenge. Presses de l’enssib, 2009. Présentation

En ce qui concerne le classement des documents musicaux :

En France, les bibliothécaires utilisent les principes de classement des documents musicaux (PCDM), qu'ils adaptent en fonction de leurs besoins spécifiques.
Les évolutions de la dernière version des PCDM sont présentées sur le site de l'ACIM (association pour la coopération des professionnels de l'information musicale).
Il a été reproché à ces principes de ne pas prendre assez bien en compte la musique imprimée. La bibliothèque municipale de Blagnac a développé une classification plus adaptée présentée sur le site de l'ACIM qui permet une présentation du fonds par instruments ou groupes d’instruments afin de faciliter la recherche par le public. Le genre musical n’intervient qu’en deuxième position :

"Classification de musique imprimée destinée à un usage en BM pour un fonds de départ d'environ 500 partitions.

Cette classification répond au besoin d'un fonds tourné vers la pratique musicale amateur, englobant tous les instruments, tous les genres musicaux et tous les niveaux de pratique et ce, quel que soit le support (y compris périodiques). Sont particulièrement privilégiées les méthodes d'auto apprentissage et les partitions accompagnées de documents multimédia (fichiers accessibles en ligne ou CD ou DVD de démonstration et/ou d'accompagnement).

Cette classification fonctionne sur le principe arborescent en vigueur dans les classifications traditionnellement utilisées en bibliothèque et s'appuie sur la PCDM4 (tables des notations instrumentales et des genres musicaux). Elle est en outre complétée par un fichier matière permettant d'optimiser la recherche sur l'OPAC.

Le site propose un lien direct vers le plan de classement : Musique imprimée & PCDM4 (version février 2008)"

Notez cependant que certaines bibliothèques proposent un classement très simple des partitions, c'est le cas par exemple de la médiathèque de Calais dont le classement se présente de la manière suivante :  PM (pour partition musicale) suivi des trois premières lettres de l'auteur (voir le catalogue de la médiathèque, faire une interrogation en choisissant la recherche détaillée et en cochant "partition" dans les restricteurs ou voir le plan de classement)

Grâce au Répertoire des bibliothèques musicales, nous avons pu identifier un certain nombre d'établissements de votre département qui proposent des fonds musicaux et que vous pourriez contacter pour connaître leur plan de classement des partitions de musique.

Pour plus d'informations, vous pouvez contacter l'Association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux ou utiliser la liste de discussion Discothecaires.fr.

Nous vous invitons également à prendre contact avec votre responsable secteur de la médiathèque départementale du Puy-de-Dôme qui pourra vous accompagner sur le sujet : Secteur d’Ambert : Anne ISSARD, 04.73.25.80.07 
anne.issard@puy-de-dome.fr

Pour finir, vous pourrez consulter également une réponse d'octobre 2016 à une question proche de la vôtre : bibliothèques de partitions.