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Tours et détours en bibliothèque Carnet de voyage 1992-2012

blog de l'ouvrage à paraître en octobre 2012

Par Jean de Breyne, le 16 May 2012

A Rennes aussi la Bibliothèque est magnifique. A Rennes aussi lire est sérieux et séduisant! Là haut très haut, auprès des fenêtres ouvertes sur le monde. Témoignage, 23-25 avril 2012.

Rennes
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Par François Bon, le 03 May 2012

.../...reste à se coller au texte. Plein de phrases qui dansent – qu’une bibliothèque n’a pas à être silencieuse, par exemple, ou l’ouverture jusqu’à 22 heures chaque mardi, ou la composition des rayons pour ne pas entraîner saturation, et le grand écart entre le petit môme à qui son père lit un album, et, un étage au-dessous, la mission de pôle associé à la BNF pour le médiéval, avec le labo de numérisation et les fonds régionaux et locaux (je dois en être) associés au dépôt légal. Ou l’accès Internet (filaire) gratuit depuis 74 postes même si on ne fait pas partie des 14 000 abonnés inscrits à la médiathèque, ou le portage à domicile sur réservation téléphonique pour les personnes âgées, ou les 2 mi-temps affectés à l’établissement pénitentiaire, etc. Ou l’expression du traitement des éphémères en bibliothèque et ce qu’un problème d’archive et conservation pose d’intellectuellement passionnant. Pour m’encourager, à peine je signalais sur twitter ma visite en cours, Lucien Suel m’annonçait avoir terminé sa propre contribution, c’est ça les copains.
.../...

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Par Emmanuelle Pireyre, le 27 April 2012

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Par Franck Bonnefoy, le 18 April 2012

Franck Bonnefoy, artiste plasticien et dessinateur de l'ouvrage Architecture des bibliothèques 1992-2012, est parti lui aussi en en visite dans une vingtaine de bibliothèques en France. Ici à la bibliothèque de Paris 8, Saint-Denis, construite par Pierre Riboulet en 1998.

Bibliothèque de Paris 8 à Saint-Denis

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Par Lucien Suel, le 06 March 2012

En attendant l'ouverture des portes – Albatros de verre et d'acier – la file d'attente se reflète dans les parois transparentes - reflets – reflets des reflets – Les images de l'extérieur se mêlent aux rayons de livres, caressent les dos, les tranches. Non, ce n'est pas un film protecteur virtuel. On a vraiment l’impression (!) que la ville se trouve à l'intérieur de la médiathèque. De l'autre côté de l'agora, le long du trottoir en face, les silhouettes hors de la caverne se reflètent dans la façade (eau+sable) : Cinéma REX (latin retrouvé) désaffecté abandonné tagué, grand espace libre, camionnette Emmaüs garée devant l'auto-école, tabac à la civette, agence immobilière, boulangerie fermée, banque Crédit du nord. La façade de la médiathèque présente à la fois une certaine stabilité (trottoirs, maisons, magasins) et un réel mouvement (voitures, piétons, cyclistes, oiseaux) comme si un film (décors et personnages) était projeté sur le bâtiment. Une poétique du monde traverse les parois. Bientôt, les lecthabitants franchiront le passage, arpenteront un monde de papier vivant de chaque côté des ruelles, livres entassés, classés dans des immeubles d'étagères, des casiers studios, des bacs et des rayons peuplés d'ouvrages, des rangées et des piles... Rêves et savoirs accumulés.

À suivre...

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Par Jean de Breyne, le 13 February 2012

Dans cette ville des Cantons de l'Est, Province Québec du Canada, sa bibliothèque. Mais devant le nom de la ville, je n'ai pas pu résister, répétant en moi-même Gog et Magog, Gog et Magog...à penser à Samuel Beckett.


I can no more travel to Sligo than I can walk, aurait dit Samuel Beckett.

"In Sligo, several of Beckett's plays were performed, and we listened to the entire radio plays, saw Film and Quad. The organizers, out of courtesy, and trying their luck, sent a letter to Beckett inviting him to attend. He replied with a postcard: I can no more travel to Sligo than I can walk".

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Par Philippe Fusaro, le 13 February 2012

J’avais vingt ans et jusqu’à présent, une bibliothèque, fenêtres sur cour, n’était qu’une suite d’étagères blanches en métal ou planches de bois contreplaqué, laminées, blanches aussi.
Jusqu’à présent, mes besoins de lecteur se limitaient aux romans, aux ouvrages scolaires, aux dictionnaires, aux revues.
À vingt ans, je découvre un autre univers, la Grande Bibliothèque, on la dit universitaire mais tout le monde se rassemble ici. C’est une fourmilière de chercheurs, d’étudiants, des vieux messieurs, des arabes, des chinois, des handicapés, des filles sublimes, des dialectophones. Je gravis des escaliers immenses, d’un siècle passé, je marche sur des parquets anciens et cirés. Une salle vous conduit dans une autre, puis dans une autre, puis dans une autre encore.
À vingt ans, je prépare un concours pour entrer dans une école de la photographie et il me faut voir et lire un ouvrage de Bill Brandt. Introuvable à l’achat. Neuf ou d’occasion, inutile de le rêver. Mais la Grande Bibliothèque le possède.
Dans les casiers longs comme un bras aux fiches maintenues par une longue tige en métal qui les perfore, je tombe sur le livre introuvable. Je prends sa fiche, je recopie les codes qui ne sont pas ceux qu’on lit d’habitude.
À l’accueil, le bibliothécaire me demande ma carte de chercheur.
Je ne suis rien de tout cela.
Je suis ici pour une tout autre raison. J’explique mon cas, mon concours, le miracle de savoir ce livre ici.
Conciliabule.
Le bibliothécaire revient. Il me dit, ce livre est épuisé. Il me dit, c’est un ouvrage précieux, vous ne pouvez pas l’emprunter, il ne doit pas sortir d’ici. Il me dit, d’ordinaire, vous n’avez pas le droit d’accéder à cette salle réservée aux chercheurs et aux livres rares que l’on consulte sur place. Il me dit, on vous accorde une autorisation spéciale, laissez-nous votre carte d’identité et quelqu’un me conduit dans les étages supérieurs.
Une porte vitrée.
Derrière cette porte, je m’engage dans une salle au parquet qui grince. Tout est bois ancien. Des rangées de bureaux individuels, espacés, éclairés chacun par une seule lampe au pied en métal doré et à l’abat-jour vert bouteille sont alignées, les unes identiques aux autres. Seule la couleur des habits des lecteurs change.
Je m’assieds là où on me dit de m’installer et j’attends.
J’ai dû abandonner mon sac à l’entrée. Je n’ai droit qu’à un crayon et du papier.
Quelques minutes plus tard, une dame, les mains gantées de blanc m’apporte le livre de Bill Brandt dans son édition originale et le dépose sur le bureau. Religieusement.

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Par Jean de Breyne, le 06 February 2012

J'y arrive. Veni,vidi, je crois que dit l'empereur. Mais je n'ajoute aucune prétention d'avoir à vaincre.
Je lis cela :
ça chahute fort en fin de journée,
les adolescent(e)s courent dans les allées,
s'appellent dans les escaliers, se perdent
dans les ascenseurs 
un carré d'ado dans les fauteuils de Norman Forster,
ils se photographient
Chance, que cela leur soit un  souvenir!
Et je vais y lire.

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Par Fabienne Swiatly, le 09 January 2012

Emmener une vingtaine de gaillards entre 17 et 20 ans, élèves dans un lycée professionnel, à la médiathèque - tôt le matin, un jour de neige n'est pas une mince affaire. L'un d'eux me raconte comment ce lieu lui faisait peur quand il avait une dizaine d'années : un truc de ouf madame. J'étais là avec ma carte et je savais pas quoi faire. J'étais tout petit et je savais pas quoi faire avec ma carte... Ce matin, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire avec eux. Ils sont agités. Rêvent de se recoucher ou de démarrer une bataille de boules de neige bien délirante, de fumer une cigarette derrière l'immeuble ou de discuter avec un autre jeune qui vient se moquer d'eux parce qu'ils vont encore à l'école. Pourtant on entrera dans la médiathèque, on réclamera plusieurs fois un peu de calme, on donnera des crayons, des feuilles et je leur lirai un extrait de Stabat mater Furiosa de Jean-Pierre Siméon. Ils sont étonnés que j'autorise l'écoute de musique pendant l'écriture. Moi, aussi j'écris parfois avec de la musique - Mansfiel. TYA en ce moment. Je prends cette photo comme une récompense pour mon obstination. Les bibliothécaires seront ravies aussi. Il y aura eu presque du silence pendant trois quarts d'heure et des textes publiés ensuite :

Tu es seul, tu es dans ton lit, drap blanc, couverture bleue. Tu regardes ta chambre. Que du bleu.
Tu as fait un cauchemar, tu te réveilles avec une boule dans le ventre.
Tu sors de ta chambre tu passes entre les deux lits, y a la télé, y a une fenêtre, y a tout.
Tu sors : des fenêtres sur les bâtiments, des tours vieilles, des jeux vides, des arbres et la gardienne qui nettoie.
12 avenue du 8 mai 1945, tu marches, tu as mis les écouteurs, tu écoutes du rap.
16 rue Louis Braille, tu as vu une fille le matin dans le tram et le soir dans le bus.
Tu sors, tu n’as pas eu le temps de prendre ton déjeuner.
Tu sors de chez toi, fatigué, déprimé, envie de dormir.
Tu descends les escaliers, tu marches jusqu’au mur.
Tu traces la ligne droite

Tout commence en ouvrant la porte.

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Par Jean de Breyne, le 04 January 2012

C’est une journée maussade, et demain je prends l’avion pour Santa Fe, Nouveau Mexique, États-Unis d’Amérique du Nord. Je suis à Toronto, État du Canada, Amérique du Nord. Depuis l’invitation de l’enssib à écrire autour de la Bibliothèque, j’ai un regard perçant sur leurs édifices. Je prends en photographies ces édifices. J’entre dans certaines de ces bibliothèques. Je m’y attable et j’écris. Je ne sais pas où se trouve la Bibliothèque de Toronto. C’est une journée maussade, et durant la préparation dans l’appartement au départ de demain, je fuis dans la rue. Je marche, je descends dans la direction du lac, et sur le trottoir de droite de Yonge street. Assez loin. Approchant de Bloor street, au carrefour, je vois en face de moi un bâtiment recouvert de films plastiques avec publicité, mais je lis Toronto Referency Library. Ouah ! Une Bibliothèque. J’entre : Ouah ! Cinq étages en patio large, en mezzanines, des tables studieuses, une batterie d’ordinateurs ouverts dans un espace, plein de jeunes gens plus beaux les uns que les autres  -  moi je n’ai rien contre la jeunesse, si belle – deux ascenseurs vitrés dans une colonne dans le vide. Je demande si j’ai le droit de photographier. Oui, on m’en donne le droit. Je ne me prive pas. Mais je n’ai que dix minutes, je dois rentrer à la maison, Delisle Road, pour un nouveau rendez-vous.
Voilà, c’est pour le blog de l’aventure d’écriture sur les Bibliothèques en France. Je pense à Nîmes. Car c’est à Nîmes que je vais lire. Lire et lire. Le 20 janvier 2012.

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