Artothèque

Le nom féminin “artothèque”, entré dans le Petit Robert avant 1980 avec le sens d’"organisme pratiquant le prêt d’œuvres d’art ou de reproductions", est issu d‘un mouvement des pays nordiques du début du XXe siècle : en 1906, un artiste berlinois, Arthur Segal, lance le principe de la location des œuvres d’art afin de relancer le marché de l’art contemporain.
L’idée inspire les Maisons de la Culture d’André Malraux à la fin des années 60 (premières artothèques : Le Havre en 1961 et Grenoble en 1968). Néanmoins le mouvement de création ne se diffuse réellement qu’au début des années 80, lorsque le ministère de la Culture, à l’initiative de Jack Lang et dans une politique de renouveau des soutiens à la création, propose une subvention de 200.000 francs aux collectivités qui souhaitent ouvrir une artothèque.
Les missions assignées aux artothèques sont alors triples : il s’agit de diffuser l’art contemporain auprès du public, d’aider la création par les acquisitions nécessaires à la constitution d’un fonds et d’exercer un rôle d’animation autour de l’art contemporain. Ces missions supposent que le fonds constitué pour l’artothèque s’appuie sur les grands mouvements d’art contemporain, et plus particulièrement sur les supports du multiple, c’est à dire d’originaux tirés en plusieurs exemplaires (estampes et photographies principalement).
Le principe de l’artothèque a ceci de particulier qu’il repose sur une structure originale, à mi-chemin entre le musée et la bibliothèque. Au même titre qu’un musée ou un centre d’art, l’artothèque réunit des œuvres afin de constituer un fonds artistique de qualité. Celui-ci n’est cependant pas destiné à être exposé intégralement aux regards de tous, puisque chacun est incité à disperser les œuvres par le biais de l’emprunt, selon des modalités semblables à celles qui régissent le prêt de livres en bibliothèque. L’artothèque n’a donc aucune mission de conservation patrimoniale, la circulation des œuvres entraînant nécessairement une certaine usure.
En France, on compte actuellement une cinquantaine d’artothèques, inégalement réparties sur le territoire français. La subvention du Ministère, bien que liée à la création des Fonds régionaux d’art contemporain (FRAC), n’avait aucun caractère obligatoire et a été interrompue avant qu'elle ne couvre tout le territoire. La structure même des artothèques reste particulièrement hétérogène : elles peuvent être de statut privé ou associatif, implantées en musée, en centre d’art ou centre culturel, ou encore, situation la plus fréquente, intégrées à une médiathèque.
La diversité des statuts des artothèques, ainsi que l’absence d’une réelle définition du métier d’artothécaire, ne facilitent pas leur visibilité. La profession tâche néanmoins de s’organiser, par l’intermédiaire de l’Association de développement et de recherche sur les artothèques (ADRA) créée en 1999. En effet, le métier d’artothécaire demande des compétences très spécifiques en histoire et économie de l’art, distinctes de celles des bibliothécaires, même s’il reste en bonne partie assuré par ceux-ci.

 

Ressources

Artothèque, Montréal [en ligne].

Association de Développement et de Recherche sur les Artothèques (ADRA) [en ligne].

PETIT, Christelle. Une artothèque à la bibliothèque : depuis quand et pour quoi faire ?. Bulletin des bibliothèques de France [en ligne], 2015, n. 6.

FALLET, Laure. Artothèque : sa pertinence et sa réalisation au sein d'une bibliothèque [en ligne]. Mémoire d'étude du Bachelor HES. Genève : Haute École de Gestion de Genève, 2012.

PETIT, Christelle. Les artothèques en Rhône-Alpes : enjeux du type d’implantation [en ligne]. Mémoire d'étude du Diplôme de conservateur des bibliothèques. Villeurbanne : enssib, 2010.

MEYER, Céline. L'art contemporain a-t-il sa place en bibliothèque publique ? Bulletin des bibliothèques de France [en ligne], 2010, n. 3, p. 67-70.

MEYER, Céline. L'art en bibliothèque publique [en ligne]. Mémoire d'étude du Diplôme de conservateur des bibliothèques. Villeurbanne : enssib, 2009.

GUICHARD, Estelle. De l'utopie culturelle à l'épreuve des faits: le cas des artothèques françaises [en ligne]. Master 2 professionnel - conduite de projet. Paris : Université Paris X Nanterre, 2007.

PICOT, Nicole (dir.). Arts en bibliothèque. Paris : Éd. du Cercle de la Librairie, 2003.

TANGY, Claire. Les artothèques : des collections à valeur d'usage. Bulletin des bibliothèques de France [en ligne]. 2002, n. 6, p.46-49.

ASSOCIATION LIMOUSINE DE COOPÉRATION POUR LE LIVRE (ALCOL). Bibliothèques - lieux d'art contemporain, Quels partenariats ?. Actes [Université d'été, Vassivière, FFCB, du 30 août au 2 septembre 1999]. Paris : FFCB ; Limoges : ALCOL, 2001.

COLL-SEROR, Caroline. Artothèques : le goût des autres : interrogations sur l'efficience du prêt d'oeuvres d'art contemporain [en ligne]. Mémoire du DESS "Direction de Projets culturels". Grenoble: Université Pierre Mendès-France, 2001.

 

Voir aussi

Bibliothèque municipale de Lyon (BmL) / Collection / Maison du Livre, de l’Image et du Son (MLIS) - François Mitterrand /

Notice créée le 27 août 2013
Mise à jour le 12 mars 2015