Carnegie, Andrew (1835-1919)

Industriel américain né en Écosse en 1835, Andrew Carnegie a beaucoup œuvré pour les bibliothèques et les établissements culturels dans le monde.

Immigré ayant réussi, le philanthrope Andrew Carnegie est un symbole du rêve américain. Sa générosité repose sur la croyance qu’un travail acharné se voit toujours récompensé. Il a développé sa vision sociale dans son "Gospel of wealth" (littéralement, "évangile de la richesse") où il dessine une recherche du profit par les classes les plus pauvres, tandis que les plus riches se doivent d'accumuler de l'argent pour en redistribuer les surplus durant leur vie "à ceux qui s'aident eux-mêmes". Dans ce schéma, des établissements comme les bibliothèques, les musées et les fondations jouent de fait un rôle important pour l’élévation de l’individu. Il fonde ainsi en 1910 la fondation Carnegie pour la paix internationale; organisation qui dirige des programmes de recherche, des discussions, des publications sur les affaires internationales et la politique extérieure américaine. 

À partir de 1883 et jusqu’en 1929 (soit dix ans après sa mort), il investit son immense richesse notamment dans la création et le financement de quelque 2500 bibliothèques publiques et universitaires aux États-Unis et dans le monde (Royaume-Uni, Irlande, Belgique, France, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Serbie, Afrique du sud, Caraïbes, île Maurice et îles Fidji). Les Carnegie libraries rencontrent d’autant plus de succès que leur construction intervient au moment du développement urbain dans la plupart de ces pays.
Chaque établissement est alors unique et relève d’un style architectural propre : renaissance italienne, baroque, classique, colonial… initialement choisi par la communauté desservie. D’allure imposante, l’architecture demeure simple et formelle, accueillant les usagers par une entrée majestueuse, souvent précédée par un escalier symbolisant l’élévation spirituelle par l’apprentissage.

La "formule Carnegie" implique la participation active de la communauté et de la ville dans laquelle l’établissement est construit. Il s’agit donc dans un premier temps de démontrer l’importance d’une bibliothèque, de participer au financement de la construction (à hauteur de 2 $ par habitant desservi) puis d’offrir annuellement 10% de ce coût  pour son fonctionnement.
Très vite, les bibliothèques Carnegie proposent des aménagements à l’époque révolutionnaires : gratuité des services ; bureau de renseignement et de prêt imposant (surnommé "the battleship") placé au centre de la salle, en face de l’entrée ; étagères en accès libre disposées autour ; salle de lecture et, pour la première fois, salle pour les enfants.

En France, les subsides Carnegie ont permis la construction de la bibliothèque de Reims, inaugurée en 1928, de style art déco. Elle a également doté de 150 000 dollars la reconstruction des bâtiments publics de Fargniers (commune aujourd'hui associée à Tergnier - Aisne), qui furent classés au titre des monuments historiques en 1998.

Ressources

Andrew Carnegie biography. Site de Carnegie corporation of New-York [en ligne], 2014.

HÜBSCHER, Hans-Ruedi. Andrew Carnegie - le noble Ecossais [en ligne]. Köniz : Fondation Carnegie pour les sauveteurs, 2011.

MARTEL, Frédéric. De la culture en Amérique. Paris : Flammarion, 2011.

QUEREUX-SBAÏ, Delphine. La bibliothèque Carnegie. Bibliothèque(s) [en ligne], 2008, n. 38, p.70-73.

WEECH, Terry L. La bibliothèque du Congrès et la coopération entre bibliothèques. Bulletin d'information de l'Association des bibliothécaires français [en ligne], 1996, n. 172, p. 59-61.

BOBINSKI, George S. Carnegie libraries : their history and impact on American public library development. Chicago : American Library Association, 1969.

MACLEOD, David I. Carnegie libraries in Wisconsin. Madison : State Historical Society of Wisconsin for Dept. of History, University of Wisconsin, 1968.

Voir aussi

Mécénat / Monument historique /

Notice créée le 17 juin 2014

Date de création :23/05/2014

Date de mise à jour :