Illettrisme

Néologisme créé en 1981, le terme est défini officiellement pour la première fois en 1995. Depuis 2003 la définition de référence est celle construite par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI, créée en 2000). Extrait : « L’illettrisme qualifie la situation de personnes de plus de 16 ans qui, bien qu’ayant été scolarisées, ne parviennent pas à lire et comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à écrire pour transmettre des informations simples ».
L’illettrisme caractérise ainsi la situation d’un adulte qui a été scolarisé, et qui doit réapprendre, renouer avec les formations de base,  lire, écrire, compter. Ce qui est distinct de l’analphabétisme et du français langue étrangère.
En 2005 le terme « littérisme » est retenu par la Commission générale de terminologie, et publié au Journal officiel, mais ce mot nouveau est peu entré en usage, au profit du syntagme « lutte contre l’illettrisme ».
En France, 7% de la population âgée de 18 à 65 ans est touchée par l’illettrisme, majoritairement des hommes, dont la moitié a plus de 45 ans. Plus de la moitié de ces 2 500 000 personnes en situation d’illettrisme exerce une activité professionnelle.
Parmi les personnes allocataires des minima sociaux la proportion des personnes en situation d’illettrisme est trois fois plus élevée que dans l’ensemble de la population concernée. La lutte contre l’illettrisme doit donc s’envisager en lien avec l’accès au monde du travail et de l’entreprise.

Illettrisme et bibliothèques

Les bibliothèques publiques sont des lieux potentiellement privilégiés pour les formateurs et les organisateurs de parcours de formations en direction de personnes en situation d’illettrisme. Traditionnellement le rôle de la bibliothèque porte sur deux  axes : elle accompagne les projets d'autres structures, elle devient alors établissement d'accueil (avec des variantes dans l'aménagement des espaces, la nature des accueils, l’offre de ressources) ou bien elle intègre la lutte contre l'illettrisme dans son projet d'établissement et porte un projet auprès d'autres partenaires.
Agir en direction des publics illettrés demeure encore un paradoxe pour les bibliothèques, le plus souvent symboles de culture lettrée. De ce point de vue la question de la sensibilisation, et de la formation, des personnels est capitale. Une dynamique de terrain fondée sur la coopération est souvent le moteur de ces actions en bibliothèque. A l’échelle de la Région par exemple, elle permet de mobiliser acteurs locaux, élus et budgets.
Depuis 2007 la loi relative à la fonction publique territoriale inscrit la lutte contre l’illettrisme dans le droit à la formation tout au long de la vie. Les collectivités sont ainsi plus informées et plus actives dans ce domaine, ce qui représente un levier considérable pour les bibliothèques désireuses de s’engager dans ce volet d’action. 

Dossiers

Illettrisme : le dépasser et construire. Empan, 2011/1, n. 81.

Lecture et illettrisme. Bulletin des bibliothèques de France [en ligne], 1998, n. 5.
 

Généralités

BORDEAUX, Marie-Christine, BURGOS, Martine, GUINCHARD, Christian. Action culturelle et lutte contre l'illettrisme. La Tour d'Aigues : Ed. De l'Aube, 2006.

LAHIRE, Bernard. L'invention de «l'illettrisme» : rhétorique publique, éthique et stigmates. Paris : La découverte, 1999 – réimpression 2005.

ESPERANDIEU, Véronique, LION, Antoine, BENICHOU, Jean-Pierre. Des illettrés en France : rapport au Premier ministre. Paris : la Documentation française, 1984.

Ressources

IFLA. Literacy and Reading section. Website of the International Federation of Library Associations and Institutions [en ligne].

UNIVERSITÉ RENNES 2. Tacit : logiciel contre l’illettrisme. Netpublic.fr.

JACKSON, Catherine et TOMIC, Sylvie. Les bibliothèques dans la lutte contre l’illettrisme : brève typologie des actions possibles. PERRIN, Georges (coord.). Favoriser l’insertion professionnelle et l’accès à l’emploi : les atouts des bibliothèques. Villeurbanne : Presses de l’enssib, 2013, p. 47-50.

PERRICHET, Mathieu.  L’illectronisme, nouvelle grande cause nationale ?. Slate [en ligne], 2013.

HAEUW, Frédéric. La société numérique : nouveaux risques d’exclusion ou nouvelle chance pour la lutte contre l’illettrisme ? . Slideshare [en ligne], 2012.

SUNÉ, Emmanuelle. Accueil des associations du champ social en autoformation. Bibliothèque dans la Cité [en ligne], 2012.

GODEMIR, Anne. Ouvrir les centres de lecture publique aux personnes illettrées ? [en ligne] Les cahiers de l’Éducation permanente, n. 39 (Politique de lecture publique), PAC, décembre 2011, pp. 95-104.

FARMER, Lesley et Ivanka, STRICEVIC. Utiliser la recherche pour promouvoir la littératie et la lecture dans les bibliothèques : Recommandations à l’attention des bibliothécaires [en ligne]. Rapport professionnel de l’IFLA No.127. The Hague, IFLA Headquarters, 2011.

TOMIC, Sylvie. Le rôle des bibliothèques publiques dans la lutte contre l'illettrisme [en ligne]. Mémoire d’étude du Diplôme de Conservateur des Bibliothèques. Villeurbanne : enssib, 2010.

BRINKLEY, Jacquelyn et LEHN, Carla. Alphabétisation et lutte contre l'illettrisme en Californie : l'action des bibliothèques. Bulletin des bibliothèques de France [en ligne], 2009, n. 2, p. 35-38.

MIROIR VAGABOND et COLLECTIF ALPHA. L’outil bibliothèque. Pour favoriser l’intégration des personnes éloignées de l’écriture et de la lecture et des populations étrangères dans les bibliothèques [en ligne]. Communauté française de Belgique, 2009.

ARDOUREL, Yves. Rôles et enjeux de la formation à distance dans la lutte contre l'illettrisme.  Distances et savoirs 4/2008 (Vol. 6), p. 565-584.

CALMET, Marie. Médiathèque, publics empêchés, publics éloignés. Mémoire d’étude du Diplôme de Conservateurs des Bibliothèques. Villeurbanne : enssib, 2004.
 

Voir aussi

Information Literacy / Lecture / Usages en bibliothèque /

Notice créée le 09 juillet 2013