Éditorial - décembre 2011

decembre 2011

Congrès des milieux documentaires – qui réunit 9 associations québécoises des bibliothèques, de la documentation et des archives.
Le plaisir d’aller à nouveau à Montréal.
De revoir des collègues, des connaissances, des amis.
De faire la connaissance d’autres visages, d’autres noms, d’autres idées.
De faire un effort de vocabulaire (les téléphones intelligents, le clavardage, la baladodiffusion, l’infonuagique…).
De revoir la Grande Bibliothèque (la BANQ), toujours aussi séduisante dans son intelligence et la générosité de son accueil.
De s’interroger, à nouveau, sur les évolutions récentes ou à venir des bibliothèques, de nos métiers et de leur rôle dans la société. A travers les services mutualisés (catalogues, services de références, statistiques, galerie de photos, numérisation…). Les nouvelles architectures, magnifiant la bibliothèque comme lieu (le troisième, nécessairement), mais aussi comme collections et médiation. Des lieux de qualité, souligne la BANQ, « invitants et adaptés aux besoins ». Des lieux qui s’adaptent aux techniques nouvelles (le prêt en libre service, la référence nomade). Des services qui s’appuient sur les nouvelles pratiques de recherche et d’accès à l’information et fournissent aux bibliothécaires de nouveaux rôles (accompagnateurs experts, producteurs de contenus, animateurs de communautés…). En 2010, la BANQ a reçu 2,7 millions de visiteurs physiques et son site web 4,4 millions de visiteurs. Mais, soulignait Guy Berthiaume, sans oublier de « respecter le rythme de la transition », de « garantir la pérennité des documents » et de se constituer « en pôle de fiabilité devant le déferlement de l’information numérique ».
D’écouter Christian Jacob faire le récit, l’archéologie de son lien à la bibliothèque. En commençant par la constitution (dans un monde encore non numérique) d’un fichier bibliographique riche de milliers de fiches (« une magnifique machine heuristique »), puis la découverte de l’ordinateur personnel (« Je suis entré en McIntosh comme on entre en religion »), des bases de données, du traitement de texte (« comme si le texte était un grand malade »), « l’accroissement exponentiel des données », la « griserie » de l’écriture sur écran, sur « une page qui s’étire à l’infini »… : « le chercheur doit devenir un bibliothécaire, un archiviste, un documentaliste ». Mais aussi le travail sur les savoirs antérieurs, « l’impact des collections de livres », les « liens inextricables entre savoir et pouvoir ». Mais enfin, cette déclaration d’amour à la bibliothèque, qui est « une collection de documents, un projet politique et culturel, un lieu, un concept et un rêve », la « bibliothèque comme horizon et comme univers ».

Anne-Marie Bertrand
Directrice de l'enssib