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Par Lucien Suel, le 06 Mars 2012

En attendant l'ouverture des portes – Albatros de verre et d'acier – la file d'attente se reflète dans les parois transparentes - reflets – reflets des reflets – Les images de l'extérieur se mêlent aux rayons de livres, caressent les dos, les tranches. Non, ce n'est pas un film protecteur virtuel. On a vraiment l’impression (!) que la ville se trouve à l'intérieur de la médiathèque. De l'autre côté de l'agora, le long du trottoir en face, les silhouettes hors de la caverne se reflètent dans la façade (eau+sable) : Cinéma REX (latin retrouvé) désaffecté abandonné tagué, grand espace libre, camionnette Emmaüs garée devant l'auto-école, tabac à la civette, agence immobilière, boulangerie fermée, banque Crédit du nord. La façade de la médiathèque présente à la fois une certaine stabilité (trottoirs, maisons, magasins) et un réel mouvement (voitures, piétons, cyclistes, oiseaux) comme si un film (décors et personnages) était projeté sur le bâtiment. Une poétique du monde traverse les parois. Bientôt, les lecthabitants franchiront le passage, arpenteront un monde de papier vivant de chaque côté des ruelles, livres entassés, classés dans des immeubles d'étagères, des casiers studios, des bacs et des rayons peuplés d'ouvrages, des rangées et des piles... Rêves et savoirs accumulés.
À suivre...
Tags carnet de voyage : Lucien Suel, Armentières, médiathèque l'Albatros
Par Lucien Suel, le 16 Novembre 2011
Quand j'étais enfant, il y avait très peu de livres à la maison (au moins un dictionnaire et un atlas). Le budget n'en permettait pas l'achat, mais toute la famille avait le goût de lire. C'était notre distraction préférée.
J'empruntais des livres à l'école primaire. En fin d'après-midi, le samedi, l'instituteur sortait de l'armoire vitrée (la bibliothèque !) quelques piles de livres recouverts de papier kraft bleu. Il énumérait les titres reproduits sur l'étiquette. L'élève intéressé levait le doigt. Si plusieurs désiraient le même ouvrage, c'était la place au classement mensuel qui départageait. C'est ainsi que j'ai lu les ouvrages d'Alexandre Dumas et de Jules Verne, de Jack London et de James-Oliver Curwood.
Au village, une dame bénévole tenait une bibliothèque publique dans son salon. Chaque jeudi après-midi, elle sortait les livres de leurs cartons et les disposait sur la table et les chaises. J'ai emprunté là les romans du Captain W. E. Johns (Biggles), ceux d'Henri Vernes (Bob Morane) et mes premières bandes dessinées (Tintin, Lucky Luke et Buck Danny).
Dès cette époque, les livres et les lieux où on pouvait en emprunter me sont devenus aussi indispensables que la bière et les frites.
Tags carnet de voyage : Lucien Suel, médiathèque l'Albatros, Armentières