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L’histoire des bibliothèques à l’époque contemporaine (un grand XXe siècle) est un sujet encore peu étudié. L’élaboration du tome IV de l’Histoire des bibliothèques françaises (1992, sous la direction de Martine Poulain) a montré les lacunes de cette histoire : peu de travaux monographiques, encore moins de synthèses. On sait, par exemple, que l’histoire récente de la Bibliothèque nationale reste à écrire, de même qu’une histoire récente des bibliothèques universitaires, de même qu’une histoire des politiques étatiques en matière de bibliothèque, etc.
Pourtant, des champs nombreux sont explorés, mais ils n’atteignent que rarement la taille critique permettant d’atteindre une réelle visibilité.
À l’enssib, les programmes suivants ont été ou sont menés :
Cette réflexion a, par ailleurs, donné lieu à une analyse comparatiste France/USA, dans la lignée des travaux de Jean Hassenforder, sur le rapport entre la bibliothèque et les pouvoirs (Anne-Marie Bertrand).
Des pistes, des axes sont ouverts.
Les travaux de Robert Damien sur la « matrice bibliothécaire » interrogent les fondements philosophiques, politiques, religieux de la bibliothèque moderne. Ils nourrissent nécessairement les travaux sur la fonction politique de la bibliothèque.
De façon un peu dispersée, des chercheurs travaillent sur l’histoire des bibliothèques pour enfants (Hélène Weis), ou sur l’architecture des bibliothèques (Hélène Caroux).
On évoquera ici pour mémoire les travaux de Roger Chartier pour une vision longue, anthropologique, et leur ouverture sur le numérique. Ou ceux de Christian Jacob sur les lieux de savoir – après ses travaux sur le pouvoir des bibliothèques : « Le pouvoir des bibliothèques ne se situe pas seulement dans le monde des mots et des concepts. Comme Alexandrie le signifiait déjà clairement, la maîtrise de la mémoire écrite et l’accumulation des livres ne sont pas sans significations politiques. Elles sont signe et instrument de pouvoir. »
Le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’Université Versailles-Saint Quentin, autour de Jean-Yves Mollier travaille plutôt sur la question de la lecture (et de l’édition) que sur les bibliothèques. A l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (ENS), autour de Frédéric Barbier, c’est une période plus ancienne qui est concernée.
Dernière mise à jour : 9 mai 2012