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Par Mouloud Akkouche, le 22 Novembre 2011
Sa voiture à peine garée, il marche vers la « Grande Plage ». Fatigue et inquiétude se lisent sur son visage. Il n'est guère habitué à ce genre d’opération. Le bruit des vagues contre les rochers ponctue le crépuscule. Il gagne un bar avec une vue plongeante sur l’océan. Peu de temps pour le repérage.
Une bière à la main, il fixe l’entrée du Casino. Un videur immobile sur le seuil. Personne seule, couple ou famille traversent régulièrement la frontière de la réalité au rêve sonnant et trébuchant. Tous, riches ou pauvres, espèrent palper une part de rêve. Beaucoup repartiront avec des miettes mais… Pas là pour philosopher ! Il détache son regard de l’entrée. Comment démarrer sa mission ?
Il clique sur la souris : le plan apparaît sur l’écran. D’abord comprendre le fonctionnement et les us et coutumes de l’établissement. Empathie est son maître mot. Se glisser dans la peau du personnel et de ceux qui, chaque jour, viennent faire un plein d’émotions. Aucun ne repart à vide. Chacun, même les gosses, y trouve plus ou moins son compte.
Front plissé, il étudie longuement – une énième fois – le plan. Pas une sortie de secours, pièces et cagibis, angles et recoins de la construction n’échappent à son examen. Perfectionniste, il veut tout savoir sur le lieu de l’opération. Faut y aller maintenant, se dit-il en se levant.
Après une hésitation, il pousse la porte de la Médiathèque. Son architecte, François Lombard, œuvra sur la création du Centre Pompidou, la renaissance de la bibliothèque d’Alexandrie, la revalorisation du Palais Beaumont à Pau… et aussi le Casino municipal de Biarritz. Environ une année avant l’inauguration du «navire-médiathèque» amarré sur une place de la cité balnéaire, l’architecte meurt au sortir d’une séance de travail. Mais le voyage de mots et images continue.
Et sa mission à lui débute :
Tags carnet de voyage : Biarritz, Mouloud Akkouche, François Lombard
Par Lucien Suel, le 16 Novembre 2011
Quand j'étais enfant, il y avait très peu de livres à la maison (au moins un dictionnaire et un atlas). Le budget n'en permettait pas l'achat, mais toute la famille avait le goût de lire. C'était notre distraction préférée.
J'empruntais des livres à l'école primaire. En fin d'après-midi, le samedi, l'instituteur sortait de l'armoire vitrée (la bibliothèque !) quelques piles de livres recouverts de papier kraft bleu. Il énumérait les titres reproduits sur l'étiquette. L'élève intéressé levait le doigt. Si plusieurs désiraient le même ouvrage, c'était la place au classement mensuel qui départageait. C'est ainsi que j'ai lu les ouvrages d'Alexandre Dumas et de Jules Verne, de Jack London et de James-Oliver Curwood.
Au village, une dame bénévole tenait une bibliothèque publique dans son salon. Chaque jeudi après-midi, elle sortait les livres de leurs cartons et les disposait sur la table et les chaises. J'ai emprunté là les romans du Captain W. E. Johns (Biggles), ceux d'Henri Vernes (Bob Morane) et mes premières bandes dessinées (Tintin, Lucky Luke et Buck Danny).
Dès cette époque, les livres et les lieux où on pouvait en emprunter me sont devenus aussi indispensables que la bière et les frites.
Tags carnet de voyage : Lucien Suel, médiathèque l'Albatros, Armentières
Par Fabienne Swiatly, le 08 Novembre 2011

Cette photo s'est imposée : chute de l'alignement. Barrage fragile - ici pour protéger la dune. Laisser venir pour ce blog, images et propos liés au mot bibliothèque remplacé plus tard par le mot médiathèque. Depuis quand ? A la bibliothèque j'y suis venue de manière régulière avec les enfants. La première expérience, avant les enfants, ce fut celle du centre Beaubourg que j'ai fréquenté sans oser demander une carte d'adhésion. Je ne savais pas si j'y avais droit. Je traînais entre les rayons, ne sachant quel livre saisir. Enivrée et honteuse à la fois. J'avais dix-huit ans et depuis un an, je vivais à Paris - petits boulots. J'aimais lire, j'écrivais mais il me semblait que la littérature appartenait aux intellectuels. Je n'avais pas mon bac. A Beaubourg j'ai découvert une rétrospective de Niki de Phalle. Un choc. J'y ai puisé une forme de courage et acheté dans la foulée ma première machine à écrire. Je venais de comprendre que l'art se nourrissait des émotions, de la peur, de la difficulté à être soi. J'étais moins seule. Fabienne Swiatly
Tags carnet de voyage : Bpi, Paris, Beaubourg, Niki de Saint-phalle, Fabienne Swiatly
Par Catherine JACKSON, le 18 oct 2011
Une image envoyée par Aurélie Pétrel, entre le train et l'avion, en introduction au Blog.
Ce blog accompagne le projet d'un ouvrage en cours de rédaction, à paraître à l'automne 2012, à l'occasion des 20 ans de l'enssib. Il a pour vocation de donner des nouvelles des auteurs en campagne, peut-être aussi des collègues des bibliothèques choisies, et de tous ceux intéressés par le projet.
Vingt créateurs, 19 écrivains et 1 photographe, ont été invités à aller à la rencontre d'une bibliothèque de leur choix - ouverte entre 1992 et 2012.
Une bibliothèque pour quoi faire ? C'est la question que nous voulons poser aux artistes invités, pour qu'ils nous proposent leurs voies de lecture/écriture dans le paysage des bibliothèques.
Dedans, dehors, de près, avec, de loin... l'écrivain est invité à aller à la rencontre de ces lieux de vie, de passages, d'offres et de demandes, de présences physiques et virtuelles, de rencontres, avec l'état d'esprit d'un explorateur, loin des expériences de la bibliothèque de son enfance, pour tenter, par l'écriture, la photo, de solliciter ce que l'on voit, ce que l'on devine, ce que l'on ignore.
De son côté, Aurélie Pétrel ira saisir, en photographe, les bibliothèques retenues par les auteurs, ainsi qu'une autre, de son choix.
L'objectif étant bien d'aboutir grâce à cette équipe auteurs-photographe à un portrait d'aujourd'hui, libre et imaginaire, d'une vingtaine d'établissements de lecture publique ou de bibliothèques d'université.