Axe de recherche : Le livre, ce ferment

Cet axe regroupe les programmes en histoire du livre et des bibliothèques, dans leurs aspects de production et de cir­culation des idées (des œuvres, des acteurs, des compétences)

Biblyon

Depuis plusieurs années, le centre travaille de conserve avec des spécialistes d’autres disciplines : histoire de la littérature et histoire de l’art essentiellement, en particulier avec l’UMR histoire de la pensée classique : Grac (uni­versité Lyon 2) et Cerphi (École normale supérieure de Lyon).

Ce rapprochement a donné lieu à un projet commun, Biblyon, programme de recher­che consa­cré au livre lyonnais au XVIe siècle, dans ses dimensions d’histoire du livre, histoire littéraire, histoire de l’art et histoire économique, en lien avec la biblio­graphie BEL16. Biblyon regroupe actuellement les projets suivants :

  • Journée d’étude annuelle coorganisée par le CGN et le Grac depuis 2011, consa­crée à la pré­sentation de projets en cours, de chercheurs français et étrangers mais aussi de jeunes chercheurs (étudiants de master, doctorants français et étrangers). La journée Biblyon 2013 a lieu le 28 juin (voir le programme). Les résumés des présentations de la journée 2011 sont en ligne.
     
  • Présentations ponctuelles de recherches en cours, comme celle qui a eu lieu en octobre 2011 à l’occasion de la présence en France de William Kemp.
     
  • Travaux d’étudiants menés dans le cadre du master Culture de l’écrit (CEI) et de l’image et du diplôme de conservateur des bibliothèques (DCB), consacrés à l’étude de l’histoire de l’édition mais aussi à des recherches prospectives sur l’évolution des formats de description des livres anciens (voir plus loin).
     
  • Outils collaboratifs en ligne : une bibliographie, une sitographie, une collection HAL-SHS :
  • Une base de données sur les éditions de roman à Lyon au XVIe  siècle, mise en œuvre par Pascale Mounier (MCF, U. Caen et Mathilde Thorel (MCF U. Aix-Marseille) : http://www.rhr16.fr/base-elr
     
  • La Bibliographie des éditions françaises du XVIe siècle. Le CGN a lancé en 2009 un ambitieux projet de bibliographie rétrospective exhaustive des livres impri­més à Lyon au XVIe siècle, qui sera décrit plus loin. Ce projet a naturellement rejoint le projet Biblyon, auquel il sert de support. Coordination : Michèle Clément (PR, Lyon 2/Grac), Raphaële Mouren

Prosopographie des gens du livre à Lyon

Le chantier de prosopographie des gens du livre, lancé en 1992 pour le XVIIIe siècle sous l'égide de l'Institut d'histoire moderne et contemporaine du CNRS, est de grande ampleur. Il vise à recueillir des informations biographiques sur les individus qui, au XVIIIIe siècle, ont œuvré, de façon licite ou non, à la fabrication et à la dif­fusion du livre en France. Il a trois volets principaux : le Nord de la France, Paris, et Lyon. Le Nord de la France et Paris ont donné lieu à publication de dictionnaires sur papier, dirigés par Frédéric Barbier et Sabine Juratic, chez Droz (2002 et 2007).

Dominique Varry (PR enssib/CGN) a mis en œuvre une base de données biographi­ques consa­crée à la prosopographie des gens du livre à Lyon au XVIIIe siècle.  Des in­formations, plus ou moins nombreuses selon les cas, sont désormais disponibles pour plus de 700 personnes ayant travaillé dans ce domaine dans la capitale des Gaules entre 1700 et 1800. Cette base, couplée à la base d’ornements typographiques Maguelone, désormais hébergée par l’enssib devrait être mise en ligne prochainement.

Il s’agit désormais de prolonger en amont et en aval le travail.

Le travail est engagé pour les XIXe et XXe siècles, par des mémoi­res de re­cherche de master menés à bien depuis plusieurs années. Il porte sur l’im­plan­­tation des profes­sionnels du livre dans les nouveaux quartiers de Lyon : La Guil­lotière, la Croix-Rous­se. Ce prog­ramme est mené en partenariat avec le Musée de l’impri­merie de Lyon (Alan Marshall), qui s’intéresse en particulier au développe­ment des industries gra­phiques sur la rive gauche du Rhône dans la première moitié du XXe siècle. Des tra­vaux ont été menés sur la période de l’occupation, et sont poursuivis : en 2012, un mémoire est mené à bien sur l’édition à Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale.

Coordination : Dominique Varry

Lyon-Genève-Neuchâtel 

Un projet consacré à l’étude, sur la longue durée,  des complémentarités, collabora­tions et concurrences entre professionnels du livre de Lyon, Genève et Neuchâtel est en réflexion depuis l’automne 2011. Les travaux menés jusqu’à présent tendent à montrer que, du XVIe au XVIIIe siècle au moins, et en dépit des questions de religion, il y a des liens forts mais mal connus entre Lyon et Genève. Cette investigation, lan­cée à l’automne 2011 par un mémoire de master CEI, doit faire l’objet d’un projet porté en France par le CGN, à Genève par Jean-François Gilmont (auteur de la biblio­graphie GLN15-16), à Neuchâtel par Olivier Christin (PR U. de Neuchâtel, chercheur associé Larrha), qui débouchera sur l’organisation d’un colloque.

Coordination : Dominique Varry, Olivier Christin, Raphaële Mouren.

Qui écrit ? regards croisés sur le livre

Séminaire coorganisé par Raphaële Mouren et Martine Furno (PR, Université Grenoble 3/Cerphi-ENSL, chercheur associé, CGN) à l’enssib entre 2008 et 2011 sous le titre « Auteur, traduction, éditeur, collaborateur… qui écrit? », coorganisé à partir de 2012 avec le Cerphi (UMR 5037).
Lancé en 2008, ce séminaire s’attache à étudier les collaborations scientifiques, techni­ques, financières, les réseaux sociaux, culturels et politiques qui permettent de mettre en œuvre l’édition d’un livre au début de l’époque moderne. Les séances du sémi­naire pour les années 2008-2011 ont donné lieu à la publication d’un volume collectif paru en janvier 2013 chez Classi­ques Garnier.
En 2013-2014, le séminaire sera organisé sur une seule journée, en décembre 2013.

Responsables : Martine Furno, Raphaële Mouren

e-collections et collectionneurs/BiPram

Lancé en 2008 par Isabelle Westeel, le projet ECC a pour ambition d’aider à la recons­titution de bibliothèques dispersées ou mêlées aujourd’hui à des collections plus im­portantes, par le biais de l’outil infor­matique : constitution des catalogues sous forme de bases de données, attention particu­lière portée aux formulaires de recherches et aux modes d’ordonnancement des données et à l’utili­sation de toutes les informa­tions en notre possession. Certains inventaires anciens portent des indications spatia­les, permettant de reconstituer au moins partiellement la manière dont étaient rangés les livres dans la bibliothèque.

Le programme s’appuie sur des travaux scientifiques en cours ou existants, il est mené à bien avec des chercheurs souhaitant éditer des catalogues. Le premier projet est celui de la reconstitution de la bibliothèque de Gabriel Naudé. Suivront la biblio­thèque de Gianvincenzo Pinelli, celle d’Alde Manuce le jeune, etc.

Sollicité en ce sens par Christian Del Vento (PR, U. Grenoble 3/Gerci) et Thomas Lebarbé (MCF HDR, U. Grenoble 3/Lidilem), le programme ECC a rejoint le projet Bibliothèques privées à l’époque moderne, BiPram, lancé à Grenoble et très proche dans ses ambitions. BiPram a obtenu par réponse à appel à projets deux finance­ments pour 2011-2014 : un financement Cible (région Rhône Alpes), destiné à pren­dre en charge une partie des frais d’investissement, et une ADR.

L’année 2011-2012 est consacrée à la conception de l’outil informatique, destiné à être utilisé pour plusieurs types de bibliothèques modernes et contemporaines. Cette con­ception se fait à partir de plusieurs exemples de bibliothèques privées, dont les projets lancés par ECC : biblio­thèque Peiresc, bibliothèque Turretini, etc. Le Centre Naudé est sollicité dans cette première étape à deux titres :

  •  par son expertise bibliothéconomique dans le domaine, il est prescripteur pour tout ce qui concerne les normes de description des livres anciens, les choix en matière de formes d’autorité, de formats de description etc.
     
  •  par la mise à disposition et l’analyse d’exemples de catalogues, inventaires, descriptions anciens de bibliothèques.

Des solutions devront être trouvées pour les informations spatiales, les descriptions fines des livres (reliures), les différences relevées entre les deux inventaires existants, le lien entre ces inventaires, la description des éditions et celles des exemplaires iden­tifiés, etc. Le groupe de travail, dont fait partie Raphaële Mouren, se réunit réguliè­rement à Grenoble et Lyon depuis le début de l’année 2012.

Des mémoires de recherche de master 2 contribuent à établir le catalogue de biblio­thèques privées de l’époque moderne et contemporaine, destinés à enrichir à terme le programme ECC.

Pilotage : Christian Del Vento (PR Grenoble 3/Gerci EA 611), Thomas Lebarbé (MCF HDR Grenoble 3, Lidilem EA 609), Raphaële Mouren, Isabelle Westeel (U. Lille 3/CGN).

La spoliation des bibliothèques privées durant la Seconde Guerre mondiale

Lectures et bibliothèques privées dans les années 1930 avant spoliation.
Une recherche récente sur l’histoire des bibliothèques françaises, publiques et privées, sous l’Occupation, montre la fécondité d’une interrogation sur la période. Les spoliations des bibliothèques privées n’ont par exemple que très peu, voire pas, fait l’objet d’études et d’analyse. Or les nazis ont saisi des milliers de bibliothèques personnelles et familiales chez les Juifs qu’ils arrêtaient et déportaient. Les procédures de restitution à la Libération, exigeant des spoliés la liste des ouvrages formant leur bibliothèque, constituent un ensemble de sources incomparables permettant de re­composer virtuellement l’horizon de lecture des générations des années 1930 et 1940. Ces milliers de listes peuvent donner matière à de nombreux travaux de recherche.

Responsable : Martine Poulain

Combien de livres ont été volés par les nazis en France durant la guerre ? Au moins cinq millions et peut-être dix millions de volumes ont été saisis en France. Les circonstances de ces vols, le deuil ressenti par les spoliés lors de leur retour dans leur domicile, les conditions difficiles de restitu­tions à la Libération sont décrits et analysés dans l’ouvrage de Martine Poulain, Li­vres pillés, lectures surveillées : les bibliothèques françaises sous l'Occupation (Gallimard, 2008).

Depuis sa parution, les archives du ministère des Affaires étrangères ont retrouvé une centaine de cartons concernant ces spoliations. Leur dépouillement progressif permet d'enrichir une liste de quelques 3000 spoliés (personnes privées et institu­tions), qui, parallèlement à la publication du livre fin 2008, a été mis en ligne sur le site et avec le soutien de la Commission des archives juives de France (http://www.cfaj.fr/publicat/livres_pilles.html).

Ces nouvelles sources contiennent les déclarations des spoliés eux-mêmes, la descrip­tion de leurs bibliothèques, etc. Ils constituent une source incomparable, qui permet d'enrichir singulièrement la connaissance des spoliations.