Les séminaires

Les séminaires de recherche de l’Enssib comme AIL, l'Atelier Internet Lyonnais (E. Guichard) ou La bande dessinée en questions (P. Robert), permettent aux enseignants-chercheurs de l’école de proposer, en complément des cours et sur des thématiques dont ils sont spécialistes, des espaces à l’organisation libre où ils peuvent explorer en compagnie d’invités (enseignants- chercheurs, professionnels, doctorants etc…) les enjeux les plus fondamentaux de ces questions. Ils sont ouverts à tous ceux qui ont envie d’y participer. 
En relation avec ses formations, l’école propose aussi des séminaires d’approfondissement dans les domaines de la bibliographie matérielle (D. Varry) et de la culture audiovisuelle (E. Cohen).

Prochains séminaires

Atelier Internet Lyonnais

Responsable : Eric Guichard, ENSSIB / ENS équipe Réseaux, Savoirs & Territoires
 
Présentation : L'Atelier Internet réalise un travail d'élaboration d'une pensée critique de l'internet (et du numérique). Nous comptons désormais construire à partir de Lyon un réseau interdisciplinaire européen sur le thème de la pensée critique du numérique. En effet, les sciences sociales et la philosophie abordent rarement l'internet et le numérique d'une façon qui soit conceptuelle, qui repère dans le même temps les formes idéologiques qui oeuvrent dans le champ scientifique et qui intègre les récentes évolutions techniques de l'internet. L'établissement de cette réflexion passe donc par le développement d'une philosophie de la technique qui tienne compte des effets de l'industrie et de la science sur nos valeurs et nos représentations et qui puisse être appropriée politiquement à l'heure où l'internet s'infiltre dans nos gestes et raisonnements.
Les séances conjuguent théorie, études de cas et expériences.
 

Les controverses scientifiques comme enjeux de science, d’histoire et d’épistémologie

Responsable : Jean Dhombres, EHESS
 
Présentation : Les controverses scientifiques ont toujours attiré l’attention des historiens, et pas toujours dans l’intention de les moraliser. Toutefois, c‘est en partie pour réguler ces joutes que les Académies des sciences dans le dernier tiers du XVIIe siècle ont établi des règles pour au moins gérer les questions de priorité, donner également un genre à la discussion scientifique, et surtout établir les formes d’échanges compatibles avec ce que l‘on concevait comme devant être la scientificité. L’objectif de ces séances sur les controverses n’est pas d’établir une typologie de la controverse, mais une typologie du récit de ces controverses en liaison avec le contenu de science en jeu.

La bibliographie matérielle

Responsable : Dominique Varry, ENSSIB / CGN
 
biblio materiellePrésentation : La bibliographie matérielle, discipline d'origine anglo-saxonne, est une archéologie du livre imprimé. Ce cours offre une introduction aux méthodes d'analyse et de description de documents imprimés réalisés au moyen de techniques artisanales (composition manuelle et impression sur presse à bras) avant 1800. Il s'attachera à montrer comment « faire parler » un livre ancien sur la façon dont il a été fait, où et par qui.
La bibliographie matérielle est indispensable à l'éditeur scientifique d'ouvrages anciens, à l'historien soucieux de la fiabilité de ses sources imprimées, mais aussi au bibliothécaire ou au collectionneur désireux de connaître les livres qu'il conserve. Elle leur permet de reconstituer la généalogie des éditions d'un texte, d'en identifier les contrefaçons et les éditions pirates faites sous fausses adresses étrangères destinées à contourner la censure, de repérer les « manipulations » effectuées par des vendeurs peu scrupuleux, ainsi que les faux mis sur le marché d'antiquariat à différentes époques.
Sont abordés : les concepts de base et définitions ; l'histoire de la théorie et de la pratique de la bibliographie matérielle ; l'organisation du travail dans les imprimeries artisanales ; la description matérielle précise (en particulier formules de collation) des exemplaires ; l'importance de la comparaison d'exemplaires multiples d'un même ouvrage (variantes, corrections sous presse, cartons, retirages); la détection de contrefaçons et de fausses adresses; la détection des faux.
Le cours est donné en français. Une bonne connaissance de l'anglais est souhaitable

La bande dessinée en questions

Responsable : Pascal Robert, ENSSIB / ELICO
 
BDL'Enssib propose un séminaire ouvert à l’ensemble de ceux qui font et pensent la bande dessinée, où l’on puisse à la fois profiter du témoignage des acteurs et du recul des analystes. Il est désormais loin le temps où l’on pouvait facilement assimiler la BD aux fameux "petits mickeys". Elle a atteint, ces dernières années, une maturité intellectuelle qui devrait faciliter sa prise au sérieux comme objet scientifique pertinent pour les sciences sociales. Cependant, la BD reste un objet complexe auquel la communauté universitaire ne prête que trop peu d’attention, alors que nombre de travaux portent, par exemple, sur la télévision - qui n’est cependant socialement pas véritablement plus légitime. La BD renvoie à la question de ses supports, classiquement papier, livre ou revue, et plus récemment supports informatisés. Elle ouvre tout aussi bien sur les mondes de l’édition, de la librairie et des bibliothèques. Elle ne serait rien sans les auteurs, scénaristes et dessinateurs, auxquels il convient également de donner la parole. Elle est explorée par des auteurs qui, à la marge de l’université, construisent un savoir théorique et historique qui mérite d’être discuté et par quelques enseignants-chercheurs dont les travaux (non seulement en sciences de l’information et de la communication, mais aussi en histoire, sociologie, sémiotique, littérature ou arts) ne sont pas forcément connus. Elle fait également l’objet de mémoires ou de thèses qui gagneraient à être présentés au-delà des seuls jurys universitaires… bref, entre auteurs, éditeurs, lecteurs, diffuseurs, critiques et universitaires la BD fait couler beaucoup d’encre, sans que l’université n’assume jusque-là son travail d’écoute, de collecte, de synthèse et de discussion.
 

Histoire intellectuelle et sociale de la cartographie

Responsables : Henri Desbois (Paris-X), Eric Guichard (Enssib) et Isabelle Lefort (Lyon-2)
 

Ce séminaire de recherche rend compte des travaux les plus récents du domaine et prolonge des chantiers entamés par ses responsables à l'Ens-Ulm et à l'Ehess entre 1992 et 2002. Il s'appuie en partie sur l'ouvrage d'Henri Desbois, Les mesures du territoire Aspects techniques, politiques et culturels des mutations de la carte topographique, publié aux Presses de l'Enssib. L’objectif est d'explorer, dans le temps long, la place de la carte dans notre culture. On s'attache plus spécifiquement à la cartographie fondée sur la mesure et le calcul, dont on suit les transformations de l'Antiquité à la géographie numérique actuelle. L'histoire de la cartographie est envisagée à la fois du point de vue de l'évolution des techniques, et sous l'angle des mutations des conceptions de l’espace géographique qui les accompagnent avec l’étude d'une part des cartes elles-mêmes, et d'autre part les discours sur les cartes, leurs représentations dans la peinture, la littérature, etc. Le séminaire est ouvert à tous : étudiants de master des établissements lyonnais et de toutes disciplines ; thésards, chercheurs juniors et seniors ; et enfin toutes personnes motivées par ce sujet.