Sophie Gonzalès, Yves Alix et Nathalie Marcerou-Ramel

Présidente de l’association des directeurs de centres régionaux de formation aux carrières des bibliothèques (CRFCB), Sophie Gonzalès, promotion DCB 18, est directrice du CFCB Bretagne-Pays de la Loire et membre du conseil scientifique de l’Enssib. (Ici avec Yves Alix et Nathalie Marcerou-Ramel)

Rencontre avec Sophie Gonzalès, présidente de l’ADCRFCB

Depuis près de 30 ans, les CFCB agissent en faveur de la formation professionnelle en lien avec les métiers du livre. Sophie Gonzalès revient sur le rôle de ces établissements dans le paysage professionnel des bibliothèques à l’occasion d’une rencontre de l’association des directeurs de CRFCB, qu’elle préside, avec l’Enssib.
 

Comment s’organise le réseau des CRFCB ?
Nos actions sont menées au niveau du réseau des douze CRFCB répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain et implantés dans des universités ou des COMUE. L’association permet de nous réunir de façon bimestrielle pour discuter de ce qui va être fait en commun et suivre de près les particularités régionales voire interrégionales. Nous avons ainsi mis en place une plateforme en ligne de préparation aux concours et un outil partagé de gestion des formations, hébergé et maintenu à l’Enssib. En dehors des réunions plénières, une convention prévoit des groupes de travail pour échanger de façon coopérative. Le but de cette coopération est la complémentarité, et non pas la concurrence. Notre façon de travailler repose avant tout sur l’échange de ce que nous avons en commun, plutôt que sur nos spécificités. Les difficultés intrinsèques au travail coopératif font qu’il est plus long à mettre en place, mais ses résultats sont plus durables.

Quelles actions mettez-vous en place ?
Nous travaillons beaucoup de façon coopérative avec des partenaires territoriaux et des acteurs nationaux. Nous avons établi un partenariat privilégié avec l’Enssib, formalisé par une convention. Chaque année, nous tenons à réunir le réseau et l’Enssib pour échanger sur nos points communs et l’offre proposée aux bibliothèques, territoriales ou universitaires, qui accueillent des publics très diversifiés. Cette veille que nous faisons sur les métiers et les innovations pédagogiques nous a parfois fait réaliser que certaines de nos propositions étaient trop avant-gardistes. Aujourd’hui, ces mêmes propositions rencontrent leur public parce qu’elles sont d’actualité. La société actuelle va très vite tandis que l’apprentissage et la mise en place de modalités pédagogiques demandent du temps. Outre le fait de répondre à la demande, nous essayons de l’anticiper et de trouver le juste équilibre entre les attentes et les besoins du public. 

Quels sont les enjeux de la formation des bibliothécaires à l’heure du numérique ?
Le numérique est aujourd’hui un enjeu intégré, qui fait partie du quotidien de chacun. Nous avons des habitudes en matière de formation, mais nous tendons vers des formations hybrides pour la préparation aux concours. Nous avons aussi des priorités nationales provenant du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et il nous est demandé de réfléchir de plus en plus à la formation à distance. Le fait est qu’elle requiert du temps, des outils, du personnel formateur et formé à ces outils. Cela demande beaucoup de moyens mais nous avons ce rôle d’accompagnement dans ces transitions. C’est ce qui fait la spécificité du métier de bibliothécaire : s’adapter en permanence aux évolutions de la société, dont le numérique fait bien évidemment partie. D’aucuns diront que la profession de bibliothécaire n’a plus vraiment lieu d’être, à cause de la présence toujours plus imposante du numérique. En fait, il y a bien plus de missions auxquelles répondent les bibliothèques, universitaires ou territoriales, que le seul prêt de livres. Elles existent toujours en tant qu’espaces, de lieux de vie, d’études ou de diffusion de savoirs. Les bibliothécaires sont aussi les garants d’une information précise, fiable et cohérente. Alors, certes, le numérique ne fera pas disparaître nos métiers, mais il nous encourage à faire évoluer notre offre de formation.


Propos recueillis par Karim Guerda