Appel à communications
Les bibliothèques sous le regard de l’Inspection Générale au cours de l’histoire (1822-2022)

Organisateur : Enssib | École nationale des chartes | Centre Gabriel Naudé

Date et horaire : 25/06/2021 08:00 - 08:00

Adresse : Enssib | 17-21 bd du 11 novembre 1918 | 69100 Villeurbanne

 

Clôture de l’appel à communications : 25 juin 2021

Propositions à envoyer à malcolm.walsby@enssib.fr

Dates du colloque : 20-21 octobre 2022

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Présentation de l’évènement

200 ans après la création de l’inspection générale des bibliothèques en 1822, trois ans après son intégration fin 2019 dans l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, il parait pertinent de jeter un regard rétrospectif et prospectif sur l’évolution des bibliothèques et le rôle joué à certaines périodes de leur histoire par l’inspection générale. Il ne s’agira pas de commémorer le passé mais - à travers des moments-clé de l’histoire de l’IGB- de le comprendre au regard d’aujourd’hui, et de tracer des perspectives pour les bibliothèques.

Le colloque porte sur l’inspection des bibliothèques depuis 1822 - Inspection générale des bibliothèques et archives (1884-1945), Inspection générale des bibliothèques et de la lecture publique (1945-1969), Inspection générale des bibliothèques (après 1969), Inspection générale des bibliothèques de la Ville de Paris - sans négliger les inspections ou rapports effectués par des personnalités hors IGB telles que Michelet ou Mérimée, et certains rapports de l’Inspection générale des finances ou de la Cour des comptes par exemple.

Ces thèmes peuvent donner l’occasion de mettre en valeur des figures de professionnels animés d’un esprit métier et dont les idées et projets ont exercé une influence sur l’organisation des bibliothèques (tel André Bleton dans la conception des bâtiments, ou Maurice Caillet dans la préservation du patrimoine) ; l’on pourra noter l’apport particulier des archivistes paléographes, anciens élèves de l’Ecole nationale des chartes, institution également bicentenaire, à la constitution du corps.

 

On se propose de prendre en considération les différents aspects de la fonction de l’IGB (évaluation de bibliothèques, de collections, contrôle, administration et rédaction de textes juridiques ou normatifs, conseil, politiques des bibliothèques et conceptions de la lecture) observés à certains moments clés de l’évolution des bibliothèques et de leurs métiers. On relèvera notamment : aux débuts de la IIIe République (1870 -1914) la professionnalisation introduite par le CAFB ainsi que la création et l’organisation des BU ; pour la période 1945 – 1975, au sein de la DBLP les objectifs affichés en matière de lecture publique et l’équipement du territoire en BDP ; ou par la suite, le renouveau des BU avec le rapport Miquel et le passage au numérique, la création de la BnF… ; ou encore le rôle de l’IGB dans la gestion des personnels jusqu’en 1989 (pouvoir de notation, inspection préalable à la titularisation).

Il serait par exemple pertinent de prévoir un focus sur l’action de l’IGB au moment du passage de certaines villes au frontisme (le rapport de Denis Pallier sur la bibliothèque de Marignane a été l’un des rares moments où l’IGB a eu les honneurs de la presse d’information). Ce sujet redevient d’actualité à Béziers, et pose la question du métier de bibliothécaire, de la déontologie et de l’indépendance intellectuelle et culturelle des bibliothécaires.

Il parait difficile d’établir sur l’inspection générale des bibliothèques des comparaisons internationales directes, étant données les spécificités de l’administration française et la difficulté à identifier, contrairement aux inspections scolaires, des fonctions équivalentes dans des pays étrangers aux modèles spécifiques (par exemple l’inspection des bibliothèques par le ministère de l’Éducation en Grande-Bretagne depuis la loi de 1964). Cependant il faut souligner que dès le XIXe siècle des modèles étrangers (Allemagne, Grande Bretagne, États-Unis notamment) ont fait l’objet de rapports officiels en France et se demander jusqu’à quel point ces modèles ont-modifié ou non la conception des bibliothèques françaises et, partant, les jugements de l’inspection. De la même façon, on pourra évoquer l’influence des organisations internationales (Unesco), ou des associations professionnelles (IFLA, AIFBD, …).

 

Au-delà des sources imprimées déjà disponibles, il serait souhaitable que des travaux originaux exploitent des sources d’archives (aux Archives nationales avant les années 1950, à l’IGESR ensuite) et notamment les dépôts d’archives personnelles des inspecteurs ainsi que d’éventuels témoignages oraux. Les archives les plus récentes de l’IGB (à partir des années 1950) continuent à être utilisées par l’inspection et sont conservées au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. En outre, certains documents de moins de cinquante ans ne sont pas encore librement communicables (délai fixé par le Code du patrimoine pour les documents dont la communication porte atteinte à la protection de la vie privée et lorsque les documents portent une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique). On portera l’attention sur certains rapports qui présentent un intérêt notable du point de vue historique, par exemple le rapport de Pierre Lelièvre faisant la synthèse de dix années d’inspection. On pourra évoquer l’impact de politiques publiques plus larges, telle que la décentralisation, sur l’évolution du rôle et des missions de l’inspection générale, non seulement du fait des transferts de compétences mais aussi au regard de l’affirmation du principe de libre administration des collectivités territoriales.  

 

Un travail prosopographique des inspecteurs généraux est mené au sein de l’Enssib par des étudiants de master à partir des archives déposées (Archives nationales). Ce dictionnaire sera rendu disponible sous forme numérique et évolutive. Il a vocation à être exhaustif à partir des origines de l’IGB en 1822. Il sera présenté lors du colloque.

 

Les archives orales constituées par le Comité d’histoire du ministère de la culture pourraient aussi être une source utile en ce qu’elles restituent des portraits d’acteurs dans le champ de la culture dont certains sont en lien avec le secteur des bibliothèques.

 

Thèmes proposés :

  • Histoire de l’inspection des bibliothèques : les fonctions d’inspection et de contrôle avant 1871 ; l’IGB n’a vraiment pris sa place qu’avec la IIIe République ; l’organisation des métiers, de la formation et des BU dans les années 1870-1880) ; le rôle de l’inspection à la Direction des bibliothèques après 1945.
  • Un regard « métier » : l’influence des professionnels des bibliothèques sur les politiques publiques : Etat, collectivités territoriales, enseignement supérieur et recherche.
  • L’inspection des bibliothèques au regard des autres inspections patrimoniales (archives, musées, monuments historiques) ou éducatives (éducation nationale). Perspectives de comparaison avec les autres domaines du patrimoine et notamment les archives et les monuments historiques.
  • Les bibliothèques sous tous rapports : rapport Mérimée (1858), rapport Beck (1987), rapport Melot-Cahart (1989), Cour des Comptes, Inspection des finances…
  • Le rôle de l'inspection dans l'élaboration du droit ou des normes dans le domaine des bibliothèques.
  • Quelles évolutions du contenu de la notion d’inspection : l’évaluation, le contrôle, les normes : des missions de contrôle aux missions d’évaluation, quelles méthodes, quelles évolutions des missions d’inspection ?
  • Les missions d’inspection et de contrôle à l’étranger ? Quelles comparaisons ou équivalences possibles ? Dans quelle mesure voit-on une influence et des transferts entre les divers modèles nationaux. Comment et dans quels organismes ont pu avoir lieu des échanges sur les pratiques différentes ?

 

Le colloque durera trois demi-journées co-organisé par l’Enssib, l’École nationale des chartes, le Centre Gabriel Naudé et d’autres partenaires.

Les Presses de l'Enssib publieront un recueil de contributions dans un volume de la collection Papiers consacré au bicentenaire de l'IGB.


Comité scientifique :

  • Isabelle Antonutti, Médiadix, Université Paris Nanterre
  • Noëlle Balley, Bibliothèque interuniversitaire Cujas, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Michelle Bubenicek, École nationale des Chartes
  • Christine Chevalier-Boyer, Enssib
  • Marie Cornu, Institut des sciences sociales du politique, CNRS
  • Jean-Charles Geslot, Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, CHCSC
  • Fabienne Henryot, Centre Gabriel Naudé, Enssib
  • Anne Leblay-Kinoshita, Bibliothèque nationale de France
  • Philippe Poirrier, Université de Bourgogne
  • Malcolm Walsby, Centre Gabriel Naudé, Enssib

 

 

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