<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:ns5="http://www.w3.org/1999/xlink" xmlns:ns4="http://www.w3.org/2001/XInclude" xmlns:ns3="http://www.w3.org/1998/Math/MathML" xmlns:ns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" change="metopes_edition"><teiHeader><fileDesc><titleStmt><title type="main" key="bbf-2025-00-0000-070" subtype="focus2020" when="2025" n="1">Veille métiers et transitions #3 • Pratiques culturelles juvéniles et régulations familiales : les médias sociaux et leurs usages</title><author role="aut"><name>Romain Gaillard</name><affiliation>Adjoint au chef du département des Bibliothèques, ministère de la Culture</affiliation></author></titleStmt><publicationStmt><ab type="lodel"><date>21/05/2026</date></ab></publicationStmt><sourceDesc><bibl/></sourceDesc></fileDesc><encodingDesc><appInfo><application ident="Word-tpl" version="1.0"><label>Word template</label><desc>Version of MS Word template used</desc><ref target="#"/></application><application ident="circe-Metopes" version="0.0.103"><label>Circé</label><desc>Document converted into TEI using Circé application (doc2tei pipeline).</desc><ref target="#"/></application><application ident="commons-publishing-metopes" version="1.0"><label>Schéma XML-TEI</label><desc>Commons Publishing Métopes 1.0</desc><ref target="#"/></application><application ident="commons_2_metopes" version="1.0"><label>Conversion Commons vers Métopes v3</label><desc>XSL commons_2_metopes</desc></application></appInfo><editorialDecl><normalization rendition="notes"><p select="restart" rendition="note"/><p select="restart" rendition="table"/><p select="restart" rendition="annexe"/><p select="restart" rendition="floatingText"/></normalization></editorialDecl></encodingDesc><profileDesc><langUsage><language ident="fr-FR"/></langUsage></profileDesc><revisionDesc><change type="creation" when="2026-05-20">Conversion Commons vers Métopes v3</change><change type="creation" when="2026-05-20">XML-TEI file creation</change></revisionDesc></teiHeader><text type="article" xml:id="text"><front><titlePage><docTitle><titlePart style="T_3_Article" type="main">Veille métiers et transitions #3 • Pratiques culturelles juvéniles et régulations familiales : les médias sociaux et leurs usages</titlePart></docTitle><docAuthor style="txt_auteur">Romain Gaillard</docAuthor><byline style="auteur_Institution"><affiliation xml:id="aff01">Adjoint au chef du département des Bibliothèques, ministère de la Culture</affiliation></byline></titlePage></front><body><div type="chapitre" xml:id="mainDiv"><p style="txt_Normal">Le numéro 101 de la revue <hi style="typo_Italique" rend="italic">Agora</hi><note n="1" place="foot" xml:id="ftn1" style="txt_Note" type="standard"><p><ref target="https://injep.fr/publication/pratiques-culturelles-juveniles-et-regulations-familiales-les-medias-sociaux-et-leurs-usages/">https://injep.fr/publication/pratiques-culturelles-juveniles-et-regulations-familiales-les-medias-sociaux-et-leurs-usages/</ref></p></note>, publié fin 2025 par l’Institut national de la Jeunesse et de l’Éducation populaire (INJEP) et les Presses de Sciences Po, interroge les pratiques juvéniles, notamment les partages de vidéos sur les réseaux sociaux, et les formes de régulations parentales.</p><p style="txt_Normal">Les deux premiers articles sont ainsi consacrés aux adolescents. Pourquoi partagent-ils des vidéos ? Qu’en retirent-ils ou elles ? Noémie Roques détaille comment ces actions participent de la création d’une culture commune, de la recherche de connexion à des « tendances » mais aussi comment la sélection personnalisée par chacun vers ses propres pairs renforce l’individualisation des relations amicales pour créer des moments de « délire », de convivialité. À travers des entretiens avec des adolescents suisses, Marianna Colella décrit les effets de cohésion, mais aussi de conformisme, dans les réactions de ceux-ci face à différentes vidéos. On y lit une certaine ambivalence propre à l’adolescence, marquée par la tension entre singularisation et recherche d’identification au travers d’un groupe.</p><p style="txt_Normal">Les deux articles dédiés aux parents et environnements familiaux provoqueront sans doute chez les parents et éducateurs beaucoup de questions !</p><p style="txt_Normal">Claire Balleys étudie ainsi les éléments pesant sur les conditions de régulation familiale de l’usage des réseaux sociaux et plus largement des écrans. Elle y décrit finement combien les modèles parentaux peuvent être contradictoires avec le discours régulateur, les ambivalences familiales, et comment le manque d’activité extrascolaire (ou le trop-plein d’activités qui, paradoxalement, fait préserver le temps d’écran !) et de propositions alternatives peut mener les adolescents sur les écrans récréatifs. En outre il est à la fois intéressant et malaisant de s’immerger dans le discours parental de la préférence pour un temps passé sur un écran par rejet de l’extérieur, par crainte de « mauvaises rencontres » ou de risques, notamment en zone urbaine. Les systèmes de contrôle parental ne seraient-ils dès lors qu’une conséquence de l’« inhospitalité urbaine » analysée depuis plusieurs années par géographes, urbanistes et sociologues<note n="2" place="foot" xml:id="ftn6" style="txt_Note" type="standard"><p>Nadja Monnet, « <hi style="typo_Italique" rend="italic">De l’(in-)hospitalité des lieux urbains pour les enfants</hi> », <hi style="typo_Italique" rend="italic">Strenæ</hi>, n<hi style="typo_Exposant" rend="sup">o</hi> 2, 2023. En ligne : <ref target="https://doi.org/10.4000/strenae.10546">https://doi.org/10.4000/strenae.10546</ref></p></note> ? Ou l’amplification de la peur du risque, sans commune mesure avec la réalité des dangers pesant sur les enfants et adolescents, comme l’analysait le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA)<note n="3" place="foot" xml:id="ftn7" style="txt_Note" type="standard"><p>HCFEA, « Quelle place pour les enfants dans les espaces publics et la nature ? Éducation, santé, environnement », rapport adopté par le Conseil de l’enfance et de l’adolescence le 17 octobre 2024, p. 77 : <ref target="https://hcfea.gouv.fr/quelle-place-pour-les-enfants-dans-les-espaces-publics-et-la-nature-education-sante-environnement-0">https://hcfea.gouv.fr/quelle-place-pour-les-enfants-dans-les-espaces-publics-et-la-nature-education-sante-environnement-0</ref></p></note> ?</p><p style="txt_Normal">Enfin, Agnès Grimault-Leprince, Barbara Fontar et Mickaël Le Mentec dressent, après une enquête et des entretiens auprès de 800 parents bretons, un profilage de ceux-ci dans leur rapport aux usages numériques de leurs enfants selon trois catégories : les « anxieux-vigilants », les « experts-confiants » et les « profanes-défiants ». Le lecteur sera tenté de s’y retrouver ou d’y reconnaître ses proches. Il y est décrit finement les ambiguïtés avec les normes sociales liées au temps d’écran et aux usages. Il est en outre frappant de constater que l’ensemble des profils marque un désintérêt ou une critique systématique vis-à-vis des usages numériques des jeunes, qui sont peu ou pas connus.</p><p style="txt_Normal">De nombreuses questions se posent à la lecture de ces deux derniers articles. Quelles sont les conséquences concrètes en termes scolaires, psychologiques, de santé… de tel ou tel positionnement parental pour les enfants et les adolescents ? En 2023, Agnès Grimault-Leprince dressait, à travers l’étude<note n="4" place="foot" xml:id="ftn8" style="txt_Note" type="standard"><p>Agnès Grimault-Leprince, « Apprentissages hors la classe et loisirs à l’ère numérique. Les stratégies des adolescents », <hi style="typo_Italique" rend="italic">Éducation et Sociétés</hi>, n<hi style="typo_Exposant" rend="sup">o</hi> 50, 2023. En ligne : <ref target="https://doi.org/10.3917/es.050.0101">https://doi.org/10.3917/es.050.0101</ref></p></note> d’une large cohorte de la classe de 5<hi style="typo_Exposant" rend="sup">e</hi> à la 3<hi style="typo_Exposant" rend="sup">e</hi>, une typologie en cinq ensembles des adolescents dans leurs rapports entre le temps d’écran et le travail à domicile, où le temps d’écran seul semblait ne pas avoir d’impact sur la qualité des résultats et du travail scolaire (l’étude cependant se limitait aux jours de semaine et n’incluait pas les week-ends). À quels modèles parentaux ces jeunes avaient-ils été confrontés ? Quelles influences également ces choix éducatifs ont-ils sur leur temps libre, si l’on devait suivre les six profils de collégiens analysés en 2022 par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale<note n="5" place="foot" xml:id="ftn9" style="txt_Note" type="standard"><p>Meriam Barhoumi et Jean-Paul Caille, <hi style="typo_Italique" rend="italic">Les six manières dont les collégiens occupent leur temps libre,</hi> note d’information de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance<hi style="typo_Italique" rend="italic">, </hi>ministère de l’Éducation national et de la Jeunesse, n<hi style="typo_Exposant" rend="sup">o</hi> 22-35, novembre 2022 : <ref target="https://shs.hal.science/halshs-03879533/file/NI-22-35-Les-six-manieres-dont-les-collegiens-occupent-leur-temps-libre-pdfa.pdf">https://shs.hal.science/halshs-03879533/file/NI-22-35-Les-six-manieres-dont-les-collegiens-occupent-leur-temps-libre-pdfa.pdf</ref></p></note> ?</p><p style="txt_Normal">Autant de questions restant à creuser pour continuer à comprendre nos jeunes, leur rapport aux écrans et aux pratiques numériques, adapter nos comportements parentaux et orienter nos politiques publiques.</p></div></body></text></TEI>