<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xmlns:xhtml="http://www.w3.org/TR/xhtml/strict" xmlns:ns4="http://www.w3.org/2001/XInclude" xmlns:ns3="http://www.w3.org/1998/Math/MathML" xmlns:ns2="http://www.w3.org/1999/xlink" xmlns:ns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:aid5="http://ns.adobe.com/AdobeInDesign/5.0/" xmlns:aid="http://ns.adobe.com/AdobeInDesign/4.0/" change="metopes_edition"><teiHeader><fileDesc><titleStmt><title type="main" key="bbf-2025-00-0000-073" subtype="tourhorizon" when="2025" n="2">Retour sur la conférence annuelle LILAC</title><title type="sub">Université de Sheffield (Royaume-Uni) – 30 mars-1er avril 2026</title><author role="aut"><name>Cécile Touitou</name><affiliation>Responsable de la cellule Prospective, bibliothèque de Sciences Po Paris ; présidente de la commission Afnor CN 46-8 « Qualité - Statistiques et évaluation des résultats »</affiliation></author></titleStmt><publicationStmt><ab type="lodel"><date>04/06/2026</date></ab></publicationStmt><sourceDesc><bibl/></sourceDesc></fileDesc><encodingDesc><appInfo><application ident="Word-tpl" version="1.0"><label>Word template</label><desc>Version of MS Word template used</desc><ref target="#"/></application><application ident="circe-Metopes" version="0.0.103"><label>Circé</label><desc>Document converted into TEI using Circé application (doc2tei pipeline).</desc><ref target="#"/></application><application ident="commons-publishing-metopes" version="1.0"><label>Schéma XML-TEI</label><desc>Commons Publishing Métopes 1.0</desc><ref target="#"/></application><application ident="commons_2_metopes" version="1.0"><label>Conversion Commons vers Métopes v3</label><desc>XSL commons_2_metopes</desc></application></appInfo><tagsDecl><rendition scheme="css" xml:id="list-decimal">list-style-type:decimal;</rendition><rendition scheme="css" xml:id="list-disc">list-style-type:disc;</rendition></tagsDecl><editorialDecl><normalization rendition="notes"><p select="restart" rendition="note"/><p select="restart" rendition="table"/><p select="restart" rendition="annexe"/><p select="restart" rendition="floatingText"/></normalization></editorialDecl></encodingDesc><profileDesc><langUsage><language ident="fr-FR"/></langUsage></profileDesc><revisionDesc><change type="creation" when="2026-06-04">Conversion Commons vers Métopes v3</change><change type="creation" when="2026-06-03">XML-TEI file creation</change></revisionDesc></teiHeader><text type="article" xml:id="text"><front><titlePage><docTitle><titlePart style="T_3_Article" type="main">Retour sur la conférence annuelle LILAC</titlePart><titlePart style="T_SousTitre" type="sub">Université de Sheffield (Royaume-Uni) – 30 mars-1<hi style="typo_Exposant" rend="sup">er</hi> avril 2026</titlePart></docTitle><docAuthor style="txt_auteur">Cécile Touitou</docAuthor><byline style="auteur_Institution"><affiliation xml:id="aff01">Responsable de la cellule Prospective, bibliothèque de Sciences Po Paris ; présidente de la commission Afnor CN 46-8 « Qualité - Statistiques et évaluation des résultats »</affiliation></byline></titlePage></front><body><div type="chapitre" xml:id="mainDiv"><p style="txt_Normal">La conférence LILAC (pour Librarians’ Information Literacy Annual Conference)<note n="1" place="foot" xml:id="ftn1" style="txt_Note" type="standard"><p><ref target="https://www.lilacconference.com/about-lilac/background">https://www.lilacconference.com/about-lilac/background</ref></p></note> a lieu tous les ans en Grande-Bretagne depuis 2005. Elle est organisée par le groupe « Information Literacy » du Chartered Institute of Library and Information Professionals (CILIP). Le comité LILAC est composé d’une équipe de professionnels de l’information issus de tous les domaines du secteur des bibliothèques et de l’information, qui se consacrent à l’amélioration des compétences informationnelles.</p><p style="txt_Normal">L’édition 2026 était organisée à l’Université de Sheffield. Elle s’inscrit dans une période de mutations profondes pour les pratiques informationnelles sur le fond d’émergence (de raz-de-marée ?) de l’intelligence artificielle (IA). Le thème général, inspiré par l’histoire industrielle et communautaire de Sheffield, célébrait cette année la <hi style="typo_gras" rend="bold">résilience</hi>, la <hi style="typo_gras" rend="bold">transformation</hi> et la <hi style="typo_gras" rend="bold">force collective</hi>, symbolisées par l’emblème des Women of Steel<hi style="typo_Italique" rend="italic">,</hi> statue emblème de la ville qui honore les femmes de l’acier qui ont fondé l’histoire de la ville industrielle. Les co-présidentes, Anne‑Lise Harding et Laura Woods, ont d’ailleurs rappelé combien cette édition se voulait un retour aux sources pour les professionnels de l’Information Literacy (IL), dans un contexte où les crises globales, la complexité informationnelle et l’irruption massive de l’IA redéfinissent les missions des bibliothèques.</p><p style="txt_Normal">Trois intervenants ont prononcé un discours d’ouverture :</p><list type="unordered" xml:id="list1" rendition="#list-disc"><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">Sue Lacey Bryant</hi> a évoqué l’impact sanitaire d’une faible littératie en santé et comment l’environnement informationnel lui-même est devenu un déterminant d’inégalités, aggravé par la désinformation et amplifié par l’IA.</item><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">Sheila Webber</hi> a pour sa part évoqué la notion de « polycrise », où les crises se superposent et se renforcent. Elle a invité à repenser l’IL comme conscience située, nourrie par les expériences individuelles et collectives, capables d’aider chacun à comprendre et naviguer dans un monde instable. Ce discours d’ouverture a eu des échos dans certaines présentations qui ont également évoqué la situation d’étudiants issus de minorités ethniques ou sociales qui nous oblige à décentrer notre regard et à questionner nos impensés largement reproduits dans notre offre de sessions sur les compétences informationnelles.</item><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">Matteo Bergamini</hi>, de l’entreprise Shout Out UK (SOUK)<note n="2" place="foot" xml:id="ftn4" style="txt_Note" type="standard"><p><ref target="https://www.shoutoutuk.org/">https://www.shoutoutuk.org/</ref></p></note>, a conclu ces trois jours autour des dynamiques de désinformation, l’influence des algorithmes et des <hi style="typo_Italique" rend="italic">deepfakes</hi>, et l’urgence de renforcer les compétences autour des médias ainsi que les savoirs civiques des jeunes. Au cours de sa conférence, il a mis en avant les approches de <hi style="typo_Italique" rend="italic">prebunking</hi>, visant à prévenir plutôt qu’à corriger la désinformation.</item></list><p style="txt_Normal">LILAC 2026 offrait également une grande richesse de sessions parallèles<note n="3" place="foot" xml:id="ftn5" style="txt_Note" type="standard"><p><ref target="https://www.lilacconference.com/files/Sheffield%202026/LILAC%202026.pdf">https://www.lilacconference.com/files/Sheffield%202026/LILAC%202026.pdf</ref></p></note>. L’IA était bien sûr omniprésente : évaluation critique des productions génératives, nouveaux modèles d’enseignement fondés sur la réflexivité, risques éthiques et juridiques, ou encore stratégies de refus et de résistance face au discours de « l’inévitabilité » technologique. D’autres ateliers ont renouvelé les approches pédagogiques grâce au jeu, au design, à la créativité ou aux <hi style="typo_Italique" rend="italic">makerspaces</hi>, confirmant l’évolution de l’IL vers des pratiques créatives et participatives. La visite de l’Information Commons de l’Université de Sheffield était un bel exemple concret de ce décentrement.</p><figure xml:id="figure01"><head style="titre_figure">Figure 1. Salle offrant des ateliers de créativité avec une imprimante 3D – Université de Sheffield</head><graphic url="TH-2025-_Touitou_fig1.jpg"/></figure><figure xml:id="figure02"><head style="titre_figure">Figure 2. Vue sur l’ensemble de l’Information Commons des bibliothèques de l’Université de Sheffield</head><graphic url="TH-2025-_Touitou_fig2.jpg"/></figure><p style="txt_Normal">LILAC 2026 a montré cette année combien cette notion d’Information Literacy est devenue un champ hybride et stratégique, situé au croisement du numérique, de la pédagogie, de l’éthique et des dynamiques sociétales. Plusieurs tendances fortes se dégagent.</p><list type="ordered" xml:id="list2" rendition="#list-decimal"><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">L’IA comme pivot de transformation. </hi>De nombreuses contributions ont souligné que les bibliothécaires deviennent des acteurs centraux de la formation à l’IA, idéalement quand ils sont <hi style="typo_Italique" rend="italic">embarqués </hi>dans les cours auprès des enseignants ! : évaluation critique des outils, interrogation des jeux de données, conformité juridique, droits d’auteur, biais algorithmiques. Des bibliothèques universitaires à Birmingham, Teesside ou Sussex développent des cadres complets d’AI Literacy, intégrés au curriculum, tandis que d’autres adoptent des approches plus critiques, questionnant les impacts environnementaux, cognitifs et sociaux de l’IA.</item><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">Vers des pédagogies plus créatives, inclusives et réflexives. </hi>Plusieurs ateliers ont mis en avant le potentiel de méthodes alternatives : jeux de cartes, zines, <hi style="typo_Italique" rend="italic">journaling, makerspaces</hi>, scénarios professionnels, approches contemplatives. Ces outils permettent une appropriation plus active des savoirs et répondent au besoin d’accompagner des publics diversifiés. L’IL se pense de plus en plus comme expérience incarnée, collaborative et située. On a eu l’occasion au cours d’un atelier de programmer une machine à broder électronique !</item><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">Lutte contre la désinformation et nouvelles vulnérabilités. </hi>Les travaux sur les « paysages du savoir refusé » (<hi style="typo_Italique" rend="italic">refused knowledge landscapes</hi>), la désinformation médicale ou les environnements polarisés montrent que l’IL ne peut plus se limiter à des compétences techniques. Elle doit intégrer les dimensions identitaires, communautaires, émotionnelles et politiques de l’information. Les bibliothèques sont ainsi appelées à devenir des espaces de sécurité, de dialogue et d’esprit critique. Une très belle présentation a relaté des expériences avec des étudiants américains issus de minorités ethniques et a introduit le concept d’« arrière-pays informationnel » (<hi style="typo_Italique" rend="italic">information hinterlands</hi>).</item><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">Décolonisation, justice cognitive et équité. </hi>Plusieurs contributions (Western University, Saint Francis University (SFU), études sur les étudiants afro‑américains) invitent à déconstruire les épistémologies dominantes et à revaloriser des formes de savoirs marginalisés. L’IL est appréhendée comme un levier de justice sociale, à travers des démarches lentes, relationnelles, ancrées dans les contextes des communautés.</item></list></div></body></text></TEI>