<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xmlns:xi="http://www.w3.org/2001/XInclude" xmlns:ns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:mml="http://www.w3.org/1998/Math/MathML" xmlns:loext="urn:org:documentfoundation:names:experimental:office:xmlns:loext:1.0" change="metopes_edition"><teiHeader><fileDesc><titleStmt><title type="main" key="bbf-2026-00-0000-001" subtype="Dossier" when="2026" n="1">Éditorial</title><title type="sub">Le travail en bibliothèque, entre défis et aspirations</title><title type="source">Le travail en bibliothèque, entre défis et aspirations</title><author role="aut"><name>Aurore Cartier</name><affiliation>Directrice des bibliothèques universitaires, Université Jean-Moulin Lyon-3. Vice-présidente de l’ADBU (Association française des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation)</affiliation></author><author role="aut"><name>David-Georges Picard</name><affiliation>Directeur général adjoint de la Bibliothèque publique d’information (Bpi)</affiliation></author></titleStmt><publicationStmt><ab type="lodel"><date>16/06/2026</date></ab></publicationStmt><seriesStmt><ab><ref type="volume_xml"/></ab></seriesStmt><sourceDesc><p>Version Métopes : 3.1</p><p>Written by OpenOffice</p></sourceDesc></fileDesc><encodingDesc><tagsDecl><rendition scheme="css" xml:id="none">color:black;</rendition><rendition scheme="css" xml:id="list-disc">list-style-type:disc;</rendition></tagsDecl></encodingDesc><profileDesc><langUsage><language ident="fr-FR"/></langUsage><textClass/></profileDesc><revisionDesc><change type="creation" when="2026-06-16">Conversion Commons vers Métopes v3</change><change type="creation" when="2026-06-08">Conversion Métopes v3 vers Commons</change><change type="creation" when="2026-06-04">Révision</change></revisionDesc></teiHeader><text type="article" xml:id="text"><front><titlePage><docTitle><titlePart style="T_3_Article" type="main">Éditorial</titlePart><titlePart style="T_SousTitre" type="sub">Le travail en bibliothèque, entre défis et aspirations</titlePart></docTitle><docAuthor style="txt_auteur">Aurore Cartier</docAuthor><byline style="auteur_Institution"><affiliation xml:id="aff01">Directrice des bibliothèques universitaires, Université Jean-Moulin Lyon-3. Vice-présidente de l’ADBU (Association française des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation)</affiliation></byline><docAuthor style="txt_auteur">David-Georges Picard</docAuthor><byline style="auteur_Institution"><affiliation xml:id="aff02">Directeur général adjoint de la Bibliothèque publique d’information (Bpi)</affiliation></byline></titlePage></front><body><div type="chapitre" xml:id="mainDiv"><p style="txt_Normal">À l’heure où l’attractivité des métiers de la fonction publique – et, par extension, celle des bibliothèques – devient un sujet de préoccupation, au moment où la reconnaissance des compétences et la diversité de nos métiers ne rencontrent pas toujours leurs représentations, tandis que l’IA vient questionner nos pratiques professionnelles autant que certaines des valeurs historiquement portées par notre filière, un dossier consacré au travail en bibliothèque nous semblait aussi nécessaire qu’opportun.</p><p style="txt_Normal">Inutile cependant de nier.</p><p style="txt_Normal">Au moment d’amorcer la rédaction de cet éditorial, la tentation de se prêter au jeu de la modernité et d’effectuer un transfert de charge des bibliothécaires responsables de la rédaction d’un éditorial du <hi style="typo_Italique" rend="italic">BBF</hi> vers une intelligence artificielle nous a effleurés. Après tout, qu’est-ce qui empêcherait, suivant le « tourbillon de la vie » des bibliothèques filant, elle, à la vive allure des transformations dont témoigne ce numéro, que cette mission savante ne fasse l’objet d’une de ces pirouettes favorables à l’automatisation et auxquelles convie un contexte fortement évolutif ?</p><p style="txt_Normal">Songeons aux bénéfices escomptés : le gain de temps et la productivité « brute », l'homogénéisation et la standardisation, l'apport d'un « regard extérieur » et l'exhaustivité, la réduction des coûts de production. Finalement, plutôt qu’une démission, pourquoi ne pas considérer ce transfert comme une optimisation des ressources publiques ? L’argument se tient, la tentation est grande mais elle ne suffit pas à passer outre les turpitudes (peut-être le regretterez-vous d’ailleurs à l’issue de ces lignes).</p><p style="txt_Normal">Mise en abîme des réflexions qui nous ont animés lors de la préparation de ce dossier, ce renoncement à céder présentement à la facilité recoupe très explicitement la question de la valeur ajoutée du bibliothécaire et, par extension, dans ce numéro, de la bibliothèque dans un environnement saturé en messages textuels, iconographiques et audiovisuels ultra « technicisés ». Chaque nouvelle inflexion dans les pratiques et cadres de travail vient également questionner le lien à ce dernier et aux valeurs qui lui sont associées autant par la finalité de l’action que par le processus de travail lui-même.</p><p style="txt_Normal">Prétendre faire le tour de la question du travail en bibliothèque en un dossier serait faire injure à la richesse de ses expressions et à la pluralité de ses cadres. Il n’est pas non plus ici question de projeter un regard critique sur la profession ou d’en orienter les pratiques à partir d’une approche trop étroite, qui resterait cantonnée à l’évolution des métiers. Dans son intention comme dans sa concrétisation, ce numéro ne pouvait se penser qu’en archipel.</p><p style="txt_Normal">Fruit de sollicitations choisies comme de contributions spontanées, il s’efforce de mettre en lumière à travers ses analyses, retours d’expérience et témoignages, quelques-uns des changements, défis et aspirations touchant aujourd’hui la filière et ses structures. En adoptant une posture d’observateur, il est possible d’aborder chaque article comme autant d’îlots isolés illustrant la réaction d’un milieu donné à l’insertion d’un nouvel usage dans la pratique professionnelle. Pour autant, par-delà la discontinuité apparente des contenus, se dessine, au bénéfice d’une lecture attentive, une cohérence d’ensemble forgée par certaines caractéristiques sous-jacentes du travail en bibliothèque :</p><list type="unordered" xml:id="list1" rendition="#list-disc"><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">L’adaptation au changement,</hi> comme en attestent les multiples transformations accompagnant le numérique et leur impact sur notre travail et les pratiques des usagers : évolution des métiers, mise en œuvre du télétravail, nouveaux dispositifs de médiation. La mise en perspective historique d’Isabelle Antonutti, l’analyse de la commission Métiers de l’ADBU (Association française des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation) sur le télétravail, l’exemple du projet ICAR de la Médiathèque départementale du Doubs, ou encore l’évolution du travail des magasiniers de la bibliothèque universitaire de Paris Dauphine – PSL, sont autant d’illustrations de ces défis répétés et sans cesse relevés.</item><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">Les dynamiques de réseau et la concertation,</hi> dans la diversité de leurs expressions, à l’image de l’analyse collective portée par les bibliothèques de Savoie sur la transversalité, des démarches de codéveloppement professionnel initiées sous forme d’expérimentation par les coordinateurs de réseaux du Puy-de-Dôme ou des réflexions esquissées par Jean-Arthur Creff sur la place du dialogue social.</item><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">La réconciliation entre le matériel et l’immatériel</hi> dans notre volonté de faire cohabiter, dans un espace de travail et une offre de service unifiée, collections physiques et numériques, humains et machines. La contribution de Monserrat Cabrera Zapata de la New York Public Library sur l’impact de l’IA sur le rapport aux savoirs et à leur création ouvre, de ce point de vue, des perspectives enthousiasmantes. Elle résonne, par sa recherche de complémentarité entre la dimension physique du travail en bibliothèque et le recours aux algorithmes avec les réflexions et expérimentations décrites par Lamia Badra de l’Université Clermont Auvergne autour de la « découvrabilité » dont les bibliothécaires resteraient les garants et les architectes.</item><item style="txt_Liste_1"><hi style="typo_gras" rend="bold">La culture de l’accueil et de l’ouverture,</hi> qui s’exprime en premier lieu dans notre offre de service mais également de manière de plus en plus fréquente dans nos collectifs de travail, au travers des trajectoires de reconversions professionnelles vers la filière bibliothèque, dont Élise Maacha nous livre une analyse passionnante. Comme le souligne la contribution du Service du livre et de la lecture (SLL), cet accueil pose cependant des défis en matière d’intégration et de formation qu’il convient là encore de relever.</item></list><p style="txt_Normal">Enfin, les contributions de Yoann Bourion, sur les écarts constatés entre la réalité du métier et ses représentations, et de Florine Jaosidy, sur le travail « bien fait » en bibliothèque, nous invitent à une démarche réflexive sur notre relation au travail et à ses expressions tout en identifiant des leviers d’action essentiels en faveur d’une <hi style="typo_gras" rend="bold">reconnaissance de ses réalités et d'un quotidien qui s’exercerait « en santé »</hi>.</p><p style="txt_Normal">Sans prétendre faire le tour de ce vaste sujet, nous espérons donc que ces premières contributions ouvriront la voie à d’autres travaux, à l’instar de ceux actuellement menés par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) sur l’attractivité de la filière.</p></div></body></text></TEI>