Luc Detembel

Luc Detembel est passionné de musique et de littérature. Il s’est donc naturellement tourné vers des études littéraires à l’Université Lumière Lyon 2 avant d’entrer à l’Enssib en master 1, mention « Sciences de l’information et des bibliothèques », puis de poursuivre dans le parcours « Archives numériques » (ARN).

Luc Detembel partage son année de master ARN

1/ Vous avez choisi le master 2 Archives numériques de l'Enssib. Pourquoi un tel choix ? Quel a été votre parcours auparavant ?
Je suis arrivé en ARN après une première année en master PANIST. Auparavant, j’ai étudié les Lettres Modernes et, après l’obtention du CAPES, je suis devenu professeur dans un lycée. J’ai cependant réalisé que l’enseignement ne correspondait pas à mes attentes et j’ai donc décidé de changer de voie. En arrivant à l’Enssib, j’hésitais entre une spécialisation en information scientifique et technique et une autre en archivage numérique. J’ai finalement opté pour celle-ci car les défis posés par la pérennisation de l’information à l’ère du numérique m’apparaissent passionnants.

2/ Comment s'est déroulée cette année de master ? Quels en ont été les temps forts ?
Cette année fut riche en enseignements, en découvertes et en rencontres. Lors du premier semestre, les cours théoriques sur les systèmes d’archivage électronique, le records management ou encore la préservation de sites web ont été complétés par la manipulation d’outils informatiques divers, développés et utilisés par des professionnels en poste. À partir de novembre a également débuté la gestion de projet, en partenariat avec les Archives départementales du Rhône, qui constituait un pas supplémentaire vers le monde professionnel. Le second semestre est, quant à lui, consacré principalement au stage, que mes camarades et moi-même effectuons dans tous types d’organismes, publics comme privés : institutions culturelles, entreprises, établissements d’enseignement et/ou de recherche, ... Enfin, cette année est marquée par la rédaction d’un mémoire de recherche dans le domaine des Sciences de l’information et de la communication.

3/ Vous évoquez la gestion de projet. En quoi cela a-t-il consisté ? Qu'est-ce que cela vous a apporté ?
L’objectif du projet était de préparer le versement d’un fonds audiovisuel hétérogène dans un système d’archivage électronique. Les Archives départementales possèdent en effet plus de 160 enregistrements des séances publiques de l’assemblée départementale du Rhône dont le plus ancien, datant de 1982, se trouve sur une cassette U PAL, et le plus récent est un fichier informatique disponible sur YouTube. Par groupes de quatre étudiants, notre rôle était donc d’émettre des propositions et recommandations aux commanditaires sur différents aspects (entretien et restauration des supports originaux, choix en matière de numérisation, appel à des prestataires ou réalisation en interne, ...) afin de garantir la préservation de l’information numérique sur le long terme.
Cette gestion de projet, rythmée par des réunions avec les membres de mon équipe, des ateliers consacrés à l’analyse du fonds et à la discussion avec les commanditaires ainsi que des comités de pilotage, a duré près de trois mois. Notre travail s’est finalement matérialisé par la rédaction et la livraison de quatre livrables (un plan de conservation, une analyse des risques, un plan de classement et un profil d’archivage).
Cette expérience m’a offert l’opportunité, bien sûr, de mettre en pratique ce que j’ai appris en cours. Mais elle m’a surtout permis d’aborder un cas concret de gestion d’archives numériques et donc de développer mes compétences dans ce domaine, mais aussi en matière de communication et d’organisation, dans un contexte professionnel.

4/ Dans le cadre de votre cursus, vous avez à rédiger un mémoire de recherche. Quel sujet avez-vous choisi ? Pour quelle raison ?
Je m’intéresse à la musique sur le web, et plus précisément à la place qu’occupent les internautes en matière d’identification et de description de la musique, à travers la manipulation de métadonnées. Celles-ci sont en effet indispensables à la pérennisation dans l’environnement numérique, qui plus est lorsque l’environnement en question est aussi évolutif que le web. J’ai donc choisi de traiter ce sujet afin d’étudier l’impact que nous pouvons tous avoir, en tant qu’individus utilisant les nouvelles technologies, sur la préservation des informations numériques. Et le fait de porter mon attention sur le quatrième art me permet de me consacrer à l’un de mes centres d’intérêt, puisque je suis moi-même musicien.

5/ Quelle orientation professionnelle envisagez-vous après votre master 2 ARN ?
Je souhaite poursuivre dans le domaine de la gestion de projet en dématérialisation et en archivage électronique, que ce soit en tant que consultant ou en interne au sein d’un organisme public ou privé.

6/ Alors que l'année universitaire s'achève dans quelques semaines, quels auront été pour vous les points forts de ce master ?
Selon moi, le master ARN est une formation innovante qui répond à des problématiques actuelles sur la sélection, la conservation et la communication de l’information, à une époque où celle-ci ne cesse de se diversifier et de prendre de l’importance. La variété des cours et des intervenants permet aux étudiants de percevoir les multiples contextes dans lesquels ils peuvent être amenés à travailler, tout en leur faisant bénéficier d’une expérience concrète grâce à des modules tels que la gestion de projet.

Propos recueillis par Véronique Branchut-Gendron, le 13/03/2020