16 000 bibliothèques publiques mais seulement 7 000 bibliothèques municipales? ?

Question

En effectuant une recherche sur le nombre de bibliothèques municipales en France, je suis tombée sur des statistiques que j'ai du mal à comprendre : environ 7000 BM pour un total de 16 000 bibliothèques publiques (chiffres de 2016 fournis par le Ministère de la Culture)? Même en comptant la Bpi et les bibliothèques départementales, on est encore très loin du compte... J'en déduis donc que ma définition de "bibliothèque publique" est à revoir. Pourriez-vous m'indiquer de quelle(s) nature(s) sont les 9000 établissements restants?
Merci d'avance!

Réponse

Date de la réponse :  21/03/2019

Vous voulez savoir à quoi correspond le chiffre de 16 000 bibliothèques publiques fourni par le Ministère de la Culture en 2016.
 


Le document que vous avez consulté est probablement l'enquête Publics et usages des bibliothèques  municipales en 2016, qui référence en effet "16 000 lieux de lecture - 7 000 bibliothèques et 9 000 points d’accès au livre".



Ce document s'appuie sur la Synthèse nationale des données d'activité des bibliothèques municipales (2015), qui décrit ainsi les points d'accès au livre (pages 51-52) :
 

Les points d’accès au livre appartiennent aux catégories 4 et 5 de la typologie de l’ADBDP. Ce sont des lieux de lecture qui, à la différence des bibliothèques de niveau 3, ne remplissent pas l’ensemble des critères suivants :
 

  • une surface des locaux d’au moins 25 m² ;
  • des bénévoles qualifiés (qui ont par exemple suivi une formation à la bibliothèque
  • départementale) ;
  • une ouverture hebdomadaire de 4 heures minimum ;
  • un budget d’acquisition documentaire de 0,50€ par habitant minimum.
     

Il s’agit d’établissements dans lesquels le niveau de service est insuffisant et qui ne sont pas considérés comme des bibliothèques. Ils font par conséquent l’objet d’un traitement à part dans la présente synthèse.
Ils desservent généralement de très petites communes et n’ont pas toujours un local propre pour accueillir les collections et le public. Il s’agit également d’établissements non professionnalisés pour lesquels les taux de réponse à l’enquête annuelle sur les activités des lieux de lecture sont faibles.
Ces différentes caractéristiques les rapprochent des bibliothèques de collectivités de moins de 2 000 habitants, qui constituent à la fois un point de comparaison pertinent et un seuil minimum de service vers lequel les points d’accès au livre devraient tendre.

La surface moyenne d’un point d’accès au livre est de 67m², contre 97m² pour les bibliothèques desservant moins de 2 000 habitants.Cet écart important (environ 30%) se confirme quand cette surface est rapportée à la population desservie : ainsi, la surface moyenne par habitant est de 0,05 m² pour les points d’accès au livre et de 0,09 m² pour les bibliothèques des collectivités de moins de 2 000 habitants. Les points d’accès au livre restent donc en moyenne encore en-dessous des normes de l’Etat, qui recommandent une surface minimum de 100 m² et de 0,07 m² par habitant. Cela s’explique aussi par le fait qu’une partie des points d’accès au livre ne dispose pas de local propre (offre de livres dans le bâtiment de la mairie, local partagé avec d’autres services…), et ne sont donc pas spécifiquement conçus pour proposer un service de lecture publique. (...)

La qualification et le statut des agents constituent des points de distinction importants entre bibliothèques et points d’accès au livre : la présence de salariés, ou, pour les bibliothèques de niveau 3, de bénévoles qualifiés, est un facteur important dans la mise en oeuvre d’un fonds documentaire et d’une politique de services permettant de répondre aux attentes du public. Le nombre moyen de bénévoles (en personnes) est ainsi de 4,2 par point d’accès au livre contre 6,5 dans les bibliothèques des collectivités de moins de 2 000 habitants. En revanche, le nombre moyen de salariés n’est que de 1 personne, généralement à temps partiel (0,3 ETPT). De nouveau, ces chiffres les rapprochent des plus petites bibliothèques, qui ne salarient en moyenne qu’un agent (0,4 ETPT). La différence tient plutôt à la qualification des bénévoles et au statut du salarié (qualifié ou non).
La faiblesse des moyens dont disposent ces équipements se vérifie dans les données relatives aux dépenses. En 2015, les dépenses moyennes d’acquisitions documentaires sont de 0,80 € par habitant pour les points d’accès au livre, contre 2,35 € par habitant pour les bibliothèques des petites collectivités. Enfin, seuls 13% des points d’accès au livre ont réalisé des dépenses d’investissement en 2015, contre 43% des bibliothèques (toutes tailles confondues).


Le rapport de l'Inspection générale des bibliothèques sur l'équipement des communes et  groupements de communes en  bibliothèques indique que "parmi les 16 300 lieux de lecture publique, 9 200, desservant 9 millions de personnes, ne sont que des « points d'accès au livre » et "pour la typologie des lieux de lecture publique (3 types de bibliothèques, deux types de points d'accès au livre)" renvoie à la Typologie des bibliothèques municipales (décrite page 26).
Cette typologie distingue les bibliothèques qui respectent des critères en matière de crédits d'acquisition, nombre d'heures d'ouverture, personnel et surface, et les points d'accès au livre, qui ne respectent pas ces critères.
Source : L'équipement des communes et  groupements de communes en  bibliothèques :  lacunes et inégalités territoriales.