Bonjour, Je cherche des informations sur la création de fonds musicaux dans les bibliothèques desservant 50 000 habitants. Quelles sont les...

Question

Bonjour,
Je cherche des informations sur la création de fonds musicaux dans les bibliothèques desservant 50 000 habitants. Quelles sont les préconisations de nombre de CD par habitant ? Quel budget par nombre d'habitants ? Quelle répartition du budget entre les CD, les collections écrites, la musique dématérialisée ?

Réponse

Date de la réponse :  22/02/2013

A notre connaissance, les dernières recommandations en matières de collections ont été établies par la Direction du livre et de la lecture en 1996 ; elles figurent dans le manuel "Bibliothèques dans la Cité" ; mais dans la mesure où les pratiques en matière d'écoute musicale et de prêt de CD ont fortement évolué depuis 1996, ces recommandations de ne sont selon nous plus pertinentes :
GRUNBERG Gérald. Bibliothèques dans la cité : guide technique et réglementaire. Avec la collaboration de la Direction du livre et de la lecture. Paris : Le Moniteur, 1996.

Depuis, le Service du livre et de la lecture a édité un nouveau manuel, "Concevoir et construire une bibliothèque du projet à la réalisation", qui ne propose plus de recommandations en matière de collections. Le Chapitre 6.3 aborde toutefois l’offre documentaire (pages 81 à 88), sans rentrer dans le détail ; nous vous citons quelques passages relatifs à l'offre de CD :
"La répartition par support est sans doute destinée à évoluer sensiblement, avec la disparition progressive des disques(CD, DVD, Cédéroms) et le développement des supports dématérialisés".
Suivent des statistiques sur la répartition des supports proposés par habitant dans les bibliothèques municipales françaises :
Adultes :
- livres 55 %
- DVD : 2 %
- CD : 8 %
Enfants :
- livres : 34 %
- DVD : 0.5 %
- CD : 0.5 %
Un peu plus loin : "Les œuvres de musique et de cinéma présentent d'autres difficultés. Particulièrement développée dans le secteur numérique en ligne pour les particuliers, l'offre légale pour les bibliothèques n'est pas aboutie. Si l'on voit poindre l’obsolescence des CD et des DVD, on ne peut encore, en 2010, renoncer tout à fait à ces collections physiques très appréciées du public (et très bénéfiques pour les statistiques de prêt)."
Source :
COLLIGNON, Laure et GRAVIER, Colette. Concevoir et construire une bibliothèque / Ministère de la culture et de la communication, Direction générale des médias et des industries culturelles, Service du livre et de la lecture ; sous la direction de Laure Collignon et Colette Gravier. Paris : Le moniteur, 2011

Nous vous signalons également le programme cadre des nouvelles médiathèques de proximité (qui date de 2003), qui propose des recommandations pour de petits établissements desservant un bassin de population de 5.000 habitants. Ces recommandations sont elles aussi à manier avec précaution, dans la mesure où les pratiques ont déjà beaucoup évolué depuis 2003 ; nous vous les livrons toutefois pour information : 16.700 livres, 2.500 CD, 530 Cédéroms, 1.000 DVD, 55 abonnements de périodiques (source : http://www.culture.gouv.fr/culture/dll/programmeruches2007.pdf).

Pour répondre à votre question, nous vous conseillons donc surtout de consulter la nouvelle édition du manuel Musique en bibliothèque, parue en 2012 :
- Musique en bibliothèque sous la direction de Gilles Pierret [3e édition]. Paris : Éd. du Cercle de la librairie, 2012 : http://www.acim.asso.fr/2013/01/musique-en-bibliotheque-edition-2012-pre...

Vous pouvez consulter en particulier l’introduction de Gilles Pierret, "Les bibliothèques face à la révolution des pratiques d’écoute et de création de la musique. Quelles évolutions pour le modèle de la discothèque de prêt ?", qui aborde la baisse des prêts de CD.
L’auteur évoque les statistiques générales du ministère de la culture : [ces statistiques] "révèlent déjà, sur les années 2002 à 2008, une chute sensible des prêts de phonogrammes, qui passent de 30.33 M 25.27 M (soit moins 8.5%), la part qu'ils représentent dans les prêts passant de 15.4 % à 13.08 % - et ce alors que les collections ont progressé de 7.6 M à 10.04 M. (...) rien ne permet d'indiquer que la tendance se soit inversée depuis."
Il étudie également les statistiques de prêt de CD des bibliothèques municipales parisiennes jusqu'en 2011, qui montrent une apogée en 2000, une chute assez brutale après 2003, une stabilisation jusqu'en 2006 : "la baisse est ensuite quasi continue à partir de 2007 (...) le volume de prêts ayant baissé de 40 % entre 2002 et 2011."
Ce passage se conclue par l'évocation de la bibliothèque Marguerite Duras, qui avec une collection de 20.000 CD "réalise plus de 195.000 prêts annuels en 2011, soit 20.8 % du total des transactions tous documents confondus. On ne saurait toutefois faire de ce succès une règle ou un credo - les chiffres beaucoup moins flatteurs évoqués plus haut nous le rappellent - n'en déplaise à ceux qui pensent que le CD (comme le livre ?) perdurera quoi qu'il arrive."

Vous pouvez également consulter le chapitre rédigé par Nicolas Blondeau, "De nouveaux modèles pour une bibliothèque musicale hybride", et celui rédigé par Xavier Galaup, "Valoriser les collections de documents musicaux en bibliothèque".
Extrait du chapitre rédigé par Xavier Galaup (pages 171 et suivantes) :
"Les perspectives : des espaces musique avec ou sans CD ?
Dans le droit fil du manifeste de l’ACIM ["La musique a toute sa place en bibliothèque", motion votée par l’assemblée générale de l’ACIM en mars 2011 : http://www.acim.asso.fr/2011/06/la-musique-a-toute-sa-place-en-bibliothe..., il faut redire combien il est essentiel de matérialiser l’offre musicale en bibliothèque via des collections physiques de disques compacts, de DVD musicaux, de partitions et de livres sur la musique. La musique est certes immatérielle mais il est de la responsabilité des bibliothèques publiques de mettre en espace la diversité des courants musicaux qui entrent en résonance avec le cinéma et la littérature qui sont représentés dans nos collections. Penser qu’on pourra proposer une offre musicale strictement sur Internet ou sur des bornes est une hérésie. Ce serait un peu comme un magasin de vêtements avec juste des postes informatiques pour consulter la dernière collection de vêtements sur un site web alors qu’on y expose des chaussures et des bijoux censés s’accorder avec les habits vendus en ligne. Une grande partie du public utilise encore un lecteur CD. Les plus de 35 ans, qui sont majoritaires dans les bibliothèques et même s’ils ont des baladeurs numériques, empruntent et écoutent encore la musique sous forme de disques compacts. Dans toutes les récentes médiathèques qui ont ouvert avec un fond de CD, celui-ci connaît un grand succès."

Cordialement,

Le Service questions? réponses! de l'enssib

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