Critères de désherbage

Question

Bonjour,
Je suis en poste en bibliothèque section jeunesse depuis peu, et j'aimerais connaître des critères de désherbage cohérents autres que ceux liés au prêt, et aux classiques.
Merci beaucoup pour vos réponses,

Réponse

Date de la réponse :  27/06/2016

Vous êtes engagé dans un projet de désherbage en secteur jeunesse et vous cherchez des critères de désherbage sur lesquels vous appuyer - autres que le taux de rotation et l'identification des "classiques".

Le manuel Désherber en bibliothèque (Françoise Gaudet, Claudine Lieber. Ed. du Cercle de la Librairie, 2013) aborde les critères de déselection pages pages 33 à 35 ; il décrit les critères suivants :

- critères de sélection matériels : état matériel, fragilité, format, présentation matérielle
- critères intellectuels ou qualitatifs : adéquation à la politique d'acquisition, fraîcheur de l'information, accessibilité de l'information, qualité intrinsèque ("on ne peut faire l'économie de l'avis autorisé d'un professionnel acquéreur ou expert du domaine").
- critère de redondance (présence d'autres ouvrages sur le même sujet)
- critère d'usage (le plus commode à appliquer grâce aux données de prêt)

La méthode IOUPI reprend certains de ces critères :

I : incorrect, fausse information
O : ordinaire, superficiel, médiocre
U : usé, délabré, laid
P : périmé
I : inapproprié, ne correspond pas au fond

Certaines BDP proposent des guides du désherbage ; nous vous signalons par exemple celui de la BDP de la Sarthe: Méthodes et critères d'élimination
Ce guide décrit ainsi le désherbage des collections jeunesse :

« L’état matériel du document : le bon état des documents Jeunesse est indispensable pour lutter contre le gribouillage ou le découpage,... et pour donner envie de lire. Ce sont souvent des ouvrages à fort taux de rotation et parfois de faible résistance : on peut donc envisager de les consolider à l’état neuf. Les ouvrages très abîmés sont pilonnés sans hésitation.
La pertinence des collections : il est indispensable de veiller, pour les documentaires, à la fiabilité des informations dont les jeunes lecteurs ont besoin pour leur travail scolaire (ex : « Moscou est la capitale de l’Union Soviétique »).
Des titres très demandés à un moment ponctuel (ex : « Prix des Lecteurs ») ont pu inciter à acheter des exemplaires multiples : ces exemplaires peuvent être donnés à des institutions (Centres de Loisirs, hôpitaux...) s’ils sont en bon état.
L’âge des collections : outre l’importance du nombre de titres publiés chaque année, l’accélération du renouvellement de l’édition pour la jeunesse se traduit par des changements importants, d’ordre esthétique, indépendamment de l’évolution des contenus. La révolution du livre de poche pour la jeunesse, la multiplication des collections s’adressant à des publics spécifiques (bébés, lecteurs débutants...), l’utilisationde techniques picturales renouvelées ont amené les bibliothécaires à éliminer des ouvrages, quelle que soit la qualité du contenu, car délaissés par les enfants. »

D'autre part, il convient de préciser que le désherbage des livres de fiction est forcément plus difficile à opérer que celui des documentaires.
Sur le sujet, vous pouvez consulter ces échanges sur le forum de l'association des bibliothécaires de France, Agorabib : Désherber un secteur jeunesse: règles et outils

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter :

Pour de plus amples conseils, vous pouvez contacter la Bibliothèque départementale des Pyrénées Atlantiques.
Enfin, nous vous rappelons que le Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées propose un plan de conservation partagée de la littérature Jeunesse.