Existe-t-il des bibliothèques municipales proposant uniquement de la fiction ?

Question

Dans le cadre, notamment, des réseaux de bibliothèques au sein d'une même ville, existe-t-il des bibliothèques spécialisées dans la fiction (adulte et jeunesse) et qui, par conséquent, ne proposeraient pas de prêt direct de documentaire ? Quel serait, du point de vue de la politique documentaire, les risques et les freins à une telle offre documentaire pour une bibliothèque de quartier ?

Réponse

Date de la réponse :  13/05/2022

Vous voulez savoir s'il existe des bibliothèques spécialisées qui proposent uniquement des documents de fiction. Vous voulez également savoir quels sont les risques et les freins à une telle offre documentaire pour une bibliothèque de quartier.

 

Nous pouvons vous signaler l'exemple de la Bibliothèque des littératures policières (BiLiPo), dans le réseau des bibliothèques municipales de Paris, qui propose un très important fonds de fiction (80 000 romans policier et d’espionnage).


Les réseaux des bibliothèques municipales de grandes villes proposent parfois des fonds spécialisés dans certains établissements (littérature, bande-dessinée, manga...) - mais sans aller jusqu'à exclure tous les autres types de documents.

 

Nous ne sommes pas en mesure d'expliquer en détail les raisons de cet état de fait.

Mais peut-être s'agit-il d'une approche gestionnaire et d'un manque d'audace comme le suggère Bruno Dartiguenave, dans un essai qui invite les bibliothécaires à accorder une plus grande place à l'imaginaire :
Pour une médiathèque de l’imaginaire. Bruno Dartiguenave. Cercle de la librairie, 2012

Extrait de l’introduction :

Il s’agit ainsi de comprendre les ressorts qui incitent les lecteurs à s’intéresser au domaine de la fiction et plus précisément à la littérature romanesque. Pourquoi les lecteurs ont-ils plébiscité Harry Potter ? Pourquoi les thèmes millénaristes de Da Vinci Code ont-ils rencontré un tel écho ? Pourquoi le roman sentimental est-il toujours un genre apprécié alors même que ses codes idéologiques semblent dépassés ? Ces questions appellent des réponses pour tenter de saisir cette appétence persistante des lecteurs pour les récits imaginaires.

Extrait de la conclusion :

Le bibliothécaire ne retrouvera le sens essentiel de son activité qu’en se recentrant au cœur de son métier qui est de « faire découvrir des livres dont on ne soupçonne pas l’existence » (Umberto Eco). La fiction, et notamment la littérature romanesque, occupe à ce titre une position centrale dans la redéfinition d’une nouvelle politique de lecture.

 

Il existe probablement quelques bibliothèques spécialisées sur le roman ou l'imaginaire, mais le temps nous manque pour faire ce benchmark. Nous pouvons toutefois vous signaler l'exemple de la bibliothèque de la Cité de la bande dessinée.

 

Enfin, vous serez peut-être intéressée par une précédente réponse sur la science-fiction, qui signale deux documents sur la SF en bibliothèque :