Indexation d'illustrations de jeunesse

Question

Existe-t-il un thésaurus de préférence francophone adapté à la description intellectuelle d'illustrations de jeunesse (fiction) sur des sujets variés ? Si pas en Français, en Anglais ?

Réponse

Date de la réponse :  27/02/2019

Vous êtes à la recherche d'un thésaurus francophone ou non  permettant d'indexer des illustrations destinées à la jeunesse.

 

Malgré nos recherches, nous n'avons pas trouvé de thésaurus destiné spécifiquement à indexer des illustrations jeunesse.

 

Nous vous invitons vivement à consulter l'ouvrage Images et bibliothèque. Voici ce qu'il  indique au sujet de la description iconographique (pages 166-167) :
 

L'absence de norme pour la description iconographique a conduit de nombreux établissements à appréhender l'image selon des règles et un vocabulaire propres, et contraint documentalistes et chercheurs à axer leur travail sur le contenu de l'image. Cette analyse, inévitablement subjective et pragmatique, vient en complément de la description signalétique décrite ci-dessus [voir pages précédentes] qui, elle, est objective.

Analyse de  l'image

L'analyse de l'image est l'étape préalable au travail d'indexation qui suppose le recours à des langages. Elle consiste à considérer l'image sous l'angle de  ce qu'elle représente et des informations qu'elle contient. Il faut avoir à l'esprit deux particularités fortes du document iconographique :

– Lors d’une recherche d’image, il ne faut pas craindre le « bruit » . Si le seuil de réponses pour les imprimés atteint une centaine de résultats, il est nécessaire d’affiner la question. En revanche, quelques écrans de mosaïques d’images suffisent pour feuilleter et déchiffrer une centaine de résultats. Le seuil de réponses peut alors être beaucoup plus élevé.
– La multiplicité des facettes d’indexation ou ajout de nombreux mots-clés, écueil que tout catalogueur de livres doit éviter, trouve avec l’image toute sa justification si on prend en compte les considérations suivantes :

          - l'image, plus que tout autre document, offre plusieurs niveaux de lecture [...]
         - l'image peut avoir plusieurs sens [...]
         - l'image peut être détournée [...]
         - l'image peut comporter plusieurs images [...]
         - l'image illustre aussi la fiction [...]
         - l'image peut générer une indexation qui va au delà de la simple énumération de thèmes, d'objets, de bâtiments, etc. présents sur l'image [...]
         - l'image véhicule de l'implicite [...].

 

Plus loin, les auteurs indiquent (page 179) :

 

"9.1. Les langages encyclopédiques

Il existe peu de systèmes d’images francophones qui se présentent comme capables de décrire ou d’indexer les banques d’images. C’est le cas des systèmes établis à l’origine pour les œuvres d’art : Iconclass et le thésaurus iconographique Garnier. Le répertoire Rameau, créé à l’origine pour les textes, est également utilisé pour l’image dans certaines bibliothèques.

Iconclass, classification multilingue (dont le français) créée en 1961 et désormais disponible en ligne, se caractérise par une grande richesse visuelle particulièrement pour tous les sujets bibliques ou mythologiques. Elle l’est beaucoup moins pour tout ce qui relève du monde moderne et contemporain. À l’interrogation du mot « aigle » répondent 158 occurrences le citant (Jupiter, saint Jean l’Évangéliste, saint Servais, etc.), mais aucune ne mentionne Napoléon Bonaparte.

Le thésaurus Garnier fut créé à l’origine par l’abbé François Garnier pour décrire des enluminures médiévales. Dès 1976, il fut repris par la direction des Musées de France comme vocabulaire descriptif des œuvres d’art de la base Joconde, puis fut adopté par l’Agence photographique de la RMN. Les différents établissements qui l’utilisent n’adoptent plus la syntaxe d’origine. Le vocabulaire biblique et mythologique, assez limité, s’adapte mal à l’image moderne mais l’aspect descriptif d’une scène ou d’une figure (positions, actions) y est particulièrement bien représenté. Le thésaurus iconographique se compose de listes fermées et de listes ouvertes (animaux, végétaux, minéraux, lieux, personnage, ornements, etc.). Chaque établissement ajoute ses propres termes en fonction de ses besoins au socle commun ; il n’y a donc pas un seul thesaurus Garnier, mais plusieurs vocabulaires relevant de « Garnier ».

Rameau a été conçu pour l’indexation des imprimés et est un langage national largement utilisé dans les bibliothèques. La Bibliothèque nationale de France l’a adopté pour l’indexation de ses collections iconographiques. Multi-hiérarchique, d’une grande richesse, il respecte la construction spécifique des vedettes-matière. Il s’adapte bien au monde contemporain, à toute indexation thématique pour indiquer le sujet d’une image (exemple : Enfants – Travail – Grande-Bretagne – 19e siècle) ; de plus, ce vocabulaire qui s’enrichit en réponse aux besoins des bibliothèques contient un grand nombre de termes « descriptifs » (exemple : Moules à chocolat, Nains de jardin, Dessous de bouteille, etc.). Un travail d’enrichissement concernant la Bible et la mythologie est indispensable à entreprendre pour la description d’estampes.

Source : Images et bibliothèques. Sous la dir. de Claudie Collard et Michel Melot. Éditions du Cercle de la Librairie, 2011.

En complément du thésaurus Garnier cité plus haut, d'autres outils sont proposés dans l'espace professionnel du site Joconde.

 

Nous pensons qu'il serait utile de contacter la cité internationale de la Bande dessinée et de l'image à Angoulême pour interroger les personnes en charge du catalogage des planches originales conservées dans les collections du musée : Contact.

Vous pourrez vous faire une idée du style d'indexation en consultant le catalogue en ligne du musée.

 

Pour aller plus loin :

Quelle indexation pour une bibliothèque spécialisée ? Le cas de la bibliothèque de l'Institut français d'architecture. Ewa Nieszkowska. Mémoire du diplôme de conservateur des bibliothèques, Enssib, 2003.