Description : Selon les propos de Rasmus Kleis Nielsen, directeur à l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme à l’Université d’Oxford : « Les modèles historiques ont disparu et ne reviendront jamais. Par le passé, en tant que citoyen, j’avais un nombre limité de médias à ma disposition. Ils étaient rares, tous en compétition. Le média que vous choisissiez détenait beaucoup de pouvoir auprès des annonceurs. (…) Aujourd’hui, vous avez l’embarras du choix. En
conséquence, les acteurs privés [éditeurs de presse] n’ont plus de pouvoir de marché, ni sur vous ni sur les annonceurs. Ces derniers sont à l’affût de l’attention et du temps que nous accordons aux médias en ligne et aux plateformes ». L’embarras du choix, c’est la multitude d’acteurs dont la commission d’enquête a tenté de
prendre la mesure à travers ses auditions : des pure players, des agrégateurs de contenus, des journaux d’investigation, des journaux d’opinion à la ligne éditoriale tranchée, des créateurs de contenus d’information qui font œuvre de pédagogie, des publications à dominante de publicité et de placement de produits. Mais c’est aussi n’importe quel individu qui s’exprime, en connaissance de cause ou non, sur les réseaux sociaux… et à présent les modèles d’IA générative. La conséquence, c’est l’effondrement du modèle économique des médias journalistiques, la malinformation et la désinformation massives, les manipulations étrangères ou intérieures mettant à profit la nature même des algorithmes à des fins lucratives, politiques ou d’influence.