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Quelques réflexions sur les bibliographies nationales rétrospectives

1981

    Quelques réflexions sur les bibliographies nationales rétrospectives

    Par Marcelle Beaudiquez,, Présidente de la Division du Contrôle bibliographique de l'IFLA

    Avertissement

    C ET article est une version remaniée de la communication que j'ai présentée lors du Congrès de l'IFLA à Leipzig en août 1981, devant la Section de Bibliographie. L'étude des bibliographies rétrospectives est inscrite dans le programme des activités de la section jusqu'en 1985 et elle se déroulera en deux temps : un recensement des bibliographies rétrospectives existantes devant aboutir à la publication d'un répertoire complétant le Directory of Commonwealth Retrospective National Bibliographies de Richard Cheffins (Londres, UBC Office 1981-1982) ; un guide réunissant les recommandations pour l'établissement des bibliographies rétrospectives et en particulier des volumes cumulatifs de bibliographies courantes.

    Deux groupes de travail internationaux ont été créés sous ma responsabilité pour étudier ces problèmes. Ils remettront leurs premières conclusions lors du Congrès de l'IFLA à Montréal en août 1982.

    La communication présentée aux membres de la section de Bibliographie de l'IFLA était donc une introduction à l'étude des bibliographies rétrospectives et mon approche personnelle de la question. Sujet complexe au demeurant, car il faut tenir compte d'une situation existante extrêmement diversifiée selon les pays, s'interroger sur la définition même de la bibliographie rétrospective, réfléchir sur les diverses possibilités de fabrication et de compilation de ces bibliographies...

    I. Qu'est-ce qu'une bibliographie rétrospective ?

    La lecture de la littérature professionnelle nous apprend peu de choses sur la définition théorique des bibliographies rétrospectives. Il semble en effet que la bibiographie rétrospective ait toujours été « définie comme étant la bibliographie rédigée à un moment donné sur une période écoulée. Définition un peu simpliste et que la réalité oblige à nuancer.

    En effet, doit-on, comme le pensait Knud Larsen (1) , parler de bibliographie nationale rétrospective uniquement en ce qui concerne le recensement de la production éditoriale antérieure à la création de la bibliographie nationale courante ? Ou bien, faut-il, comme Louise-Noëlle Malclès (2) , considérer qu'en absorbant le contenu des bibliographies nationales courantes de plusieurs années, cinq, dix, vingt ans et plus, les bibliographies rétrospectives se font gardiennes de l'avoir culturel des nations dont elles gardent la trace pour la suite des temps » ? Deux conceptions pratiquement opposées, mais qui sont en fait complémentaires bien que relevant d'une fabrication totalement différente.

    La première nécessite le plus souvent un travail de catalogage de première main, après avoir fait toutes les recherches nécessaires au rassemblement ou du moins au repérage des documents. Plus rarement il s'agit en fait d'un recatalogage à partir de bibliographies ou de catalogues fragmentaires pré-existants. Les deux cas se retrouvent aux XVIIIeet XIXe siècles dans les travaux de bibliographes isolés dans les pays de tradition éditoriale ancienne. Actuellement certains pays du Tiers monde dont l'indépendance est plus ou moins récente, et qui s'efforcent de repérer les documents publiés dans leur pays lors de la période coloniale font encore face aux mêmes problèmes.

    La deuxième conception représente simplement une compilation de notices bibliographiques déjà existantes dans la bibliographie courante et une réorganisation de ces notices, ce qui n'est pas sans poser non plus certains problèmes spécifiques.

    Dans les deux cas la question à poser est celle du rôle des bibliographies rétrospectives, rôle dont la définition conditionne la présentation. Dans un premier temps en peut admettre simplement, suivant en cela la conception de Louis-Noëlle Malclès, que les bibliographies rétrospectives ont un but d'information, de statistiques, d'identification et pas de recherche documentaire. Ce qui entraîne tout naturellement une présentation sous forme d'inventaire alphabétique. Les réalités de fabrication amèneront éventuellement à nuancer cette présentation face aux impératifs économiques par exemple.

    II. Les bibliographies retrospectives sans liens avec la bibliographie nationale courante

    Pour bien comprendre les contraintes de réalisation de telles bibliographies il faut toujours avoir présent à l'esprit la différence de situation qui existe entre les pays de tradition éditoriale ancienne et les pays du Tiers monde dont l'indépendance est plus ou moins récente. En effet l'existence même et l'importance quantitative des bibliographies rétrospectives existences ou à rédiger dans chaque pays, est étroitement liée à la date d'édition du premier livre imprimé dans le pays et à la date l'indépendance politique de ce pays dans ses structures et ses limites territoriales actuelles.

    1. Pays de tradition éditoriale ancienne

    La technique de l'imprimerie permit, dès son invention, la diffusion du savoir. Les premiers livres imprimés sont apparus à des dates extrêmement variables selon les pays. En Chine d'abord puis à partir du XVe siècle en Occident (Bamberg (1460), Mexico (1539), Moscou (1563), Japon (1590), Cambridge (Mass.) (1638), Cons-tantinople (1727), Australie (1784).

    Ainsi pour tous ces pays, la production éditoriale à recenser couvre plusieurs siècles. Ces recensements ont déjà été faits dans de nombreux pays, parfois dès le XVIIIesiècle, le plus souvent au XIXe siècle et au début du XXesiècle. Il s'agissait de l'oeuvre de bibliographes isolés disposant de beaucoup de bonne volonté mais de moyens de fortune, qui ont, en dehors de quelques voyageurs infatigables, compilé les catalogues de bibliothèques ou de libraires, ainsi que les bibliographies générales et spécialisées. Cette compilation restait incomplète par la force des choses (manque de moyens d'information) mais aussi délibérée car ces bibliographes avaient tendance à réduire la production éditoriale « digne de recensement », à la production littéraire et ils ont donc très souvent négligé les textes scientifiques et techniques. Ces bibliographies rétrospectives anciennes nécessitent donc parfois d'importants compléments. Des pays comme l'Australie (1784-1900), la France (1700-1925), la République fédérale d'Allemagne, la Bulga-rie, le Danemark, la Roumanie (1508-1830), l'URSS et la Yougosla-vie par exemple, disposent depuis le XIXesiècle et le début du XXe siècle de bibliographies rétrospectives, portant sur des tranches chronologiques assez importantes (3) .

    Les organismes officiels, assez souvent la Bibliothèque nationale, ont pris la relève des bibliographes érudits dans la deuxième moitié du XXesiècle pour continuer la rédaction des bibliographies rétrospectives et compléter la couverture bibliographique lacunaire selon des bases plus exhaustives, mais aucune « normalisation n'a présidé à ces travaux. C'est le cas pour l'Islande (1897), la Chine, l'Italie (1886), Israël (1960), la Nouvelle Zélande (1960), la Pologne, le Portugal et l'Ukraine (1). On peut citer également, bien qu'il s'agisse d'une réalisation commerciale, la très importante bibliographie rétrospective, « re-publiée » actuellement en République fédérale d'Allemagne à partir des travaux pré-existants : Gesamtverzeichnis des Deutschessprachigen Schrifttums (1700-1965) en deux séries chronologiques distinctes ; ou encore les travaux de la Bibliothèque nationale du Québec qui entreprend par des moyens manuels la publication de sa bibliographie rétrospective de 1821 à 1967.

    Outre ces travaux intéressants certes, mais que l'on pourrait qualifier de « traditionnels » il faut noter une réalisation unique et hors du commun, c'est le National Union Catalog préparé par la Library of Congress. Certes au sens strict du terme il ne s'agit pas d'une bibliographie rétrospective mais d'un catalogue collectif. Toutefois, tout le monde sait, tant aux Etats Unis qu'à l'étranger, qu'il s'agit de la plus vaste entreprise de catalogage rétrospectif au moins pour la partie antérieure à 1956 et avec ce vaste répertoire où sont signalés plus de 12 millions de documents de toutes nationalités et de toutes langues, les futurs bibliographes des pays qui ne disposent pas encore de bibliographies rétrospectives pourront facilement identifier les notices des livres de leur propre pays, possédés par la Library of Congress ou l'une des 900 bibliothèques nord américaines participant à cette entreprise.

    L'autre réalisation extrêmement intéressante dans ce domaine, beaucoup plus récente et qui fait appel aux techniques les plus modernes, est celle du Canada qui entreprend la fabrication de sa bibliographie rétrospective depuis 1751 (date du premier livre imprimé du Canada) jusqu'en 1950 en entrant les données catalographiques en ordinateur pour assurer des sorties sur microfiches par types de documents et tranches chronologiques (le recensement des monographies de 1867 à 1900 est disponible sur microfiches COM identiques à celles de la bibliographie courante).

    2. Pays du Tiers monde

    Les pays ayant accédé récemment à l'indépendance sont dans une tout autre situation et comportent entre eux de nombreuses différences.

    Si l'on admet que la bibliographie rétrospective nationale de ces pays (mais c'est un point discutable) doit commercer dès l'apparition de la première presse à imprimer dans le pays (même si à l'époque celui-ci était sous tutelle coloniale) le recensement pourrait être considérable Plusieurs cas se présentent. Si aucun travail national n'a encore pu être fait (comme c'est le cas pour la Barbade, la Birmanie, Chypre, la Dominique, l'Ethiopie, la Gambie, la Guinée, Grenade, le Lesotho, le Libéria, la Malaisie, le Mali, l'Ouganda, la Papouasie, Qatar, le Cameroun, les Seychelles, le Togo et le Yemen) il faut noter que, assez souvent, les ouvrages publiés dans le pays ont été recensés dans la bibliographie nationale du pays colonisateur où ils peuvent donc être facilement repérés. Dans de nombreux cas également, des travaux fragmentaires et spécialisés ont été réalisés par des chercheurs étrangers. Là encore on ne peut parler de bibliographie rétrospective nationale car ces bibliographies recensent au moins autant les documents publiés dans le pays que ceux sur le pays publiés à l'étranger ; elles sont donc bien souvent des bibliographies thématiques comportant livres et articles de périodiques. Toutefois ce sont des éléments non négligeables qui pourront servir de suppport à la fabrication des biblographies rétrospectives nationales. C'est le cas de l'Arabie Séoudite, du Bots-wana, de la Côte-d'Ivoire, du Ghana, de la Haute-Volta, du Koweit, du Malawi, de la Mauritanie, de la Namibie, de la République arabe syrienne, de la Somalie et du Soudan par exemple.

    Deux réalisations peuvent être notées : une bibliographie rétrospective de 1500 à 1976 est en cours de publication par tranches chronologiques en République du Congo, tandis que des chercheurs ont déjà publié pour l'Ile Maurice une bibliographie de 1502 à 1954 (Toussaint et Adolphe en 1956) sans liens avec la bibliographie courante.

    III. Les bibliographies rétrospectives issues des bibliographies nationales courantes

    Il est évident que dès qu'une bibliographie nationale courante existe, la constitution de bibliographies rétrospectives se trouve facilitée puisqu'il suffit alors de fabriquer des refontes de cinq, dix, vingt ans et plus. Cette solution est pratiquée depuis de nombreuses années aux Etats- Unis (bibliographies commerciales), au Canada, en Grande Bretagne (bibliographie commerciale), en Italie, en Suisse, en France (bibliographie commerciale), en RSS de Biélorussie. L'exemple des Pays-Bas est très significatif : la bibliographie courante commerciale (unique bibliographie nationale néerlandaise) publiée depuis 1846, est compilée en volumes pluriennaux puis quinquennaux depuis 1850 permettant une large couverture à fois pour l'identification (classement auteurs et titres) et la documentation (rubriques par matières).

    Des cumulatifs annuels et pluriennaux sont également réalisés par plusieurs pays du Tiers monde : la Guyane, l'Indonésie, la Jamaï-que, le Nigéria, le Pérou, la Thaïlande et la Tunisie.

    Aucun souci réel de normalisation n'a guidé la fabrication de ces cumulatifs mais bien plutôt, une fois admis leur nécessité pour la recherche documentaire, les impératifs économiques. C'est pourquoi, ces volumes cumulatifs sont tantôt la refonte réelle de la bibliographie courante (même contenu, même classement), tantôt le résultat d'une modification de celle-ci, modification concernant la forme (classement) ou le fond (suppression ou ajout de certains documents : thèses, publications officielles, ouvrages dans la langue du pays ou concernant le pays et publiés à l'étranger...).

    IV. Réflexions et propositions

    1. Les bibliographies rétrospectives sans lien avec la bibliographie courante

    L'aspect normatif concernant les bibliographies rétrospectives des pays de tradition éditoriale ancienne ne peut guère être étudié ici dans la mesure où ces bibliographies existent : il est hors de question de refaire ce qui a été fait. Toutefois on doit insister, pour la quasi- totalité des pays, sur la nécessité de compléter les tranches chronologiques couvertes afin de recenser l'ensemble de la production imprimée depuis les origines. Précisons également qu'un travail de recherche doit être effectué pour compléter les bibliographies déjà existantes par le recensement des documents délibéré-, ment écartés dont nous avons déjà parlé (livres scientifiques et techniques, livres d'enfants...) Toutefois il est bien certain que ces compléments seront très difficiles à réaliser et demanderont sans doute plus l'intervention de chercheurs que de bibliographes, car les premiers pourront travailler sur des tranches chronologiques très courtes par des recherches érudites parallèles.

    a. Constitution des bibliographies rétrospectives par rassemblement de documents

    C'est en fait la tâche la plus délicate et la plus difficile qui se traduit dans un premier temps par une quête constante de documents eux-même, dispersés dans le pays et surtout à l'étranger. Cette quête demande des moyens financiers considérables car elle signifie, avant même la rédaction de la bibliographie la reconstitution de la collection nationale. En fait, cette solution est peu réaliste, compte tenu des impératifs économiques contemporains, Signalons toutefois les travaux de la Bibliothèque nationale d'Australie qui prépare actuellement une bibliographie rétrospective de 1901 à 1950 sans pouvoir bénéficier d'un catalogue préexistant.

    b. Constitution des bibliographies rétrospectives par compilation

    La méthode la plus pratiquée consiste à établir la bibliographie rétrospective nationale par compilation de bibliographies internationales et/ou spécialisées préexistantes. C'est ainsi qu'il convient pour les bibliographes des pays concernés de procéder au dépouillement du National Union Catalog et du Catalogue du British Museum, de la bibliographie du pays colonisateur, des différentes bibliographies spécialisées. Ils pourront ainsi recenser un grand nombre de documents. Mais là encore, ceci représente un très long travail pour un résultat certainement incomplet. On peut citer les travaux de la Nouvelle Zélande qui prépare sa bibliographie rétrospective des origines à 1960 entièrement de seconde main par compilation : ou de la Suède qui comble actuellement la lacune bibliographique de 1700 à 1829.

    Quel que soit le mode de fabrication retenu on peut s'interroger sur le catalogage et le classement possible de ces bibliographies rétrospectives. En effet, dans la mesure où les notices catalographiques retenues proviennent de bibliographies et de catalogues de diverses époques, les règles de catalogage utilisées seront différentes et les notices plus ou moins complètes. Faudra-t-il reprendre le catalogage selon les normes actuelles, tenter de compléter les notices... ou conserver les notices telles qu'elles se présentent ? Quant au classement, les problèmes seront les mêmes que ceux évoqués infra.

    2. Les bibliographies rétrospectives issues des bibliographies courantes

    Devant la diversité des situations présentes les quelques remarques qui suivent ne font que poser un certain nombre de questions et suggérer quelques solutions, les solutions définitives devront être l'aboutissement d'une réflexion commune plus approfondie. L'Unesco et l'IFLA, en particulier à la suite de la Conférence de Paris de 1977, ont recommandé l'établissement des bibliographies nationales courantes selon un classement systématique permettant l'information documentaire courante, complété par des index auteurs et titres pour les identifications. Mais la question de la présentation des cumulatifs annuels n'a jamais été approfondie et rien n'a été dit quant aux cumulatifs pluriennaux.

    Précisons tout de suite que la fabrication des bibliographies rétrospective de même que celle des bibliographies courantes, est grandement facilitée par l'entrée des données en ordinateur. Il ne s'agit cependant que de facilités techniques qui ne doivent en aucun cas influer sur les décisions quant à la forme et au contenu des bibliographies rétrospectives. Ceux-ci doivent être déterminés après une réflexion logique sur les besoins des utilisateurs et le rôle de ces instruments bibliographiques. L'automatisation n'est que le support de l'information qui facilite le travail de préparation, mais ne peut être déterminant dans le choix de la présentation.

    Plusieurs réalisations ont déjà été rendues possibles par l'automatisation dans différents pays : certains cumulatifs pluriennaux au contenu identique à celui de la bibliographie courante sont ainsi publiés sur microfiche COM. C'est la cas de la République fédérale d'Allemagne, du Canada, du Danemark, de la Finlande (pour les volumes annuels), de la République démocratique d'Allemagne. Signalons également le fichier rétrospectif automatisé MARC de la British Library de 1950 à 1975 dont les enregistrements comportent les indices Dewey.

    a. Le contenu des bibliographies rétrospectives

    Ce contenu doit-il être identique à celui de la bibliographie courante ? Faut-il retirer certaines notices ou au contraire en ajouter ? Des réalisations illustrent déjà les deux possibilités :

    Dans certains cas, la bibliographie rétrospective est moins complète que la bibliographie courante car les suppléments consacrés à d'autres types des documents ne sont pas cumulés. Inversement des documents ne sont recensés que dans les volumes cumulatifs et non dans les fascicules courants. Ces documents sont alors de deux types : sort de documents spéciaux (thèses, cartes...) soit des documents concernant le pays ou dans la langue du pays et publiés à l'étranger. Ainsi les cumulatifs du Danemark comportent en plus le recensement des ouvrages du Groenland et des lies Féroé ; les cumulatifs espagnols contiennent les périodiques et les collectivités tandis que ceux du Pérou ajoutent les biographies ; l'Islande prépare une vaste bibliographie qui comportera non seulement les ouvrages mais également les manuscrits, les articles de périodiques, les microfilms, les cartes et les estampes...

    Une première réflexion tendrait à conseiller de conserver exactement le même contenu en passant des bibliographies courantes aux bibliographies rétrospectives dans un esprit de clarté et de logique et s'en tenir aux trois types de documents indispensables : livres et périodiques y compris les publications officielles. Cependant il serait également souhaitable de trouver un moyen de conserver les éléments documentaires existants. Une bonne préface explicative et un jeu de signes diacritiques apporteraient une solution.

    b. Classement de la bibliographie rétrospective

    Actuellement le classement systématique existe encore, surtout au niveau du volume cumulatif annuel, de même que le classement dictionnaire. Ces deux types de classement sont rarement conservés dans les volumes pluriennaux (on peut citer l'exemple du Cumulative Book Index américain en classement dictionnaire). La pratique la plus courante semble être celle de la liste alphabétique en deux parties : auteurs/collectivités auteurs d'une part, tous les titres d'autre part (c'est le cas de la Librairie française). Ce classement qui ne permet que des recherches d'identification est assez souvent complété, comme en République fédérale d'Allemagne et en République démocratique allemande, par un index alphabétique des mots typiques et de rubriques de sujets. Cette solution pourrait être retenue car elle permet de compléter la recherche d'identification par une recherche documentaire.

    c. Fabrication de la bibliographie rétrospective

    Si les problèmes techniques ne doivent pas conditionner la fabrication des bibliographies courantes, il est vrai que l'automatisation facilite grandement la compilation des répertoires et la fabrication de produits documentaires telles les microfiches COM. N'oublions pas cependant que le programme automatisé doit prévoir la sortie de toutes les zones catalographiques et que chaque notice devrait comporter une indexation (ce qui est rarement le cas) si l'on veut obtenir également un classement systématique. Toutefois, il ne peut être question d'attendre une automatisation plus ou moins hypothétique encore dans la plupart des pays, avant d'entreprendre la réalisation des bibliographies rétrospectives. C'est pourquoi des décisions doivent être prises quant à la meilleure fabrication manuelle possible actuellement. La section de bibliographie de l'IFLA travaillera sur ces questions jusqu'en 1983.

    1. LARSEN (Knud). - National bibliographical services in Essays on bibliography by Vito J. Brenni. - Metuchen N.J. : The Scarecrow Press, 1975. retour au texte

    2. MALCLES (Louise-Noëlle). - Manuel de bibliographie. - 3eéd. - Paris : PUF. 1979. retour au texte

    3. Les références des bibliographies citées dans l'ensemble de cette communication pourront être trouvées dans les différentes éditions des « Services bibliographiques dans le monde » (1960-1964/1965-1969 par P. Avi-cenne, 1970-1974/1975-1979 (sous presse) par M. Beaudiquez). retour au texte