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    Guust Van Wesemael

    Par Marcelle Beaudiquez, Présidente du Comité français Bureau exécutif de l'IFLA

    Les bibliothécaires français ont perdu un collègue et un ami fidèle. Guust Van Wesemael, secrétaire général adjoint de l'IFLA, est mort le 5 juin dernier après une courte maladie. Il avait 64 ans.

    Un collègue nous a quitté qui fut d'abord bibliothécaire universitaire à Leide et à Utrecht, chargé ensuite de l'automatisation des bibliothèques de recherche néerlandaises, avant de devenir pendant près de 15 ans le coordinateur des activités professionnelles de l'IFLA, particulièrement chargé des relations avec les membres francophones. C'est à ce poste que les bibliothécaires français, familiers de l'IFLA, l'ont connu et apprécié. Il apportait, dans la communauté internationale des bibliothécaires, son enthousiasme et sa sagesse, son expérience pratique et son sens de la diplomatie et de la dialectique qui ont toujours permis les approches constructives.

    Francophone au milieu d'un monde professionnel anglophone, il a toujours apporté un inlassable soutien, non seulement aux bibliothécaires français membres des sections de l'IFLA, mais aussi et surtout aux quelques bibliothécaires français ou francophones qui ont participé aux instances dirigeantes de i irLA, que ce soit au bureau protessionnel ou au bureau executif. Uans ces instances, outre une aide d'interprète scrupuleux dans les moments délicats (où chaque expression et chaque mot traduisent une nuance de la pensée), Guust Van Wesemael a également contribué aux côtés de Marie-Louise Bossuat et de moi-même à faire entendre, au sein de la Fédération, une autre logique, une autre voix, une autre sensibilité, en un mot une autre culture, la culture française. C'est lui également qui a rendu possible l'organisation de stages au siège de la Fédération pour les élèves de l'ENSB, leur ouvrant ainsi la dimension internationale de la profession. Son apport pour nous, français, dans le contexte international est important. Il a été déterminant pour de nombreux collègues de l'Afrique francophone dont on peut dire qu'il a inventé la participation aux travaux internationaux.

    Voyageur, pendant longtemps infatigable, il allait aux quatre coins du monde pour participer aux congrès ou animer les colloques. La mort l'a pris au retour d'un séminaire sur les publications officielles francophones tenu à Tunis. Depuis plusieurs années, il venait régulièrement représenter l'IFLA aux congrès de l'ABF, toujours heureux de retrouver les collègues français, toujours curieux de savoir où en était notre dernière réforme ou notre nouveau catalogue collectif. Depuis l'IFLA 1989 à Paris, sa haute silhouette un peu voûtée était familière à tous les bénévoles qui avaient participé à l'organisation du congrès et peut-être vous souvenez-vous des files d'attente à la porte de son bureau au Palais des Congrès : elles attestaient, comme à tous les congrès, le respect que ses collègues avaient de ses connaissances techniques, et le cas qu'ils faisaient de ses avis et de ses conseils.

    J'ajouterai pour finir qu'il connaissait la France peut-être mieux que la plupart d'entre nous. C'est peu dire qu'il était francophile : il était amoureux de la langue et de la littérature françaises ; il était amoureux de notre pays où il venait très régulièrement pour les vacances, il était amoureux aussi de sa cuisine et de ses vins... En 1989, le gouvernement français avait su le remercier de cette fidélité et de cet amour en le faisant Chevalier de l'ordre national du Mérite et cette distinction lui avait été droit au coeur. Sa chaleur humaine et sa gentillesse manqueront à tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître.

    Hommage prononcé lors de l'Assemblée générale de l'ABF au congrès de Dijon, le 30 juin 1991.