Geoffroy Gawin

Avant de s’engager en thèse, Geoffroy Gawin a été ingénieur en informatique de 2000 à 2010 spécialisé dans le traitement vidéo (diplômé en 2000 de l’ESSI, école supérieure en sciences informatiques, université de Nice Sophia-Antipolis) et a obtenu parallèlement un master 2 en histoire contemporaine en 2008 à l’université de Montpellier 2. Il a soutenu une thèse en sciences de l’information et de la communication en 2017 à l’université de Lille 3, qui s’intitule « Les évolutions des médiations testimoniales dans différents musées de la Résistance : du présentiel à l’audiovisuel », puis a réalisé de 2018 à 2019 un post-doctorat à l’université d’Angers au sein du projet PREDICT dans lequel il s’est intéressé à l’étude des expériences de visiteurs de sites patrimoniaux.
Ses recherches portent sur la mémoire sociale et plus particulièrement sur la place des témoignages dans les musées, le rôle des archives audiovisuelles, la conservation des données numériques et la transmission culturelle. Il rejoint l’Enssib et le laboratoire ELICO comme maître de conférences en septembre 2019 pour investir pleinement un espace entre informatique et sciences humaines et sociales, et donner suite à ses interrogations sur la place que tient l’informatique dans nos sociétés et sur les liens qu’elles entretiennent avec leur passé.

Rencontre avec Geoffroy Gawin, responsable du master 1 Sciences de l’information et des bibliothèques

Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication, Geoffroy Gawin est responsable du master 1 Sciences de l’information et des bibliothèques de l’Enssib. Il explique en quoi consiste cette première année de master qui ouvre la voie à quatre parcours de spécialisations allant des métiers de la gestion de l'information à ceux des bibliothèques.

 

1/ Vous êtes responsable du master 1 Sciences de l’information et des bibliothèques (SIB) de l’Enssib. Comment définiriez-vous ce master ? A quoi prépare cette première année ?
Geoffroy Gawin : La mention SIB concerne l’ensemble des métiers de la documentation et des bibliothèques allant des bibliothécaires aux responsables de veille scientifique ou technologique, d’édition ou d’archivage numériques, en passant par les documentalistes.
Le master 1 ouvre la voie à l’ensemble des 4 parcours de seconde année (information scientifique et technique, archives numériques, publication numérique et politique des bibliothèques et de la documentation) en incorporant les spécificités induites par le développement des technologies numériques. La formation permet d’acquérir les connaissances et compétences disciplinaires que tout professionnel de l’information doit maîtriser. Elle incorpore un volet académique conséquent pour gagner en profondeur et obtenir un recul sur les métiers et les enjeux sociétaux que leur pratique convoque.
La mention SIB est une formation professionnalisante avec un taux d’embauche moyen à 93% à l’issue des Masters 2.

 

2/ Quelles compétences les étudiants vont-ils acquérir pendant cette année de master ? Quels sont vos objectifs pédagogiques ?
G. G. :  Les savoirs et savoir-faire transversaux dispensés s’organisent essentiellement autour de la structuration, l’accès, la gestion et la diffusion des données et des documents dans différents environnements, et plus particulièrement ceux qui relèvent du numérique et des mouvements d’ouverture des données. L’objectif est de transmettre aux étudiants une culture numérique générale (sensibilisation aux technologies de la programmation, du web sémantique, de l’interopérabilité...) pour les aider à en comprendre les enjeux stratégiques, à dialoguer avec les différents acteurs, notamment ceux dotés d’une forte expertise technique, et ainsi  être en mesure de participer aux prises de décision.

 

3/ Quels sont les temps forts de l’année ? En quoi préparent-ils à l’insertion professionnelle des étudiants ?
G. G. : La formation possède deux temps forts.
Le premier, en février, tient à la réalisation d'un dossier de recherche par groupe de 4 ou 5 étudiants dans lequel ces derniers sont amenés à formuler des questionnements dans le prolongement des acquis scientifiques et professionnels acquis dans le champ des sciences de l’information et de la documentation. Il permet aux étudiants de déployer une capacité de prise de recul dans l’analyse des problématiques qu’ils rencontreront dans leur vie professionnelle.
Le second, au début du premier semestre, lorsque les étudiants rencontrent le commanditaire de leur groupe de gestion de projet (bibliothèques, collectivités territoriales, organismes de formation, fondations, associations professionnelles, éditeurs, musées, centres d’archives, hôpitaux, opéra...) qui leur fait part de ses attentes dans son service d’information et de documentation. Les étudiants, en contact direct avec des professionnels, sont amenés à développer leurs capacités de communication et de compréhension face à leurs interlocuteurs, et de proposer des solutions réalistes.
Ces deux temps permettent aux étudiants de développer une expertise scientifique dans le champ de la documentation et de devenir opérationnels sur le terrain en les amenant à se saisir concrètement des questions et ainsi à adopter une posture de cadre.

 

4/ Quels profils d’étudiants trouve-t-on en master 1 Sciences de l’information et des bibliothèques ? Quel parcours est recommandé pour y accéder ?
G. G. : Beaucoup d’étudiants qui candidatent proviennent de filières littéraires ou formant aux sciences humaines et sociales, mais nous accueillons volontiers des étudiants issus de formations scientifiques plus techniques (archéologie, architecture, chimie...).  Lors de la procédure d’admission, nous sommes sensibles à l’intérêt que les candidats portent aux domaines de la documentation qui, idéalement, se concrétise dans leurs choix antérieurs d’options ou de stages, et se manifestent dans la façon dont ils envisagent leur vie professionnelle et les métiers dans lesquels ils se projettent.

 

5/ Le contexte sanitaire a bousculé les modalités d’apprentissage et d’évaluation. Comment avez-vous adapté la formation pour faire face à la situation ? Comment travaillent les étudiants ?
G. G. : Dès la rentrée, nous avons veillé à ce que chaque étudiant soit équipé d’un ordinateur permettant d’étudier à distance et de faire fonctionner les logiciels nécessaires aux travaux dirigés. En début d’année, dès la première semaine, les étudiants cas contacts ont pu ainsi assister à distance aux cours alors tenus en présentiel avec une co-modularité distancielle. Lors du premier confinement, l’ensemble des enseignements ont basculé en format distanciel. Lorsque cela était possible, les créneaux de visioconférence synchrone ont été réduits au profit de travail asynchrone pour limiter la charge cognitive imposée par le travail de concentration que nécessite une écoute à travers un dispositif de cours à distance.
À partir de janvier, des TD ont été dispensés en présentiel. Des heures de soutien présentiel en petits groupes ont été proposées pour faciliter la préparation des partiels. Entre-temps, la bibliothèque a continué à assurer sa mission de documentation.

 

6/ Quels conseils donneriez-vous aux candidats intéressés par le master 1 Sciences de l’information et des bibliothèques ?
G. G. : Je conseillerais aux candidats de se projeter dans leur vie professionnelle qui succédera à l’obtention de leur master. Je les inviterais donc à s’intéresser aux métiers qui existent et à réaliser un stage ou une mission de bénévolat dans le domaine auquel ils se destinent afin de mieux le connaître, et d’être en mesure de le faire valoir dans leur lettre de motivation.

 

Propos recueillis par Frédéric Deroche
Le 22 mars 2021