portrait Myriam Lefébure © Myriam Lefébure


Myriam Lefébure est consultante et  formatrice en lutte informationnelle, Investigations OSINT
Elle intervient au stage de formation continue "Comment réussir à "bien" s'informer aujourd'hui ?" organisé le 08 octobre 2026.

Rencontre avec Myriam Lefébure, intervenante en formation continue à l'Enssib

1. Face à la surcharge informationnelle et à la circulation des fausses informations, quelles méthodes d'évaluation et de vérification des sources les participants sauront-ils mobiliser après ce stage ?

A l'issue de cette formation, les participants sauront :
- Distinguer les différents phénomènes : désinformation, manipulation de l'information et mésinformation
- Maîtriser le vocabulaire grand public : fake news, deepfakes, bulle de filtre, chambre d'écho, slop IA...
- Comprendre l'économie de l'attention avec l'expérience utilisateur contrainte et addictive qu'elle induit
- Identifier qui finance les médias et proto-médias en France
- Appréhender l'impact de la gouvernance par algorithme sur la polarisation, mais aussi la radicalisation et les passages à l'acte.
- Mettre en perspective les pressions exercées par des puissances hostiles à la France sur nos écosystèmes informationnels 
- Posséder une connaissance du cadre légal applicable aux ingérences et à la manipulation de l'information ainsi que des acteurs français de la régulation et de la protection de l'espace informationnel avec Viginum, DGSI, DGSE, et l'Arcom.
 

2. Comment ces compétences renforcent-elles la posture professionnelle au quotidien, que ce soit pour sa propre veille ou pour accompagner des usagers ?

Ces compétences renforcent la posture professionnelle en développant une capacité à analyser l’information avec recul, discernement et méthode. Elles permettent de mieux qualifier les phénomènes informationnels, de comprendre les mécanismes qui influencent les pratiques numériques et d’identifier les intérêts économiques, médiatiques ou géopolitiques à l’œuvre. La maîtrise du vocabulaire et des enjeux liés aux algorithmes facilite également le dialogue avec les usagers et permet d’adopter une posture pédagogique, sans jugement ni culpabilisation. Cela permet également de renforcer la qualité de sa propre veille informationnelle, en développant des réflexes de vérification et de contextualisation indispensables face à la multiplication et à la diversification des espaces et des plateformes d’échange.
 

3. En quoi ce stage aide-t-il à passer d'une pratique intuitive de l'information à une démarche outillée et assumée ?

Le stage permet de passer d’une pratique intuitive de l’information à une démarche plus structurée, outillée et assumée, en donnant aux participants des méthodes concrètes de vérification. Ils apprennent notamment à utiliser la recherche d’image inversée, à analyser et vérifier une URL, mais aussi à examiner la cohérence et l’architecture d’un site en naviguant vers ses différentes rubriques et liens. Enfin, les ressources mises à disposition permettent également de mieux connaître l’écosystème français du fact-checking et ses principaux acteurs, afin de disposer de ressources fiables pour confronter une information.

 

Propos recueillis par Natalia Leclerc, 
Responsable de la mission des Enjeux et défis informationnels
 à l'Enssib
Le 31 août 2026