Clémence Desrues

À 27 ans, après un master Culture de l’Écrit et de l’Image (CEI) à l’Enssib et une première expérience professionnelle à la bibliothèque municipale de Versailles, Clémence Desrues commence sa nouvelle vie de conservatrice des bibliothèques.

Rencontre avec Clémence Desrues, conservatrice des bibliothèques tout juste diplômée de l’Enssib

Vous venez de terminer votre formation de conservatrice des bibliothèques à l’Enssib et d’obtenir votre diplôme. En quelques mots, que retenez-vous de vos 18 mois de formation ?

Je dirais « partage, rencontres, compétences » et aussi « intensité » puisque ce sont 18 mois denses et rythmés, enchaînant théorie et pratique. Ainsi, le stage de 4 mois du deuxième semestre a donné un nouveau souffle à la formation, après un semestre de cours. J’ajouterais également le mot « investissement », qui se vérifie en termes de travail, notamment avec le mémoire, mais aussi de vie personnelle. Ainsi, ceux d’entre nous qui habitaient loin ont eu à faire des longs trajets chaque jour ou encore déménager et s’installer à Lyon.

 

À quoi vous attendiez-vous en arrivant à l’Enssib ? Quelle idée vous faisiez-vous de l’école ?

Je connaissais déjà l’Enssib, y ayant suivi le master CEI. Mais l’école a changé, elle s’est améliorée, notamment avec des aménagements tels que le jardin partagé. Et puis, j’avais une expérience de l’Enssib en tant qu’étudiante en master. Les choses sont différentes pour une élève conservatrice. Avec des travaux conséquents comme le mémoire, j’ai passé plus de temps à l’école, notamment en bibliothèque. Je m’y suis sentie davantage intégrée et j’en ai véritablement mesuré le confort.

 

Et à l’issue de votre formation, comment pourriez-vous qualifier votre expérience de l’Enssib ?

À l’Enssib, j’ai fait l’expérience d’une école ouverte. Il y aurait peut-être encore quelque chose à améliorer dans les relations entre les étudiants de masters et les élèves conservateurs, qui n’ont pas beaucoup l’occasion de se croiser. Mais globalement c’est un véritable lieu de vie.

 

Vous avez suivi 18 mois de formation, rencontrant de nombreux professionnels et experts. Tout au long de cette formation, qu’est-ce qui vous a le plus intéressée ? le plus étonnée ?

Grâce à la formation, j’ai totalement découvert le monde des bibliothèques universitaires, qui m’a fortement intéressée au point que j’y ai mon nouveau poste. En termes de surprise, je n’aurais pas pensé que des cours sur la comptabilité publique ou que l’intervention d’un juriste me plaisent. À l’inverse, des sujets que j’imaginais comme intéressants m’ont parfois moins captivée. 

 

Vous êtes désormais diplômée et prête à intégrer un poste. Quels sont vos souhaits ou projets professionnels ?

J'ai rejoint la bibliothèque universitaire de Paris 8 en tant que responsable adjointe du service aux publics. C’est un challenge car j’intègre un nouvel écosystème, très différent du monde de la lecture publique où j’évoluais précédemment. Je suis ravie de découvrir ce nouvel environnement, tout en conservant mon domaine de compétences de services aux publics.

 

En tant que jeune diplômée, comment voyez-vous votre métier ?

C’est un métier polyvalent, ce qui est rassurant. Dans une même journée, on peut travailler comme expert sur une base de données puis s’intéresser aux collections ou encore à l’accueil des publics. C’est également un métier de plus en plus transversal, nécessitant les échanges. Enfin, c’est un métier qui s’interroge beaucoup sur lui-même, sur son avenir, comme en témoignent les nombreux congrès organisés à son propos. C’est une chance car les bibliothèques sont au cœur de la société.

 

Si vous aviez un conseil à donner aux lauréats des années à venir ?

Je leur dirais de profiter de l’opportunité qu’offre l’Enssib, notamment pour les stages. J’ai ainsi pu effectuer un stage à la Réunion et un autre à Caen, au sein de la toute nouvelle bibliothèque municipale Alexis de Tocqueville. Je leur dirais également de ne pas s’inquiéter quant aux réseaux professionnels, dont on ne dispose pas nécessairement en arrivant. Les expériences que l’on vit à l’Enssib (stages, tables rondes, rencontres ou journées d’études…) permettent amplement de les construire.


Propos recueillis par Véronique Branchut-Gendron