Conservation de documents non patrimoniaux dans des caves

Question

Bonjour, Nous accueillons au sein de nos locaux des bibliothèques qui viennent choisir des documents pour les mettre à disposition de leurs usagers. Afin d'alimenter régulièrement ces espaces en nouveautés, nous sommes amenés à stocker les documents achetés quelques temps avant de les mettre en rayon. Je voudrais donc savoir s'il existe des recommandations en matière de stockage de documents courants, en termes d'humidité, de luminosité et de température. Je sais qu'il en existe pour les documents patrimoniaux, mais je n'ai pas trouvé d'information pour les documents courants. Merci d'avance pour votre réponse Bien cordialement

Réponse

Date de la réponse :  21/02/2019

Vous stockez des documents dans des caves quelques temps avant de les mettre en rayon et vous voudriez savoir s'il existe des recommandations en matière de stockage des documents courants (humidité, luminosité, température).


Vous pouvez vous reporter au manuel Concevoir, réaliser et organiser une bibliothèque, qui propose un chapitre sur les données thermiques et les conditions de conservation (page 215) :

Concevoir, réaliser et organiser une bibliothèque. Mémento pratique à l’usage des élus, des responsables administratifs et des bibliothécaires. Danielle Tasch-Förste. Édition du Cercle de la librairie, 2006


Extrait :

 

Données thermiques et conditions de conservation

Consignes thermohygrométriques dans les magasins de collection

Les points de consigne thermohygrométriques habituellement re­tenus pour la conservation des collections en magasins sont de 18°C (+/- 1°C) et 55 % (+/- 5 %) d’hygrométrie relative (HR). Des évolutions sont à l'étude, tant en France quia l'étranger pour modifier les points de consigne a 19°C (+/- 1°C) et 50 % (+/- 5 %) de HR en été et 45 % (+/- 5 %) en hiver, a l'exception des magasins contenant des documents audiovisuels, maintenus a 18°C (+/- 1°C) et 40 % (+/- 5 %) de HR. Ces nouvelles valeurs permettent de conserver une hygrométrie absolue à 7 g d'eau par kilogramme d'air sec. Ainsi, les conditions de conservation restent optimales tout en diminuant de 5 % les dépenses énergétiques liées à la climatisation des maga­sins, selon les calculs théoriques et les simulations informatiques.

(…)

Contrôle et optimisation du traitement d'air dans les magasins

Si aucun outil de relevé de température et d’hygrométrie n'est intégré à  la GTB, la pose d’enregistreurs dans les magasins, reliés a une centrale (par le réseau informatique par exemple) permet de visualiser en temps réel les conditions de conservation et de prévoir des seuils d'alerte en cas de conditions dégradées.

Le premier paramètre nécessaire à des conditions stables de conser­vation est l'inertie physique du local en question local enterre, étanche, sans fenêtre, comportant des matériaux si possible absorbants (briques d'argile ...), sans apport d'humidité (infiltrations ou ca­nalisations, sources potentielles de fuites), aux apports d'air extérieur maitrisés (sas, portes maintenues fermées).

L'air de ces locaux de stockage étant renouvelé mécaniquement (soufflage et reprise), il est nécessaire de maitriser les apports d'air neuf extérieur en équipant les centrales de traitement d'air d'une fonction, de contrôle de l'humidité, en plus du contrôle de la tem­pérature. Ainsi les conditions inertes du local sont perturbées au minimum par l'apport d'air extérieur

Le contrôle des apports d'air extérieur peut éventuellement conduire certains établissements dotés d'une bonne inertie à couper le fonctionnement de tout ou partie du système de traitement d'air pendant la nuit par exemple.

Enfin, dans le but d'éviter la contamination des magasins entre eux en cas de développement de micro-organismes, les centrales en tout air neuf équipées d’échangeurs thermiques sont privilégiées par rapport à celles qui recyclent une partie de l'air extrait dans un but d'économie d'énergie.

En fonction du nombre et de la taille des magasins, des unités de climatisation d'appoint peuvent être installées dans chaque espace de stockage. Equipées de leurs propres fonctions de correction de température et d'hygrométrie, ces « armoires froides » terminales peuvent cependant jouer un rôle paradoxal, qu'il convient de bien apprécier durant les études s'ils sont censées corriger localement et rapidement certains déséquilibres des conditions de conservation, ces équipements techniques complexes, alimentés en eau et générant de la condensation, peuvent également participer à la dégradation de ces conditions climatiques.