Niveau acceptable livres "non rendus" en bibliothèque

Question

Dans le cadre d'un audit mené au sein de notre médiathèque, j'aimerais savoir si notre taux de livres prêtés non-rapportés est "acceptable" ou non... Existe-t-il une moyenne, un chiffre pour savoir comment est-ce que l'on se situe par rapport aux autres bibliothèques ?

Merci d'avance

Réponse

Date de la réponse :  16/05/2018

Dans le cadre d'un audit mené dans votre médiathèque, le taux des livres empruntés et non rendus a été évalué. Vous ne savez pas si ce taux est acceptable et vous souhaitez donc savoir s'il existe un taux moyen de documents restitués dans les bibliothèques afin de situer votre bibliothèque par rapport à d'autres établissements.

A notre connaissance, il n'existe pas de document qui permettrait de vous répondre précisément.

Le taux de perte se calcule selon la formule suivante :
(nombre de livres perdus x 100) / nombre total de volumes possédés.

Selon une étude menée par la police britannique en 1992, le taux de perte moyen est de 4% dans les bibliothèques, et va diminuant proportionnellement à la taille et la spécialisation des collections (voir page 45).
Source : Theft and loss from UK libraries: a national survey. John Burrows and Diane Cooper, D Home Office Police Research Group. London: HMSO, 1992.

En 1985, l'américain Kevin Hegarty expliquait déjà que  :

"Il n'existe pas d'étude publiée précisant le taux de pertes enregistrées par une bibliothèque - documents prêtés qui ne reviennent pas. [...] Les estimations générales, qui situent le taux de perte dans la plupart des bibliothèques publiques entre 1 et 2 %, sont des estimations faites à la louche. Ce taux peut toutefois varier d'une bibliothèque à l'autre et, dans certains cas, de façon significative, en fonction de la politique des établissements.
Tout récemment, une bibliothèque du voisinage évaluait le pourcentage de ses disparitions à 10 % - un chiffré renversant. En 1975 la bibliothèque de Tacoma estimait que les disparitions représentaient 5% des prêts. Ce score est moins consternant que celui de notre voisin mais il est tout de même significatif. En 1983 le taux des disparitions était de 0.75 % et, pour 1984, nous tablons sur un taux de 0,50 %"

Source : Quand les mythes sont mités. Hegarty, Kevin. BBF, n° 6, 1985 .

S'il est intéressant de comparer vos pertes avec celles d'autres établissements proches du vôtre par rapport à un taux moyen, il peut également être intéressant de comparer l’évolution d'une année sur l'autre au sein de votre bibliothèque. En effet, il est probable que ce taux varie grandement d'une bibliothèque à une autre, en raison des spécificités de chacune (public, collections, organisation, etc.).

Une idée aussi serait d'évaluer la perte financière que constitue la disparition de ces documents par rapport au budget annuel d'acquisition afin de mieux évaluer le préjudice subi.
C'est ce qu'a fait par exemple la médiathèque Mériadeck de Bordeaux en 2010 avant de revoir sa politique en matière de sanction vis à vis des usagers indélicats :
Source : Bibliothèque de Bordeaux. Documents non restitués.Nouvelle procédure et actualisation du réglement intérieur. Autorisation. Dominique Ducassou, 2011.

Pour aller plus loin :

Quelles pénalités mettre en place pour les retards ?
Pendant combien de temps est-il possible de réclamer à un usager des documents non-rendus ?