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    Usages d'intranet au SCD Lyon-3

    Par Jean Bernon, SCD Lyon-3

    Internet est le réseau des réseaux. Il s'appuie essentiellement sur :

    • un système de noms et d'adresses de tous les ordinateurs, y compris les simples stations (PC, Mac, etc.) ;
    • une série d'ordinateurs (routeurs) qui assurent le routage des données entre les réseaux et sous-réseaux ;
    • les nombreux protocoles TCP/IP, qui définissent aussi bien des services de réseau et de transport des données que des services applicatifs (messagerie, émulation terminal, navigation hypertexte, etc.).

    L'intranet consiste simplement à utiliser les techniques Internet ci-dessus décrites pour gérer un réseau et des applications locales (entreprise, université).

    En un sens, la distinction entre Internet et intranet est assez floue. Un intranet n'est qu'un sous-ensemble local d'Internet, et l'usager a du mal à différencier l'envoi d'un message à son collègue d'université de l'envoi d'un message à un collègue d'une autre université.

    L'intranet peut prendre un sens plus précis de deux façons :

    • 1. Les administrateurs locaux peuvent d'abord contrôler strictement la frontière entre l'intérieur et l'extérieur par la mise en place de systèmes de sécurité : serveur Proxy, fire wall...
    • 2. Généralement, les techniques Internet cohabitent localement avec d'autres techniques : réseaux locaux spécifiques (Novell, Windows), messageries spécifiques, etc. Développer l'intranet consiste à privilégier au maximum l'usage local des techniques Internet au détriment des autres, pour des raisons de coût et de standardisation essentiellement.

    La première utilisation d'intranet au Service commun de la documentation de l'université Lyon-3 a sans doute été, dès 1995, l'accès au catalogue par Telnet, avec une différenciation des accès depuis l'intérieur et depuis l'extérieur du SCD. Bien qu'aujourd'hui l'on associe essentiellement l'intranet à la navigation Web, notons que Telnet est un exemple typique de technique intranet : simple à mettre en oeuvre, peu coûteux, robuste et capable d'accéder à des serveurs distants et hétérogènes.

    L'étape suivante fut, comme dans beaucoup d'entreprises et organismes publics, le développement de l'usage interne du courrier électronique pour l'échange d'informations et de notes internes. Chaque personne ayant un rôle d'encadrement au sens large (hiérarchique ou fonctionnel) dispose aujourd'hui d'une boîte aux lettres. Il est frappant et classique de constater que l'ensemble fonctionne bien du point de vue de la messagerie pure qui ressort de l'intranet au sens strict et que les principales difficultés d'usage sont liées aux techniques propriétaires utilisées en association avec la messagerie : lecture et accès à des fichiers simples ou partagés sous Windows ou Apple.

    Dans le déploiement du Système d'information des bibliothèques d'étude et de recherche (SIBER http://www-scd.univ-lyon3.fr/scd/siber.htm), à partir de 1996, les responsables du projet avaient décidé de réserver la navigation hypertexte à Internet, c'est-à-dire à l'accès aux ressources du SCD depuis l'extérieur (catalogue et services du serveur Web) ou inversement à l'accès aux ressources extérieures depuis les bibliothèques intégrées ou associées au SCD. Par contre, l'accès interne aux ressources du SCD depuis les bibliothèques (catalogue, documents numérisés et cédéroms) utilisait essentiellement des techniques Windows (clients Windows, requêtes SQL, visualisation Directx).

    L'usage de clients « lourds » à l'intérieur des bibliothèquesoffre une interface graphique plus attrayante et allège la charge des serveurs, surtout si l'on considère que les requêtes internes restent largement majoritaires. Si l'on met à part l'installation et l'administration des postes, l'usage de clients intranet n'offre donc pas en principe d'avantage évident à l'intérieur des bibliothèques.

    Dans la pratique, la distinction initiale s'est estompée. Il y a surtout des usages multiples et nouveaux du serveur Web du SCD. Il est de plus en plus utilisé par des postes internes à l'université situés hors des bibliothèques (16 000 des 130 000 requêtes venues de l'extérieur en 1998), voire par les clients Windows internes aux bibliothèques (en 1998, 7 000 recherches dans le catalogue via le serveur Web et non via le module Windows destiné à cet usage). Du coup, des services visant clairement tous les utilisateurs de l'université ont été mis en place sur le serveur Web.

    Par exemple, la liste enrichie des périodiques (http://www-scd.univ-lyon3.fr/cgi-bin/listeper.asp) est une liste alphabétique des titres d'abonnements en cours à l'université. Chaque titre peut avoir deux liens, l'un vers la notice du périodique dans le catalogue, l'autre vers un serveur Web externe proposant soit de l'information générale, soit des sommaires (cas le plus fréquent), soit le texte intégral (19 titres).

    Des listes des nouveautés mensuelles et annuelles des bibliothèques intégrées (http://www-scd.univlyon3.fr/scd/nouvacq/default.htm) et une liste des cédéroms et de leur disponibilité (http://www-scd.univlyon3.fr/scd/cdrom.htm) sont constituées de la même manière.

    Enfin, une rubrique particulière des signets (http://www-scd.univ-lyon3.fr/scd/internet.htm), « Universités partenaires de Lyon-3 », propose l'accès aux divers sites des établissements avec lesquels l'université bénéficie de rapports privilégiés.

    Ces produits typiquement intranet sont entièrement réalisés par le SCD.

    Les nouveaux projets du SCD visent donc à formaliser clairement et à développer l'espace intranet préfiguré par ces services. L'usage de clients intranet dans le système d'information apparaît surtout nécessaire aujourd'hui pour répondre aux besoins d'accès dans l'université hors des bibliothèques intégrées. Deux projets précis : d'une part, il faut élargir l'accès aux cédéroms à l'ensemble de l'université par la mise en oeuvre d'un serveur d'application ; d'autre part, il faut plus généralement affiner les distinctions dans l'accès aux ressources du SCD (essentiellement distinction du reste de l'université et d'Internet, mais aussi distinctions entre utilisateurs ou groupes d'utilisateurs).

    Les techniques de contrôle des accès doivent être appliquées à deux niveaux. Au niveau de l'ensemble de l'université, un fire wall a été mis en place début 1999 et le déploiement de l'adressage privé permettra d'ici à la fin de l'année de protéger au mieux les ressources strictement internes (par exemple le réseau bureautique en ce qui concerne le SCD). Au niveau des applications documentaires du SCD, des outils logiciels seront mis en place pour distinguer plus finement postes et utilisateurs, et adapter l'accès de chacun à ces applications et à leurs ressources.

    Pour finir, mentionnons un point plus étroit et plus professionnel sur l'usage de l'intranet. Le système d'information du SCD propose depuis 1996 un catalogue enrichi. Certaines notices contiennent des liens vers des documents multimédias. La théorie des catalogues, jus-qu'à une date récente, s'intéressait beaucoup aux liens entre notices, mais assez peu aux liens d'une notice à un (des) document(s) numérique(s). Le SCD a donc jusqu'ici utilisé tantôt des liens hypertexte internes aux notices (exemple : sur le serveur Web, chercher par titre « ressource électronique »), tantôt, et plus souvent, des liens SQL externes (exemple : sur le serveur Web, chercher par titre « An anthology of New Zealand poetry in English » ou « Cent questions sur le Japon »). Il semble évident aujourd'hui que tous les liens, importants pour l'avenir des catalogues, doivent être des liens hypertexte à l'intérieur des notices qui donnent le chemin et la méthode d'accès au document indépendamment des techniques spécifiques de stockage et de visualisation du document lui-même.

    Vignette de l'image.Illustration
    Fiche technique