Index des revues

 
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    Par Claudine Belayche, Présidente ABF
    Éliane Bernhart, dir

    Offrir aux publics un catalogue en ligne

    Villeurbanne: Institut de formation des bibliothécaires, 1995. - (La Boîte à outils). ISBN 2-910966-01-1. - Broché : 115 F.

    Deuxième volume de cette jeune collection, initiée par l'IFB, en accompagnement des stages de formation qu'il organise pour les professionnels des bibliothèques. Comme le précédent, cet ouvrage présente une série d'interventions - un stage probablement - autour de la thématique de l'offre aux publics de données bibliographiques en ligne.

    Je retrouve ici les mêmes qualités, et en partie les mêmes défauts, que dans le premier volume consacré au libre accès. D'abord, il me semble être vraiment dépourvu d'une liaison, d'une cohérence, d'un enchaînement structuré entre les interventions : la courte introduction de la coordinatrice du volume est insuffisante à créer le lien logique, fonctionnel, entre mise en oeuvre d'un OPAC » et, sans transition, les aspects juridiques... puis, encore sans transition, ergonomie d'un catalogue en ligne ».

    Chaque intervention est intéressante, j'y reviendrai. Mais le livre manque d'une ossature construite : le lecteur a l'impression de lire une suite d'articles. Ce défaut devrait pouvoir être corrigé dès le prochain texte à paraître !

    Les articles sont d'intérêt varié, mais surtout de niveaux de lecture très différents. Le texte, aux accents de recherche linguistique relativement avancée (pour le bibliothécaire moyen), mais qui reste d'une imprécision totale sur les enquêtes - dont il traite et sur lesquelles il s'appuie, peut démoraliser d'emblée le bibliothécaire: un usager sur deux n'utilise pas l'OPAC, 40 % des requêtes restent sans réponse, 25 % disent qu'ils n'ont rien trouvé- je cite... Curieusement, l'enquête menée à la BPI par Joëlle Le Marec, dans Dialogue dans un labyrinthe n'est évoquée ni dans l'article, ni en bibliographie en fin d'ouvrage ! Finalement, cet article d'entrée nous dissuaderait presque de poursuivre l'effort. Fallait-il le placer en tête de l'ouvrage ?

    Beaucoup d'insistance est mise dans le traitement des données bibliographiques ; quelquefois, il eut été bon d'expliciter le pourquoi de cette insistance pour le public : c'est très bien fait par Catherine Roussy, pour le cas de la Ville de Paris. De même, plusieurs auteurs insistent sur l'importance d'une solide formation au catalogage, pour rendre plus efficiente la recherche et l'assistance au public au poste de renseignement : à méditer pour l'organisation des équipes de service public qui, très souvent (de plus en plus ?) est assuré par des personnels vacataires, auxiliaires, CES... - n'ayant évidemment pas eu accès aux formations au catalogage MARC !

    De même, les auteurs insistent tous sur la disponibilité importante de personnel que requiert la formation/assistance aux utilisateurs : l'accès aux catalogues en ligne n'a pas facilité l'accès aux catalogues de bibliothèques, de toute évidence. Il faudrait aussi s'interroger sur la pratique des bibliothécaires : Éliane Bernhart avait indiqué combien l'accès - sujets est celui le plus utilisé par les usagers. Un non-bibliothécaire, du cabinet Maisonneuve, ose dire ce que peu de professionnels disent : "le cas difficile de RAMEAU - qu'il examine en termes de qualité et de pertinence par rapport au langage naturel (théoriquement proche du langage courant), de cohérence interne, de fiabilité, d'objectivité. RAMEAU en sort peu glorifié, tous les lecteurs s'accordent sur la difficulté insigne de trouver quoi que ce soit sans aide avec une telle liste sujet. Rapprochée des enquêtes citées par Éliane Bernhart, l'inquiétude gagne : comment réaliser un OPAC lisible par l'usager qui ne se presse pas aux formations à heures fixes si, une fois maîtrisée la logique de la consultation, il bute sur des vedettes matières introuvables ?

    Manque peut-être, dans la réflexion de cet ouvrage, ce qui justement remet en cause la pratique bibliothéconomique complexe des descriptions bibliographiques, et la difficulté de se mettre au niveau des publics auxquels s'adresse la bibliothèque. Je l'avais dit lors de la première parution, ces articles appuyés sur des interventions orales (beaucoup de on dans les textes le prouvent), manquent cruellement d'un débat, de questions/réponses, de points de vue opposés. Il est certain qu'elles ont dû provoquer des réactions, des discussions, c'est personnellement cela que j'attendrais de cette collection la boîte à outils » qui se veut pragmatique, non théorique, mais plutôt d'aide aux bibliothécaires dans leurs pratiques.

    J'ai regretté également l'absence de reproductions d'écrans, disséqués, expliqués, avec leurs qualités et leurs défauts : de ce point de vue, les articles de M. Teyssèdre, Ergonomie du catalogue en ligne, et de M. Maisonneuve Approche qualité sont ceux qui m'ont paru répondre le mieux aux questions posées par le paramétrage, l'explicitation des termes, éventuellement l'élaboration de guides courts, concis, proposés aux utilisateurs.

    Un étonnement: personne ne qualifie les lecteurs, du point de vue de leur niveau d'étude. Serait-ce qu'un étudiant de troisième cycle est aussi ignorant ou maladroit qu'un ouvrier qualifié devant un catalogue ? Ce n'était certes pas le sujet de l'ouvrage, mais une précision sur ce point s'imposait malgré tout.

    Ce petit ouvrage qui suscite donc beaucoup d'interrogations, mérite cependant de figurer dans votre bibliothèque professionnelle.