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    Par Hugues VanBésien
    Anne-Marie Bertrand

    Les Publics des bibliothèques

    Éditions du CNFPT, 1999. - 77 p. ISBN 2-84143-154-1. -75 F.

    Synthèse, à l'usage des candidats aux concours, des enquêtes et des thèses sur la fréquentation des bibliothèques municipales. L'auteur rappelle d'abord les résultats des enquêtes nationales sur les pratiques culturelles des Français (1973, 1981, 1989, 1997), qui permettent de suivre la montée de la « culture de l'écran !'et les limites de la diffusion des pratiques de « sorties culturelles (musée, théâtre, cinéma, bibliothèques) minoritaires et relativement stables, toujours corrélées aux déterminants socio-culturels. Puis il détaille la situation de la lecture telle qu'elle apparaît dans ces enquêtes : moins de gros lecteurs, moins de non-lecteurs, féminisation du lectorat, évolution qui recouvrirait soit un biais méthodologique (la lecture étant de moins en moins valorisée, il y aurait de moins en moins de réponses surévaluées), soit l'apparition d'un nouveau modèle culturel dans lequel le livre ne serait plus hégémonique.

    En ce qui concerne le public des bibliothèques tel qu'il apparaît dans les statistiques de celles-ci et dans les enquêtes particulières, on remarque à la fois son développement sur le long terme (1,18 million d'inscrits en 1971, 6,44 millions en 1996) mais aussi la stagnation, depuis le début des années 1990, du taux de fréquentation aux environs de 20 o/o, et la surreprésentation habituelle de certaines catégories socio-culturelles. L'institution jouit d'une bonne image dans la population et dans son public, les heures d'ouverture représentant toutefois un point d'achoppement chronique.

    Mais elle est fortement marquée comme un lieu associé au livre, même quand elle propose d'autres ressources, et c'est le rapport au livre qui ordonne les modalités de fréquentation ou de non-fréquentation. Il convient par ailleurs de souligner qu'entre usagers et non-usagers la frontière n'est pas étanche (près d'un tiers des non-usagers sont d'ex-usagers).

    Les comportements des usagers font l'objet de développements moins connus que les grandes données « macro-économiques ». Ils ont été extraits d'un ouvrage à paraître à la BPI : retenons pêle-mêle que près des deux tiers des usagers actuels ont fait une expérience précoce de la bibliothèque en s'inscrivant avant d'avoir 20 ans ; qu'ils fréquentent plusieurs bibliothèques dans une proportion non négligeable et le font familialement, ce qui autorise à parler d'une culture de la bibliothèque ; qu'un quart d'entre eux utilisent les catalogues pendant une visite donnée ou les services du bibliothécaire, signe à la fois d'une maîtrise propre du territoire et d'une difficulté dans la maîtrise de nos outils qu'aucune pédagogie n'atténue réellement.

    L'ouvrage ne se limite pas à l'exploitation d'enquêtes : il les met dans la perspective des questions qui déterminent aujourd'hui les orientations des bibliothèques de lecture publique : rapport avec les publics, contradictions fondamentales de la position du bibliothécaire entre offre et demande, partage et rétention, évolution des missions, etc., de sorte qu'on aurait tort de croire son intérêt limité à la préparation des concours...