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    Par Claudine Belayche

    Publics et usagers des bibliothèques

    Un défi pour la coopération

    Observatoire permanent de la lecture publique à Paris : Centre Georges-Pompidou, Bibliothèque publique d'information, 1998. ISBN 2-84246-037-5. - br. 100 F.

    Ce texte est issu d'une synthèse du colloque tenu à la BNF-Tolbiac le 24 mars 1998. En fait, il reprend les interventions des représentants du Bureau des bibliothèques de la Ville de Paris, de la Direction du livre et de la lecture.

    La Ville de Paris est un exemple, ou plutôt une exception, dans le paysage bibliothéconomique de la France : concentration exceptionnelle de bibliothèques universitaires, spécialisées, évidemment la Bibliothèque nationale de France et des bibliothèques publiques de tutelles diverses, telles Sainte-Geneviève, la Cité des sciences de la Villette, et celles du réseau municipal de Paris. Ces organismes se sont regroupés informellement dans l'OPLPP, dont la principale action (visible en tout cas) est d'organiser des journées d'étude fort intéressantes, généralement appuyées sur des enquêtes ou études commanditées par l'Observatoire.

    C'est le cas cette fois-ci, à partir d'une large enquête sur les usagers des bibliothèques parisiennes, et surtout sur leur manière d'utiliser exclusivement ou complémentairement les différentes bibliothèques. Les résultats sont relativement attendus : les étudiants utilisent le plus largement tous les types de bibliothèques, BPI, BNF, BU et BM. En revanche, les collégiens connaissent plus souvent leur BM que leur CDI... et peu la BPI (1) .Les chercheurs se dirigent vers la BNF, les BU et bien peu les BM.

    En tout cas, la règle de l'usage plutôt que de la tutelle est la seule visible : il est clair que les Parisiens (au sens large, y compris les Franciliens) trouvent réponse à leur curiosité là où se trouvent leur documentation, leur demande. Et ils en jouent bien, montrant la route à la coopération desdits établissements ? Cela est visiblement plus difficile, quand on voit les diversités de critères d'inscription.

    La bibliothèque « idéale » telle qu'elle ressortirait des souhaits exprimés présenterait l'accessibilité de la BPI, la qualité de la CSIV, et... le prêt des BM : une politique de coopération pour les administrations des bibliothèques parisiennes ? ou une indication de voie pour une politique de coopération régionale en Ile-de-France ?

    Le compte-rendu de la journée est heureusement complété par deux annexes inédites à ce jour.

    La première décrit les pratiques de lecture des usagers des bibliothèques parisiennes, et l'on constate (et confirme) que les usagers de bibliothèque sont de gros ou très gros lecteurs, et qu'à l'inverse tous les grands lecteurs sont usagers de bibliothèque (de tous types). Constatations établies sur un large échantillon et qui, dans cette période où certains tenteraient d'opposer pratiquants de bibliothèque et acheteurs, apporteraient de l'eau à notre moulin s'il en était besoin ! Cette enquête s'intéresse aux genres de livres lus et appréciés dans les différentes BP de Paris.

    Quelques chiffres extraits à méditer : les « performances » des usagers de la BPI et des BM sont très fortement semblables sur presque toutes les catégories de textes, sauf en ce qui concerne les « livres liés au travail et aux études », où la BPI est très nettement majoritaire (64 o/o, au lieu de 49 en BM), les « romans contemporains », étonnamment en tête à la BPI (58 °/o, au lieu de 50 en BM !)... Quant aux pratiques d'achat, elles sont marquées par les spécificités parisiennes : présence de la FNAC et de Virgin, faible part des hypermarchés... mais aussi très faible part d'achat par correspondance : signe que la vente par correspondance se substitue aux librairies quand elles sont éloignées ou absentes ?

    L'enquête s'est également intéressée aux non-usagers de BM parisiennes, thème rare et difficile. Là aussi peu de surprises : les non-usagers consacrent en moyenne moins d'une heure par jour à la lecture (56 %, au lieu de 40 pour les usagers) ; certains déclarent préférer acheter, les plus favorisés économiquement ; la majorité s'identifie avec des personnes de niveau d'étude faible (moins que le bac).

    En particulier pour ces deux annexes, mais aussi pour l'ensemble de ce colloque, il faut lire et méditer ce volume.

    1. "Voir aussi l'étude publiée par la BPI:" La BPI à l'usage » (BPI, 1998), qui analyse le public de la BPI en 1995, et les usages de la BPI mais aussi des autres établissements de lecture et documentation. retour au texte